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dimanche 3 août 2025

Après quatre ou cinq générations

La fausse servante…
… ou le pervers puni
Taille originale : 29,7 x 21 cm
« Je me surprends à songer : Savoir qui a bien pu s’y coucher, sur ce sommier ? Quand ce hameau était encore habité, quand il était encore posé sur un châssis de métal ou de bois, et qu’il soutenait un matelas de laine de plus en plus tassé qu’on cardait peut-être de temps en temps, ou peut-être pas, parce que le cardeur, avec sa machine garnie de pointes opposées qui griffaient les bourrelets de laine tassée, ne montait pas jusqu’ici, il y avait trop peu de gens pour que ça vaille le déplacement... Quelque personne seule qui se couchait chaque nuit sur l’épaisseur de plus en plus réduite du matelas, durant les mois froids de l’hiver, à l'étage d’une de ces maisons qui sont désormais des ruines envahies par la végétation et où hibernent les chauves-souris, accrochées aux poutres, où autrefois ils mettaient le foin pour les bêtes qui étaient au rez-de-chaussée, dans l’étable, avec ces trois marches de pierre fendues où les vaches montaient en glissant sur leurs sabots, incitées par les cris de quelqu’un qui était derrière et leur frappait la croupe de la main et les poussait avec force pour les faire entrer. Des maisons qui n’étaient pas chauffées parce que la cheminée était en bas, et éteinte, il n’y restait à présent que quelques braises froides et noires. Ou bien quelque vieille restée seule. Ou, bien avant encore, quelque couple plus jeune. Et l’homme se couchait sur la femme, sur ce sommier-là, il entrait dans son corps à moitié endormi et engourdi par le froid, même pas lavé parce que la nuit l’eau gelait, le châle de laine sur la chemise de nuit soulevée à la hauteur des hanches, lui avec un pull de travail troué qu’il gardait même la nuit, de plus en plus rapidement dans le corps de la femme qui continuait à dormir, dont la respiration devenait parfois plus lourde, plus rauque, et on ne comprenait pas si c’était à cause du poids de l’homme sur son corps ou bien parce qu’elle ronflait, et alors le lit grinçait un peu plus fort. À la fin, tous les deux avec les couvertures tirées jusque sous le menton pour ne pas attraper froid. Et c’était comme ça toutes les nuits, toutes les nuits, tandis que quelque chose grandissait dans le noir à l’intérieur du ventre de cette femme à moitié endormie et engourdie, sur ces sommiers qui sont là désormais et servent de porte aux potagers abandonnés, quelque petit être désespéré avec sa petite queue remontait le canal vaginal pour être le premier à briser la membrane d’un des ovules qui pullulaient aveugles dans la matière aveugle de sa chair, pour donner vie à de nouveaux corps et à de nouveaux petits êtres dotés d’une queue et à de nouveaux ovules au milieu de tout ce désespoir végétal et de ce froid. Pour quelle raison ? Pourquoi ? Comme ces surgeons qu’il y a partout et qui s’élèvent le long des arbres presque à les étouffer, toujours plus haut, plus haut, qui arrivent presque avec leurs feuilles à la cime de l’arbre autour duquel ils ont poussé jusqu’à l’emprisonner. Il se passe la même chose avec les êtres de notre espèce. Toutes ces vies qui s’emprisonnent les unes dans les autres, cette création continue de colonies pour occuper des portions de plus en plus grandes de territoire en les soustrayant à d’autres. Pourquoi ? Pourquoi ? Pour perpétuer son propre ADN ? Alors que, de toute façon, après seulement quatre ou cinq générations, un battement de cils dans le temps, il ne reste plus rien du patrimoine chromosomique ni de l’ADN originel dans les nouveaux êtres qui ont pris vie, lesquels à leur tour, après quatre ou cinq générations, ne transmettront rien de leur ADN dans les nouveaux êtres à qui ils auront donné vie ! »
Qui tire la ficelle ?
Taille originale : 2 fois 29,7 x 21 cm

