dimanche 31 octobre 2010

Deux photos, un dessin

Le dessin doit composer avec deux photos réassemblées de manière visible.

art dessin fellation sodomie
taille originale 40 X 60 cm
cartons blancs sur carton gris

samedi 30 octobre 2010

Fenêtre entrouverte

La photo est une trace (un indice dans la terminologie de Peirce). Et le dessin d'après photo? Que reste-t-il comme trace du réel?
taille originale : 16,7 X 21 cm

mercredi 27 octobre 2010

Un objet bouche la vue…

Une photographie (relativement ancienne) refaite à la main…

dessin ejaculation faciale
taille originale : 16,7 X 21 cm

Écran graphique

Et que se passe-t-il lorsqu'on dessine ce qu'on voit à l'écran? L'écran fait main?

dessin fellation ejaculation faciale
taille originale : 23 x 24 cm

Confrontation graphique

Voici l'image d'une confrontation entre une femme que sa beauté devrait rendre inaccessible et le désir masculin représenté par le pénis de l’homme qui éjacule dans sa bouche offerte (avec ce geste presque grotesque de tirer la langue). Mais ce qui frappe plus que ces gestes, c'est le regard que cette femme très belle adresse au spectateur. La manipulation d’images vise alors à «mettre du jeu» dans cette confrontation.

art pornographie ejaculation faciale

La première des images retouchées atténue la brutalité de la confrontation par une désaturation des couleurs qui cependant n’affecte pas les yeux qui nous regardent, afin de rendre la subjectivité de cette femme qui à présent nous interroge sur notre regard : pourquoi la regardons-nous ? pourquoi avons-nous demandé à la voir ainsi donner sa bouche à ce désir qui est celui de son partenaire mais aussi sans doute le nôtre ?
La seconde image prolonge cette interrogation en isolant lumineusement le sperme dans ce qui devient un décor (faussement) indifférent : comment l’homme considère-t-il l’éjaculation pour la mettre ainsi en scène dans un mélange de célébration et d’abjection? est-ce une offrande adressée à la femme ou au contraire une glorification de son sperme, expression de son propre désir?
Il est difficile en tout cas de ne pas voir toute la distance qui sépare ici la femme de l’homme réduit à un pénis anonyme, être complètement vide et flou de la troisième image.
Mais finalement ici, il ne peut que rester seul avec son désir qui, sans la complicité (abusée?) de la femme, se révèle dans toute son absurdité grotesque.

Et finalement, une citation ironique…

Multiplication par 5

Une autre version multipliée de la même image.
art pornographie godemiche dildo

La photo me fascine car la pose, totalement artificielle pour exhiber le sexe et son godemiché, paraît presque naturelle : la jambe violemment rejetée en arrière pas plus que le visage serein ne semblent marqués par l’effort. Mieux, la main se pose délicatement au bord de la bouche.
Pourtant la pose comme le style du personnage manifestent des signes sociaux de vulgarité : ce geste de la main en particulier sera ressenti par beaucoup comme une suggestion grossière de sensualité.
La désaturation des couleurs dans la première image a pour but précisément d’affaiblir cette impression vulgaire, en en gardant pourtant le caractère provocateur, déplacé cependant sur les chaussures magnifiquement rouges : l’objet isolé par sa couleur retrouve sa beauté native. Le gode d’un blanc lumineux doit également se détacher pour redevenir un simple objet, une chose dépourvue de signification sexuelle.
Les deux images suivantes explorent une autre voie, car l’image photographique par sa netteté ne parvient pas à perdre totalement son obscénité. Le flou plus ou moins accentué conserve alors l’architecture de la pose en effaçant le détail anatomique. Mais l’image se vide jusqu’à en perdre sa signification.
La quatrième image repose alors la question de manière directe : pourquoi la vue du sexe féminin serait-elle insupportable? Toute l’image est floue sauf ce sexe dont l’exposition se veut une désacralisation, car, c’est en le masquant quotidiennement que les femmes font de son dévoilement un enjeu exorbitant (et donc dénoncent celles qui se livrent ainsi (pour de mauvaises raisons?) sans pudeur).
L’obsénité nécessairement désacralisante est étroitement associée à la vulgarité, une nouvelle fois interrogée, dans la dernière image : la blondeur utilisée dans notre civilisation comme signal sexuel (« Les hommes préfèrent les blondes ») est ici transformée en un chatain anonyme, tandis que les poils effacés à la fois par la tradition pornographique (au niveau du sexe) et par notre culture du corps (aux aisselles) réapparaissent ici mensongers (c’est de la manipulation photographique) et provocants.

Multiplication

La photographie (fixe puis animée) a complètement modifié notre perception de la pornographie en révélant ce qui jusque-là était invisible sinon ignoré. Comme beaucoup d'autres, je travaille donc sur des photographies que je modifie, transforme, multiplie pour en explorer les limites. Premier exemple.

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