samedi 23 avril 2011

Mauvaise mémoire

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taille originale : 27 x 36 cm 
« Quel était votre nom quel était mon visage ?
Que faisions nous ainsi l'un à l'autre inconnus ?
Sans savoir qui je suis sans savoir qui je fus
je revois une main qui se tend sous l'orage
un visage qui pleure, une porte fermée ?»

jeudi 21 avril 2011

Lettre à B [1]

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taille originale : 24 x 34 cm
« En ce qui me concerne en effet, il n’y a, entre toutes les choses qui ne dépendent pas de moi, aucune qui n’ait pour moi plus de valeur qu’une amitié entre des êtres humains aimant sincèrement la vérité. Je crois en effet que, parmi tous les objets qui ne sont pas en notre pouvoir, il n’y en a pas auxquels nous puissions en ce monde nous attacher plus tranquillement qu’à une telle amitié ; pas plus que nous ne pouvons nier l’évidence de la vérité une fois qu’on l’a perçue, il n’est possible de dissoudre l’amitié que l’on a l’un pour l’autre quand elle se fonde sur une passion commune pour la connaissance de la vérité. Parmi toutes les choses qui ne dépendent pas de nous, c’est ce qu’il y a de plus élevé et de plus agréable, puisque la vérité seule peut rapprocher les sentiments et unir des âmes différentes. Je ne dirai rien de plus sur les grands avantages qui s’en suivent, pour ne pas m’attarder sur un sujet que vous connaissez certainement, et, même si je viens de le faire à l’instant, c’est pour mieux vous exprimer combien il m’est et me sera agréable à l’avenir de saisir une telle occasion de vous rendre service. »

mercredi 20 avril 2011

Un amour illimité ?

« L’agapè, définie par le don, n’attend pas de retour, ni sous la forme d’objets, ni même sous l’espèce immatérielle d’amour en retour. Le don de l’agapè ignore le contre-don. Pour la personne en état d’agapè, ce qui est reçu ne peut être mis en rapport avec ce qu’elle a elle-même donné, à un moment précédent du temps.
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taille originale : 29,7 x 21 cm

Mais, ignorant l’équivalence, l’agapè ignore aussi, par là-même, le calcul. Elle ne se donne pas munie d’un espace temporel de calcul et c’est la raison pour laquelle on dit souvent qu’elle est sans limites. Cette inaptitude au calcul qui, avec la faiblesse des anticipations, inhibe l’attente d’un retour, supprime aussi la dette. La personne en état d’agapè, ne retient pas plus qu’elle n’attend. Elle ne se souvient ni des offenses subies ni des bienfaits qu’elle a accomplis, et c’est à juste titre que la faculté de pardonner est, avec la faculté de donner gratuitement, la propriété la plus souvent associée à l’agapè.
L’amour en agapè est à l’abri de l’épreuve et à l’écart de la jalousie. Et ce que la loi d’amour prescrit en premier lieu, c’est l’impossibilité de juger, et par là, la vacuité de prescrire. Saint Paul, pour marquer son opposition au juridisme, l’exprime d’un mot : “tout est permis”. Pour être gardé vivant, l’amour doit être maintenu dans l’incommensurable qui est son élément. Dans l’incommensurable, la réciprocité est infinie de part et d’autre. Celui qui aime ne peut pas calculer : aucune limite n’est fixée à l’amour ; pour que le devoir soit accompli, il faut que l’amour soit illimité, c’est-à-dire demeure immuable, quel que soit le changement survenu dans son objet. Lorsque l’amour est agapè, le fait de savoir su l’on persistera ou non à aimer ne dépend pas de la volonté d’aimer l’autre. »
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taille originale : 24,5 x 30,5 cm