vendredi 9 février 2024

Sous le règne des femelles

C’est l'homme vautré dans l'amour que les vautours de la jalousie déchirent, que dévore une angoisse anxieuse ou dont le coeur se fend dans les peines de quelque autre passion.
ou
C'est un malade d'amour, livré aux vautours de sa dévorante angoisse, ou la victime déchirée par les tourments de quelque autre passion.
« Toutefois, si chez les chimpanzés la domination des mâles est nette, chez les bonobos la domination semble inversée. Frans de Waal remarque le caractère rare d'une telle situation car “la domination masculine reste la norme chez la plupart des mammifères” : “Comparée à la société chimpanzé articulée autour du mâle, la société bonobo, érotique et pacifique, centrée sur la femelle, nous offre de nouveaux axes de réflexion sur notre ascendance humaine.” Le primatologue n'a pas d'explication particulière sur ce fait, mais fait remarquer qu'“un long passé d'attachement entre femelles, qui s'exprime par beaucoup d'épouillages et d'activités sexuelles, a fait plus qu'entamer la suprématie des mâles : il a retourné la situation et fait naître une organisation foncièrement différente”. La compétition pour la nourriture, par exemple, montre que les femelles bonobos s'allient pour chasser les mâles (parfois avec beaucoup d'agressivité) et se partager les fruits, alors que les chimpanzés mâles, plus agressifs, parviennent à s'imposer dans le même genre de situation. Et “même quand il n'y a pas de vivres dans les parages, des mâles pleinement adultes réagissent avec crainte et soumission à la simple présence d'une femelle de rang supérieur”. De même, si “les meutes de chasse formées par les chimpanzés sont exclusivement composées de mâles”, les mêmes chasses sont observées chez les bonobos “mais les deux sexes participent à l'action”.
On ne dispose, à ce jour, d'aucune explication stabilisée, ni de l'activité sexuelle très fréquente, ni de la grande solidarité inter-femelles (malgré une philopatrie mâle, comme chez les chimpanzés), ni de la moindre agressivité des mâles ou de la moindre recherche de statut, ni de la participation des femelles à l'activité de chasse, ni de la domination des femelles sur les mâles dans nombre de situations. La seule chose dont on soit sûr, c'est du fait que les premières sociétés humaines de chasseurs-cueilleurs ont des structures plus proches de celles des chimpanzés que de celles des bonobos, avec une domination masculine très nette et une division du travail qui réserve chasse et la protection du groupe aux hommes, et qui en exclut les femmes. »

dimanche 15 octobre 2023

La saleté des hommes

Titre au choix :

  • Qui aime bien châtie bien !
  • Féminité toxique ?
  • Elle ne lui donne pas le sein
  • Il l’a bien cherché !

Une époque que l’on aimerait révolue :

