vendredi 29 septembre 2023

Qu'il fasse comme d'habitude avec les femmes…

Le songe du criminel
« L’endroit est moderne, meublé à la va-vite dirait-on, avec des meubles de principe modern style. Il dit : je n’ai pas choisi les meubles. Il fait sombre dans le studio, elle ne demande pas qu’il ouvre les persiennes. Elle est sans sentiment très défini, sans haine, sans répugnance non plus, alors est-ce sans doute là déjà du désir. Elle en est ignorante. Elle a consenti à venir dès qu’il le lui a demandé la veille au soir. Elle est là où il faut qu’elle soit, déplacée là. Elle éprouve une légère peur. Il semblerait en effet que cela doive correspondre non seulement à ce qu’elle attend, mais à ce qui devrait arriver précisément dans son cas à elle. Elle est très attentive à l’extérieur des choses, à la lumière, au vacarme de la ville dans laquelle la chambre est immergée. Lui, il tremble. Il la regarde tout d’abord comme s’il attendait qu’elle parle, mais elle ne parle pas. Alors il ne bouge pas non plus, il ne la déshabille pas, il dit qu’il l’aime comme un fou, il le dit tout bas. Puis il se tait. Elle ne lui répond pas. Elle pourrait répondre qu’elle ne l’aime pas.
« aucune actrice ou réalisatrice de vidéos sexuellement explicites n’a été auditionnée, alors qu’elles sont nombreuses à s’être mobilisées contre les violences sexistes et sexuelles, tout en alertant sur les dangers de la stigmatisation et de la criminalisation de leur activité par les politiques prohibitionnistes »
Elle ne dit rien. Tout à coup elle sait, là, à l’instant, elle sait qu’il ne la connaît pas, qu’il ne la connaîtra jamais, qu’il n’a pas les moyens de connaître tant de perversité. Et de faire tant et tant de détours pour l’attraper, lui il ne pourra jamais. C’est à elle à savoir. Elle sait. À partir de son ignorance à lui, elle sait tout à coup : il lui plaisait déjà sur le bac. Il lui plaît, la chose ne dépendait que d’elle seule.
Elle lui dit : je préférerais que vous ne m’aimiez pas. Même si vous m’aimez je voudrais que vous fassiez comme d’habitude avec les femmes. Il la regarde comme épouvanté, il demande : c’est ce que vous voulez ? Elle dit que oui. Il a commencé à souffrir là, dans la chambre, pour la première fois, il ne ment plus sur ce point. Il lui dit que déjà il sait qu’elle ne l’aimera jamais. Elle le laisse dire. D’abord elle dit qu’elle ne sait pas. Puis elle le laisse dire. Il dit qu’il est seul, atrocement seul avec cet amour qu’il a pour elle. Elle lui dit qu’elle aussi elle est seule. Elle ne dit pas avec quoi. Il dit : vous m’avez suivi jusqu’ici comme vous auriez suivi n’importe qui. Elle répond qu’elle ne peut pas savoir, qu’elle n’a encore jamais suivi personne dans une chambre. Elle lui dit qu’elle ne veut pas qu’il lui parle, que ce qu’elle veut c’est qu’il fasse comme d’habitude il fait avec les femmes qu’il emmène dans sa garçonnière. Elle le supplie de faire de cette façon-là. »
« imposer de force sa morale sexuelle et sa politique répressive… »
Taille originale : 21 x 29,7 cm & 29,7 x 21 cm