vendredi 8 avril 2011

[Marie-]Madeleine

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taille originale : 24 x 34 cm 
« Donc, ça ne sert à rien de dire que Madeleine était une fausse blonde. De toute façon, ce sont ses cheveux qui comptent. Personne n’a jamais vu sa toison et personne ne la verra jamais. Pas même Lui. Et, justement, c’est toute la question. Ils vont encore dire que je suis fou mais moi je suis sûr que si elle a les cheveux aussi longs c’est pour détourner l’attention. Si elle les montre, si elle les étale, les dénoue, les exhibe, c’est pour mieux cacher ses poils. Pour les faire oublier.
Parce que, franchement, ces cheveux, ce n’est pas un attribut comme un autre. Ou alors, il faudrait dire qu’ils sont ses attributs. Vous voyez ce que je veux dire ? Ses attributs ; comme les hommes ont les leurs, virils. Ses cheveux seraient ses attributs féminins. Vous avez remarqué qu’il n’y a pas d’équivalent à viril pour les femmes ? Féminin, c’est comme masculin ; et femelle, c’est comme mâle. Mais, pour viril, rien ? Vous ne me direz pas que c’est par hasard ! Je n’insiste pas mais je n’en pense pas moins. C’est pour ça que j’ai dit que c’étaient ses attributs féminins.
En fait, ses cheveux sont son attribut féminin ; ils sont son image de femme, la manifestation de son corps femelle, tellement exubérante qu’elle nous empêche de rien voir. La femme, ce corps qu’on ne saurait voir, disait Tartufe. D’accord ? Là, je crois que tout le monde est d’accord. »
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taille originale : 24 x 34 cm 
« Je m’égare. Donc, Madeleine aux grands cheveux n’a jamais existé. C’est une invention. De qui ? On n’en sait rien. De personne sans doute. Ça a dû se faire peu à peu. Mais, aujourd’hui, tout le monde est d’accord : Madeleine, c’est un pot-pourri. Pardon, je me suis mal exprimé. Ce que je veux dire, c’est qu’elle mélange au moins trois figures. Et les autres, là, ceux qui aiment bien que les choses soient claires, ça leur suffit ! Pour eux, tout est simple et ils le démontrent. Premièrement le personnage de Madeleine — enfin de Marie-Madeleine — est le produit d’une confusion entre la prostituée de Naïn (ils disent prostituée, eux, pas putain), la fille de Magdala aux sept démons et Marie, la sœur de Marthe. Deuxièmement, cette confusion a été rendue possible en particulier par le texte où Luc raconte le repas chez Simon juste avant d’évoquer la fille aux sept démons. Troisièmement, ça suffit comme ça. C.Q.F.D. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures. On peut passer à autre chose. Eh bien, moi, je dis non ! Pas d’accord ! Ce n’est pas parce qu’on a compris comment Madeleine a été inventée qu’on a compris pourquoi on l’a inventée ! »

mercredi 6 avril 2011

Une érotique irrégulière?

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taille originale : 24 x 34 cm
« Dans son Dialogue sur le Beau et le Pittoresque (Essay on the Picturesque, As Compared With The Sublime and The Beautiful, 1794), Sir Uvendale Price se livre ainsi à un singulier éloge de la beauté d’une jeune femme de son voisinage qu’il compare à celle de la maison “pittoresque” qu’elle habitait : “Elle se tenait droite, en vérité, contre les murs, mais ses traits se partageaient quelque chose de leur irrégularité et ses yeux avaient une légère tendance à croiser leurs regards, comme les toits du vieux presbytère. Sa peau était claire, ses dents blanches et propres, quoiqu’elle ne fussent pas plantées avec une totale régularité, avec cela un air d’honnêteté et de gaîté qui faisait qu’en dépit des irrégularités on la regardait avec plaisir”. Ce dernier mot est important car il ouvre la question du goût du laid et de son érotique irrégulière : “Vous [pouvez] penser comment l’âge et l’abandon inscriront leur marque sur elle comme sur la maison, et comment elle deviendra tout simplement pittoresque, quand ses joues seront légèrement creusées, son teint basané et ses dents plombées.” On n’est plus loin du moment où Victor Hugo fera l’éloge du laid, conçu comme partie d’un ensemble qui nous échappe, et où le romantisme signera la fin de la domination théorique de la pensée classique. »
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taille originale : 34 x 24 cm

Le plus noble des sens

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taille originale : 29,7 x 21 cm
(dessin avec teinte numérique)