« Et Nana se sentait très bien chez elle, assise à ne rien faire, au milieu du lit défait, des cuvettes qui traînaient par terre, des jupons crottés de la veille, tachant de boue les fauteuils. C’étaient des bavardages, des confidences sans fin, pendant que Satin, en chemise, vautrée et les pieds plus hauts que la tête, l’écoutait en fumant des cigarettes. Parfois, elles se payaient de l’absinthe, les après-midi où elles avaient des chagrins, pour oublier, disaient-elles ; sans descendre, sans même passer un jupon, Satin allait se pencher au-dessus de la rampe et criait la commande à la petite de la concierge, une gamine de dix ans qui, en apportant l’absinthe dans un verre, coulait des regards sur les jambes nues de la dame. Toutes les conversations aboutissaient à la saleté des hommes. Nana était assommante avec son Fontan ; elle ne pouvait placer dix paroles sans retomber dans des rabâchages sur ce qu’il disait, sur ce qu’il faisait. Mais Satin, bonne fille, écoutait sans ennui ces éternelles histoires d’attentes à la fenêtre, de querelles pour un ragoût brûlé, de raccommodements au lit, après des heures de bouderie muette. Par un besoin de parler de ça, Nana en était arrivée à lui conter toutes les claques qu’elle recevait ; la semaine passée, il lui avait fait enfler l’œil ; la veille encore, à propos de ses pantoufles qu’il ne trouvait pas, il l’avait jetée d’une calotte dans la table de nuit ; et l’autre ne s’étonnait point, soufflant la fumée de sa cigarette, s’interrompant seulement pour dire que, elle, toujours se baissait, ce qui envoyait promener le monsieur avec sa gifle.
Écoféminisme ?
Toutes deux se tassaient dans ces histoires de coups, heureuses, étourdies des mêmes faits imbéciles cent fois répétés, cédant à la moue et chaude lassitude des roulées indignes dont elles parlaient. C’était cette joie de remâcher les claques de Fontan, d’expliquer Fontan jusque dans sa façon d’ôter ses bottes, qui ramenait chaque jour Nana, d’autant plus que Satin finissait par sympathiser : elle citait des faits plus forts, un pâtissier qui la laissait par terre, morte, et qu’elle aimait quand même. Puis, venaient les jours où Nana pleurait, en déclarant que ça ne pouvait pas continuer. Satin l’accompagnait jusqu’à sa porte, restait une heure dans la rue, pour voir s’il ne l’assassinait pas. Et, le lendemain, les deux femmes jouissaient toute l’après-midi de la réconciliation, préférant pourtant, sans le dire, les jours où il y avait des raclées dans l’air, parce que ça les passionnait davantage. »
Si vous n’avez pas encore compris !
Taille originale  2 fois 29,7 x 42 cm
& 2 fois 29,7 x 21 cm

vendredi 24 février 2023

Une carmélite déchaussée

Esprit de corps
« Parler de pornographie est très à la mode aujourd’hui. Jadis, on accordait à cette activité beaucoup moins d’importance. Je me souviens que lorsque j’étais jeune, très jeune même, j’adorais voler à mes parents et à mon frère des revues porno. À l’époque, tous mes copains et copines faisaient de même et tous ne comprenions pas très bien le sens des interdictions d’accès au cinéma pour certains films. Il est vrai que cela ne changeait rien à la triste adolescence sans sexe que nous avions eue — surtout moi, avec une mère qui ressemblait à une sorte de carmélite déchaussée pour tout ce qui avait trait à mon éducation sentimentale.
Exercice de déconstruction
Quand j’ai été un peu plus âgée, j’ai commencé à adorer regarder des films porno aussi bien seule qu’en compagnie de mes amoureux. Il me suffisait d’entendre un peu, un tout petit peu, d’une histoire érotique pour que mon désir monte et s’installe d’une façon assez persistante. J’ai cru pendant longtemps que j’étais en ce domaine comme tout le monde. Il est certain que ces films pourraient être de temps en temps un peu plus imaginatifs. Mais, tels qu’ils sont, ils ne me semblent pas si mal. Or, depuis quelque temps, on ne cesse pas d’entendre des choses affreuses sur la pornographie, l’argument le plus récurrent étant qu’il s’agit d’une violence immense faite aux femmes. C’est encore la Ministre — celle que ma tante aimait tant — qui nous défendait jusqu’à il n’y a pas si longtemps de toute forme d’oppression et de domination sexuelle, qui commença une véritable campagne contre la pornographie, et surtout contre la possibilité donnée aux plus jeunes de regarder de tels films. Qui plus est, elle semblait si avertie de la puissance quasi diabolique de l’image, et notamment de celle qui sort des postes de télévision qui trônent avec une apparente innocence au centre du foyer familial, que cette vaillante dame a même pensé créer un délit nouveau qui s’appliquerait aux parents qui permettent à leurs enfants de regarder des films X, quelque chose comme une maltraitance audiovisuelle, une sorte de pédophilie par négligence. »
Taille originale : deux fois 21 x 29,7 cm