dimanche 24 septembre 2023

Marcher main dans la main

« Tu n’as pas eu la force de veiller seulement une heure ?
L’esprit est ardent, mais la chair est faible.
 »
« — Sans toi, je suis rejetée, amputée. Je suis une proscrite, une ombre de moi-même — »
Trop loin…
« — Et si tu ne m’aimes plus et ne souhaites pas que je te revienne, voudras-tu m’écrire pour me le dire ? C’est le silence qui me tue, le suspens qui, hors de ce silence, s’étire pour s’emparer de ma force et de mon esprit. Écris-moi pour me dire que ta vie est celle que tu veux, que tu es gai, ou malheureux, ou content ou inquiet. — Où es-tu, Geoffrey ? Je ne sais même pas où tu es. Oh, tout cela est trop cruel. Où sommes-nous partis, je me le demande ? Dans quel pays lointain marchons-nous toujours la main dans la main ? — »
Taille originale : deux fois 21 x 29,7 cm
« — Où es-tu, Geoffrey ? Si je savais seulement où tu es, si je savais seulement que tu me voulais, tu sais que j’aurais depuis longtemps été avec toi. Car ma vie est irrévocablement et à jamais liée à la tienne. Ne va jamais penser qu’en me relâchant tu seras libre. Tu ne ferais que nous condamner à un suprême enfer sur la terre. Tu ne ferais que libérer quelque chose d’autre pour nous détruire tous deux. J’ai peur, Geoffrey. Pourquoi ne me dis-tu pas ce qui est arrivé ? De quoi manques-tu ? Et qu’attends-tu, mon Dieu ? Quelle libération peut se comparer à celle de l’amour ? Mes cuisses brûlent du désir de t’étreindre. Le vide de mon corps n’est que famine de toi. Dans ma bouche ma langue se dessèche de soif de notre langage. Si tu laisses quoi que ce soit t’arriver tu me feras mal dans mon esprit, dans ma chair. Maintenant je suis dans tes mains. Sauve  — »

lundi 18 septembre 2023

Pensée intempestive

Hubris sexuelle ?
Taille originale : 21 x 29,7 cm (et 29,7 x 21 cm)

Le récit biblique de Suzanne et les vieillards raconté dans le Livre de Daniel peut être facilement lu dans une perspective féministe : la jeune femme surprise au bain est la victime du désir lubrique des deux vieillards qui violent son intimité, puis qui exercent un chantage agressif à son égard pour qu’elle cède à leurs exigences. La situation est celle d’une brutale domination masculine rendue possible par une position d’autorité — les deux vieillards sont des juges susceptibles d’accuser Suzanne d’adultère et de la faire condamner à mort —. Les analogies sont évidentes avec des situations contemporaines largement dénoncées, qu’il s’agisse d’un simple harcèlement de rue, de voyeurisme, de la divulgation non consentie d’images intimes ou bien sûr d’un viol imposé notamment par force, menace, ruse…

Mais la représentation de ce récit par d’innombrables peintres depuis la Renaissance (Tintoret, Véronèse, Rubens, Rembrandt, Artemisia Gentileschi, Jordaens pour citer les plus connus) a également été dénoncée à cause de son évidente ambiguïté puisque ces œuvres donnent à voir au spectateur (ou à la spectatrice) la nudité que Suzanne cherche précisément à protéger. Le point de vue adopté est similaire à celui des vieillards qui essaient de surprendre l’intimité de la jeune femme : c’est évident dans le célèbre tableau du Tintoret qui nous expose le sexe de Suzanne que le vieillard en bas à gauche tente également d’apercevoir. Le peintre « offre » aux spectateurs ou spectatrices ce qui est à cet instant précisément refusé aux deux personnages, et son « regard » sera dès lors facilement jugé trop « masculin » (le fameux male gaze dénoncé par Laura Mulvey)[1].

« Toute perversion active s'accompagnera de la perversion passive : celui qui, dans son inconscient, est exhibitionniste, sera en même temps un voyeur. »