« Dans ces descriptions par les poètes platoniciens de la fin du Moyen Âge, tout comme dans les œuvres d’art qu’elles ont inspirées, Amour, Amore, Frouwe Amour, Venus Cupido, ou l’Amour sous quelque nom qu’on le désigne, n’est jamais aveugle ; et il ne saurait l’être sous la perspective de ces Platoniciens qui croient que la plus noble des émotions pénètre jusqu’à l’âme humaine par le plus noble des sens. La poésie médiévale s’y réfère très fréquemment : “Et c’est de la vue qu’il prend naissance”, ou “Et les yeux tout d’abord suscitent l’Amour”, ou encore : “C’est à travers la forme visible qu’il atteint l’intellect”. Un commentateur de Pétrarque au XVIe siècle fait observer en parlant de l’image de l’Amour que l’on donnerait prise aux critiques si l’organe par lequel l’amour naît et ravit de plaisir (c’est-à-dire l’œil) était aveugle au lieu d’être beau, “car le principe de l’amour n’est autre que la beauté, et la beauté est toute lumière au regard”. »

lundi 4 avril 2011

Inachèvement

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taille originale : 42 x 29,7 cm
(carton collé sur carton)

« L’art moderne, depuis la Renaissance, tout en visant, une unité picturale plus stricte — une unité qui implique le jeu réciproque de la figure et des parties du fond —, offre aussi des exemples d’œuvres laissées délibérément à l’état d’esquisses ou de fragments, ou encore d’œuvres incomplètes qui sont appréciées pour des qualités tenant à leur état d’inachèvement et même des exemples d’œuvres peintes sur une petite partie du champ, sans égard aux vides qui l’entourent. »

