vendredi 8 avril 2011

[Marie-]Madeleine

dessin erotique pornographique lesbiennes
taille originale : 24 x 34 cm 
« Donc, ça ne sert à rien de dire que Madeleine était une fausse blonde. De toute façon, ce sont ses cheveux qui comptent. Personne n’a jamais vu sa toison et personne ne la verra jamais. Pas même Lui. Et, justement, c’est toute la question. Ils vont encore dire que je suis fou mais moi je suis sûr que si elle a les cheveux aussi longs c’est pour détourner l’attention. Si elle les montre, si elle les étale, les dénoue, les exhibe, c’est pour mieux cacher ses poils. Pour les faire oublier.
Parce que, franchement, ces cheveux, ce n’est pas un attribut comme un autre. Ou alors, il faudrait dire qu’ils sont ses attributs. Vous voyez ce que je veux dire ? Ses attributs ; comme les hommes ont les leurs, virils. Ses cheveux seraient ses attributs féminins. Vous avez remarqué qu’il n’y a pas d’équivalent à viril pour les femmes ? Féminin, c’est comme masculin ; et femelle, c’est comme mâle. Mais, pour viril, rien ? Vous ne me direz pas que c’est par hasard ! Je n’insiste pas mais je n’en pense pas moins. C’est pour ça que j’ai dit que c’étaient ses attributs féminins.
En fait, ses cheveux sont son attribut féminin ; ils sont son image de femme, la manifestation de son corps femelle, tellement exubérante qu’elle nous empêche de rien voir. La femme, ce corps qu’on ne saurait voir, disait Tartufe. D’accord ? Là, je crois que tout le monde est d’accord. »
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taille originale : 24 x 34 cm 
« Je m’égare. Donc, Madeleine aux grands cheveux n’a jamais existé. C’est une invention. De qui ? On n’en sait rien. De personne sans doute. Ça a dû se faire peu à peu. Mais, aujourd’hui, tout le monde est d’accord : Madeleine, c’est un pot-pourri. Pardon, je me suis mal exprimé. Ce que je veux dire, c’est qu’elle mélange au moins trois figures. Et les autres, là, ceux qui aiment bien que les choses soient claires, ça leur suffit ! Pour eux, tout est simple et ils le démontrent. Premièrement le personnage de Madeleine — enfin de Marie-Madeleine — est le produit d’une confusion entre la prostituée de Naïn (ils disent prostituée, eux, pas putain), la fille de Magdala aux sept démons et Marie, la sœur de Marthe. Deuxièmement, cette confusion a été rendue possible en particulier par le texte où Luc raconte le repas chez Simon juste avant d’évoquer la fille aux sept démons. Troisièmement, ça suffit comme ça. C.Q.F.D. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures. On peut passer à autre chose. Eh bien, moi, je dis non ! Pas d’accord ! Ce n’est pas parce qu’on a compris comment Madeleine a été inventée qu’on a compris pourquoi on l’a inventée ! »

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