Mais une critique féministe plus radicale peut être faite de ce récit biblique. La domination masculine s’y exerce en effet par l’intériorisation des normes patriarcales, traduites en injonctions divines : Suzanne refuse de céder aux vieillards d’abord et avant tout parce qu’elle est mariée et qu’elle ne veut pas être accusée d’adultère (ce qui, dans le contexte, signifierait une condamnation à mort), ni surtout enfreindre la loi divine. « De tous côtés, dit-elle, je suis prise au piège : si je vous cède, c’est la mort pour moi ; et si je refuse de céder, je n’échapperai pas à vos mains. Mieux vaut pour moi tomber entre vos mains sans vous céder, plutôt que de pécher aux yeux du Seigneur. » N’est-ce pas au fond le patriarcat qui commande entièrement l’attitude de Suzanne, au point de lui faire préférer la mort au « déshonneur » ? Et ne pourrait-on imaginer au contraire une société semblable à celle des singes bonobos où Suzanne dirait aux deux vieillards lubriques quelque chose comme : « Venez, je vais vous montrer ce que vous avez envie de voir, et, si vous insistez, je branlerai vos membres chenus, car je ne crois pas que vous soyez encore capables d’une vigoureuse pénétration pouvant me donner un vif plaisir sinon une réelle satisfaction » ?

D’aucunes parmi les féministes se récrieront et prétendront que cette intériorisation des normes patriarcales est secondaire et que ce qui importe ici c’est la violence faite au libre consentement, quelles que soient les motivations de la jeune femme. Cela est vrai, mais, dans une perspective matérialiste (qui semble bien oubliée aujourd’hui), il n’existe pas de liberté subjective qui ne soit l’effet plus ou moins inconscient de normes, de contraintes, d’habitudes, de modèles d’origine sociale[2]. Or les normes et attitudes promues par nombre de femmes et féministes sont en la matière similaires à celles du patriarcat qui fait du sexe féminin un bien précieux qui doit être protégé et qui ne doit pas être dilapidé. Il suffit à ce propos de consulter les nouveaux manuels d’éducation sexuelle qui insistent sur la nécessaire dimension affective (pas de sexualité sans amour), sur la nécessité de ne pas « aller trop vite ni trop tôt », sur le temps indispensable de la « réflexion », sur le besoin d’être « sûre (ou sûr) de soi », sur les « risques » à prévenir (ce qui est nécessaire sans doute mais transforme la sexualité en activité nécessairement dangereuse). Sans prétendre qu’il s’agit là d’un retour aux valeurs de la nécessaire virginité des jeunes filles, ce modèle imprègne encore la promotion de ce que j’appellerais une sexualité « restreinte », monogame, sans « excès », ni « frénésie »[3], ni « précipitation funeste », à l’abri notamment des supposées paraphilies. Il suffit de voir les dénonciations récurrentes de la pornographie dont les scénarios ne seraient que fiction et invraisemblance, puisque les femmes sont censées ne pas baiser après quelques minutes avec le plombier venu réparer l’évier, ni faire l’amour avec trois ou quatre individus surgis par magie dans leur appartement, ni participer à des orgies de corps de toutes espèces et de toutes origines. Bien entendu, les scénarios pornographiques sont peu « réalistes » (au sens littéraire du terme), mettant en scène des « performances » qu’il n’est pas donné à tout le monde de réaliser, illustrant souvent des pratiques rares, exceptionnelles, nées de l’imagination de scénaristes en quête d’inédit, d’inouï, d’étonnant, de stupéfiant. Mais il y a dans ces mises en garde récurrentes contre l’imaginaire pornographique la conception implicite d’une sexualité prudente, mesurée, foncièrement conjugale et gentiment caressante.

Il y a peu de chances que notre société se transforme bientôt en joyeuse bande de bonobos pratiquant l’amour libre et polymorphe, et je pense au contraire que l’exemple incarné par Suzanne protégeant sa vertu restera encore longtemps le modèle dominant. Par ailleurs cependant, comme les tableaux du Tintoret et d’autres mais avec moins d’hypocrisie, la pornographie minoritaire et stigmatisée continuera à illustrer l’utopie d’une sexualité évidente et facile, impudique et généralisée.