dimanche 3 avril 2011

Générosité pornographique

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taille originale : 36 x 27 cm
Sur un forum consacré à une star du porno, un visiteur écrit qu’il remercie cette actrice pour sa « générosité ». Un tel remerciement ne peut qu’étonner les contempteurs de la pornographie : pour ceux-ci en effet, les amateurs de ces images considèrent les femmes (plus rarement les hommes) uniquement comme des « objets », de la « viande », des « bêtes » sans âme ni sentiments… Quant aux actrices, elles seraient censées n’agir que « pour l’argent » (poussées même par la « misère »), n’y trouver aucun plaisir et être traitées comme des esclaves.
Comment dès lors expliquer qu’un amateur de pornographie puisse parler de la « générosité » d’une telle actrice, un terme qui ne semble d’ailleurs pas étonner les autres participants à ce forum ? C’est le sens de ce terme, évident pour les uns, incompréhensible pour les autres, que je voudrais donc expliciter.
La générosité dans ce contexte tient, me semble-t-il, à deux choses.
D’abord, une actrice porno offre aux amateurs du genre, même si ce n’est qu’en images, son corps, son sexe, toute sa sexualité faite de gestes et de paroles, alors que, dans la vie « réelle », les femmes restreignent l’accès à leur « intimité » : elle ne se promènent pas nues, elles ne font pas l’amour en public, elles choisissent ceux (ou celles) avec qui elles acceptent d’avoir des rapports sexuels, et elles se refusent au plus grand nombre, étant majoritairement adeptes de la monogamie (de fait ou de droit)… Autrement dit, contrairement à l’utopie d’une liberté sexuelle généralisée, elles pratiquent une économie de la sexualité fondée (comme le capitalisme) sur la rareté : ce qui est rare est cher, et donc les femmes ne se donnent pas à n’importe qui, ni n’importe quand, ni à n’importe quelle condition.
C’est précisément cette économie (qui peut souvent paraître avaricieuse) que bousculent les actrices du porno qui offrent (au moins en images) leur sexe, leur corps, leurs gestes sans contrepartie ni monnaie d’échange, comme un pur don d’elles-mêmes. C’est cette générosité qui est incompréhensible pour toutes celles qui cherchent au contraire à préserver la valeur de leur intimité comme un trésor caché, et il faut dès lors accuser ces actrices de n’agir « que pour l’argent ». Mais les amateurs du genre savent intuitivement que ce qu’elles offrent « vaut » beaucoup plus que le prix éventuellement payé : une actrice porno se donne totalement, sans limites, sans pudeur, sans restriction alors que toutes les relations sociales entre hommes et femmes (les homosexuels sont peut-être moins restrictifs en ce domaine) sont au contraire fondées sur des règles de convenance, des restrictions, des normes, des politesses, le « respect » de l’intimité, le souci prioritaire de l’intérêt personnel, etc.
En cela et contrairement à une accusation récurrente, les amateurs du genre savent très bien faire la différence entre la pornographie et la « réalité », et, s’ils « consomment » de telles images, c’est précisément parce qu’elles ne correspondent pas à la « réalité » où règne la « propriété » des choses et des corps : dans une société de plus en plus égalitaire, les femmes sont évidemment propriétaires de leur propre corps et elles en usent à leur guise, même si c’est de façon restrictive en limitant l’accès à cette « propriété », le viol étant désormais et à juste titre considéré comme un crime majeur. L’utopie d’un « communisme sexuel », où hommes et femmes ne s’appartiendraient plus et se donneraient à tous et à toutes, se transformerait rapidement en un totalitarisme d’une violence insupportable.
Contrairement à la société environnante, la pornographie propose donc un monde d’images où des femmes exceptionnelles se donnent de façon généreuse, ne mettant aucune limite aux demandes qui leur sont adressées (sodomie, fellation, amour à trois, éjaculation faciale et bien d’autres choses encore), se soumettant à tous les caprices et toutes les fantaisies. On pourrait rétorquer que cette générosité est imaginaire, et que ces actrices ne font pas « n’importe quoi » : on suppose (et on espère) que, dans la réalité des tournages, elles peuvent négocier leurs conditions de travail (on pense notamment à la protection en matière de VIH), et il est vraisemblable qu’elle refusent certaines pratiques ou même certains partenaires. Mais ces limites — évidemment nécessaires et respectables — sont ignorées à l’écran où n’apparaît qu’une sexualité libre, généreuse, sans restrictions ni entraves.
Cette générosité n’est cependant pas uniquement celles du corps mais aussi celle de « l’âme », et c’est sur ce deuxième aspect que je voudrais à présent insister. Les grandes actrices porno — célébrées notamment sur les forums qui leur sont consacrés — ne se contentent pas en effet d’exhiber leur anatomie (comme certains le leur reprochent sommairement), et elles manifestent un entrain, un enthousiasme, une vitalité, une énergie, une endurance qui donnent toute leur valeur et toute leur saveur à leurs prestations. Telle actrice par exemple sourit et éclate même de rire après avoir reçu une dizaine d’éjaculations faciales, telle autre se renverse sans hésitation le cul en l’air pour se faire prestement sodomiser, une autre encore se saisit vigoureusement d’une bite pour la sucer et l’avaler entièrement… La caméra cherche d’ailleurs à saisir ces expressions sur leur visage, ces émotions qui révèlent leur humanité et auxquelles le voyeur peut s’identifier : il n’y a pas de pornographie sans subjectivité, sans une « âme » qui effectivement se donne et s’offre à travers les gestes et l’exhibition corporelle (sinon on filmerait des poupées gonflables ou des robots à apparence humaine).
Cette participation subjective ne prend pas nécessairement une forme rieuse ou joyeuse, et une très belle actrice porno est restée célèbre à cause de la moue ennuyée qu’elle répétait de film en film. Mais c’est précisément cette répétition, cette obstination à s’exhiber, à baiser et à se faire baiser, ce consentement sans cesse renouvelé aux gestes, aux positions, aux postures demandés, qui prouvaient ou révélaient une indéniable générosité dans le don d’elle-même à ses partenaires mais surtout à la caméra et aux spectateurs.
Il ne s’agit pas de généraliser cette analyse ni d’affirmer que tous les tournages de films pornographiques se font dans l’enthousiasme général. Il y a bien entendu une part de mise en scène, et beaucoup de cris de jouissance sont totalement artificiels. Mais les stars du porno, qui ont participé à des dizaines de films différents, ne pourraient pas répéter de telles scènes, de tels gestes, de telles exhibitions sans une espèce d’engagement subjectif qui mérite bien d’être appelé, comme l’a fait ce participant à un forum, une réelle générosité.