mercredi 27 octobre 2010

Multiplication par 5

Une autre version multipliée de la même image.
art pornographie godemiche dildo

La photo me fascine car la pose, totalement artificielle pour exhiber le sexe et son godemiché, paraît presque naturelle : la jambe violemment rejetée en arrière pas plus que le visage serein ne semblent marqués par l’effort. Mieux, la main se pose délicatement au bord de la bouche.
Pourtant la pose comme le style du personnage manifestent des signes sociaux de vulgarité : ce geste de la main en particulier sera ressenti par beaucoup comme une suggestion grossière de sensualité.
La désaturation des couleurs dans la première image a pour but précisément d’affaiblir cette impression vulgaire, en en gardant pourtant le caractère provocateur, déplacé cependant sur les chaussures magnifiquement rouges : l’objet isolé par sa couleur retrouve sa beauté native. Le gode d’un blanc lumineux doit également se détacher pour redevenir un simple objet, une chose dépourvue de signification sexuelle.
Les deux images suivantes explorent une autre voie, car l’image photographique par sa netteté ne parvient pas à perdre totalement son obscénité. Le flou plus ou moins accentué conserve alors l’architecture de la pose en effaçant le détail anatomique. Mais l’image se vide jusqu’à en perdre sa signification.
La quatrième image repose alors la question de manière directe : pourquoi la vue du sexe féminin serait-elle insupportable? Toute l’image est floue sauf ce sexe dont l’exposition se veut une désacralisation, car, c’est en le masquant quotidiennement que les femmes font de son dévoilement un enjeu exorbitant (et donc dénoncent celles qui se livrent ainsi (pour de mauvaises raisons?) sans pudeur).
L’obsénité nécessairement désacralisante est étroitement associée à la vulgarité, une nouvelle fois interrogée, dans la dernière image : la blondeur utilisée dans notre civilisation comme signal sexuel (« Les hommes préfèrent les blondes ») est ici transformée en un chatain anonyme, tandis que les poils effacés à la fois par la tradition pornographique (au niveau du sexe) et par notre culture du corps (aux aisselles) réapparaissent ici mensongers (c’est de la manipulation photographique) et provocants.

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