« Les religieuses bolognaises possèdent, plus qu’aucune autre femme de l’Europe, l’art de gamahucher des cons ; elles font passer leurs langues avec une telle rapidité, du clitoris au con, et du con au cul, que, quoiqu’elles quittent un moment l’un pour aller à l’autre, il ne me semble pas qu’elles varient ; leurs doigts sont d’une flexibilité et d’une agilité surprenantes, et elles ne les laissent pas oisifs avec leurs Saphos… Délicieuses créatures ! […]
Enfin, je les priai de m’enculer. On plaçait un con sous ma bouche, dont j’avalais le foutre : ce con se relayait à chaque fois qu’un nouveau godemiché m’entrait dans le cul. »

Taille originale : 29,7 x 21 cm (et 29,7 x 21 cm)


1. Il y aurait bien d’autres remarques à faire sur ce tableau remarquable du Tintoret, notamment le fait que Suzanne se contemple dans un miroir : regarde-t-elle son propre sexe ? et que cherchent les doigts de ses mains dans les plis du blanc tissu ?
2. « Tout est politique » rappellent souvent les féministes, et le consentement lui-même est une construction sociale.
3. Ainsi, la publicité faite aujourd’hui à « l’asexualité », définie comme une nouvelle minorité supposée stigmatisée sinon opprimée, contraste avec la conception de l’addiction sexuelle comme une dangereuse pathologie. D’un côté, l’absence de sexualité est normalisée, tandis que, de l’autre, on stigmatise encore et toujours les « obsédés sexuels » et bien sûr les « nymphomanes ».

La Comtesse, souriant.
Eh non, non ; Madame est trop sage.

La marquise.
Point de raillerie : viens, mon âme, que je te donne du plaisir.

La Comtesse, l’embrassant.
Soit. Mais, dans ce cas, fais ce qui peut m’être agréable.
(Elle tire de sa poche un godemiché d’une forme gigantesque).
Tiens. — Laisse-toi ceindre de ces attaches, et puis tu fourbiras ton amie à la faire expirer.

La marquise.
D’où te vient cette monstrueuse machine ? Quoi ! tu peux te résoudre à souffrir une véritable torture ! car, en effet, il y a là de quoi mourir.

La Comtesse, achevant d’attacher.
Ah, point de réflexion morale, et songe à contenter mon envie.

jeudi 14 septembre 2023

L'exploitation de la femme…

Étude de doigté lesbien [1]
« Et, en quelques phrases dites à l’oreille du baron Hartmann, comme s’il lui eût fait de ces confidences amoureuses qui se risquent parfois entre hommes, il acheva d’expliquer le mécanisme du grand commerce moderne. Alors, plus haut que les faits déjà donnés, au sommet, apparut l’exploitation de la femme. Tout y aboutissait, le capital sans cesse renouvelé, le système de l’entassement des marchandises, le bon marché qui attire, la marque en chiffres connus qui tranquillise. C’était la femme que les magasins se disputaient par la concurrence, la femme qu’ils prenaient au continuel piège de leurs occasions, après l’avoir étourdie devant leurs étalages. Ils avaient éveillé dans sa chair de nouveaux désirs, ils étaient une tentation immense, où elle succombait fatalement, cédant d’abord à des achats de bonne ménagère, puis gagnée par la coquetterie, puis dévorée. En décuplant la vente, en démocratisant le luxe, ils devenaient un terrible agent de dépense, ravageaient les ménages, travaillaient au coup de folie de la mode, toujours plus chère. Et si, chez eux, la femme était reine, adulée et flattée dans ses faiblesses, entourée de prévenances, elle y régnait en reine amoureuse, dont les sujets trafiquent, et qui paye d’une goutte de son sang chacun de ses caprices. Sous la grâce même de sa galanterie, Mouret laissait ainsi passer la brutalité d’un juif vendant de la femme à la livre : il lui élevait un temple, la faisait encenser par une légion de commis, créait le rite d’un culte nouveau ; il ne pensait qu’à elle, cherchait sans relâche à imaginer des séductions plus grandes ; et, derrière elle, quand il lui avait vidé la poche et détraqué les nerfs, il était plein du secret mépris de l’homme auquel une maîtresse vient de faire la bêtise de se donner.
— Ayez donc les femmes, dit-il tout bas au baron, en riant d’un rire hardi, vous vendrez le monde ! »
« Sortir de l’hétérosexualité a été un énorme soulagement. »
« À partir de ce moment, Denise s’intéressa aux histoires tendres de son rayon. En dehors des heures de gros travail, on y vivait dans une préoccupation constante de l’homme. Des commérages couraient, des aventures égayaient ces demoiselles pendant huit jours.
Clara était un scandale, avait trois entreteneurs, disait-on, sans compter la queue d’amants de hasard, qu’elle traînait derrière elle ; et, si elle ne quittait pas le magasin, où elle travaillait le moins possible, dans le dédain d’un argent gagné plus agréablement ailleurs, c’était pour se couvrir aux yeux de sa famille ; car elle avait la continuelle terreur du père Prunaire, qui menaçait de tomber à Paris lui casser les bras et les jambes à coups de sabot. Au contraire, Marguerite se conduisait bien, on ne lui connaissait pas d’amoureux ; cela causait une surprise, toutes se racontaient son aventure, les couches qu’elle était venue cacher à Paris ; alors, comment avait-elle pu faire cet enfant, si elle était vertueuse ? et certaines parlaient d’un hasard, en ajoutant qu’elle se gardait maintenant pour son cousin de Grenoble. Ces demoiselles plaisantaient aussi Mme Frédéric, lui prêtaient des relations discrètes avec de grands personnages ; la vérité était qu’on ne savait rien de ses affaires de cœur ; elle disparaissait le soir, raidie dans sa maussaderie de veuve, l’air pressé, sans que personne pût dire où elle courait si fort. Quant aux passions de Mme Aurélie, à ses prétendues fringales de jeunes hommes obéissants, elles étaient certainement fausses : on inventait cela entre vendeuses mécontentes, histoire de rire. Peut-être la première avait-elle témoigné autrefois trop de maternité à un ami de son fils, seulement elle occupait aujourd’hui, dans les nouveautés, une situation de femme sérieuse, qui ne s’amusait plus à de pareils enfantillages. Puis, venait le troupeau, la débandade du soir, neuf sur dix que des amants attendaient à la porte ; c’était, sur la place Gaillon, le long de la rue de la Michodière et de la rue Neuve-Saint-Augustin, toute une faction d’hommes immobiles, guettant du coin de l’œil ; et, quand le défilé commençait, chacun tendait le bras, emmenait la sienne, disparaissait en causant, avec une tranquillité maritale. »
Étude de doigté lesbien [2]
« La grande puissance était surtout la publicité. Mouret en arrivait à dépenser par an trois cent mille francs de catalogues, d’annonces et d’affiches. Pour sa mise en vente des nouveautés d’été, il avait lancé deux cent mille catalogues, dont cinquante mille à l’étranger, traduits dans toutes les langues. Maintenant, il les faisait illustrer de gravures, il les accompagnait même d’échantillons, collés sur les feuilles. C’était un débordement d’étalages, le Bonheur des Dames sautait aux yeux du monde entier, envahissait les murailles, les journaux, jusqu’aux rideaux des théâtres. Il professait que la femme est sans force contre la réclame, qu’elle finit fatalement par aller au bruit. Du reste, il lui tendait des pièges plus savants, il l’analysait en grand moraliste. Ainsi, il avait découvert qu’elle ne résistait pas au bon marché, qu’elle achetait sans besoin, quand elle croyait conclure une affaire avantageuse ; et, sur cette observation, il basait son système des diminutions de prix, il baissait progressivement les articles non vendus, préférant les vendre à perte, fidèle au principe du renouvellement rapide des marchandises. Puis, il avait pénétré plus avant encore dans le cœur de la femme, il venait d’imaginer “les rendus”, un chef d’œuvre de séduction jésuitique. “Prenez toujours, madame : vous nous rendrez l’article, s’il cesse de vous plaire.” Et la femme, qui résistait, trouvait-là une dernière excuse, la possibilité de revenir sur une folie : elle prenait, la conscience en règle. Maintenant, les rendus et la baisse des prix entraient dans le fonctionnement classique du nouveau commerce. »
« L’art est une extension de l'imaginaire masculin. »