samedi 22 octobre 2022

Une grotesque parodie

Rentre ton glaive,
car tous ceux qui prennent le glaive
périront par le glaive.
« Jed l'ignorait alors, et Vanessa tout autant, mais les fleurs ne sont que des organes sexuels, des vagins bariolés ornant la superficie du monde, livrés à la lubricité des insectes. Les insectes et les hommes, d'autres animaux aussi, semblent poursuivre un but, leurs déplacements sont rapides et orientés, alors que les fleurs demeurent dans la lumière, éblouissantes et fixes. La beauté des fleurs est triste parce que les fleurs sont fragiles, et destinées à la mort, comme toute chose sur Terre bien sûr mais elles tout particulièrement, et comme les animaux leur cadavre n'est qu'une grotesque parodie de leur être vital, et leur cadavre, comme celui des animaux, pue — tout cela, on le comprend dès qu'on a vécu une fois le passage des saisons, et le pourrissement des fleurs, Jed l'avait pour sa part compris dès l'âge de cinq ans et peut-être avant, car il y avait beaucoup de fleurs dans le parc autour de la maison du Raincy, beaucoup d'arbres aussi, et les branches des arbres agitées par le vent étaient peut-être une des premières choses qu'il avait aperçues lorsqu'il était roulé dans son landau par une femme adulte (sa mère ?), en dehors des nuages et du ciel. La volonté de vivre des animaux se manifeste par des transformations rapides — une humectation du trou, une raideur de la tige, et plus tard l'émission du liquide séminal — mais cela il ne le découvrirait que plus tard, sur un balcon de Port-Grimaud, par l'entremise de Marthe Taillefer. La volonté de vivre des fleurs se manifeste par la constitution de taches de couleur éblouissantes, qui rompent la banalité verdâtre du paysage naturel, comme la banalité en général transparente du paysage urbain, dans les municipalités fleuries tout du moins. »
#Notallmen ?!
Taille originale : 21 x 29,7 cm et 29,7 x 21 cm

mercredi 19 octobre 2022

Le comble du luxe

Mâle bêta ?
« L’ascenseur s’ouvrit sur une pièce au plafond si haut qu’on le distinguait à peine, voilé de gris et de noir pour étouffer la lumière qui entrait à flots par la baie ouverte sur les remparts de la vieille ville, au bout du quartier de Mamilla.
Murs blancs et nus, assortis à la moquette et au canapé géant, aucun objet, aucune trace d’être humain, le comble du luxe.
Soukolov se rua dans sa chambre, une pièce sans fenêtre, ronde, de même forme que le lit qui trônait au milieu, et se débarrassa de ses vêtements comme on s’arrache une peau morte. Un peignoir et il s’affala sur le canapé, boîtier en main. Il avait dix minutes pour s’informer de la marche du monde.
Le mur qui lui faisait face s’ouvrit en deux, laissant apparaître un écran géant. Au même moment, une jeune femme brune en robe rouge se glissa dans la pièce par une porte escamotée poussant un chariot avec divers ustensiles et deux bassines d’eau. Sokolov s’enfonça dans le canapé avec un soupir d’aise et ferma les yeux. Le monde pouvait bien patienter quelques secondes.
La jeune femme s’agenouilla à ses pieds, écarta doucement les deux pans du peignoir qui dégagèrent un sexe tendu à rompre. Visage impénétrable, gestes précis, elle saisit une sorte de gant éponge qu’elle mouilla d’eau chaude avant de le glisser délicatement sur le corps du Russe qui s’abandonnait sur son siège, jambes écartées, bouche entrouverte. Quand le gant attaqua son sexe, il siffla entre ses dents : “Vite !” Elle écarta à son tour le haut de sa robe qui s’ouvrit sur une poitrine gonflée par la pression du tissu, il empoigna les deux seins en grognant tandis qu’elle tendait ses lèvres laquées de rouge vers le sexe qu’il tentait fébrilement d’approcher de son visage. L’affaire fut expédiée en quelques secondes, le Russe n’était pas du genre à perdre son temps. »
Tirage au sort ?
Taille originale : 29,7 x 21 cm et 29,7 (+ 7) x 21 cm

dimanche 26 juin 2022

Rappel

Taille originale : 30,8 x 21 cm
« Il est peu de sujets sur lesquels la société bourgeoise déploie plus d’hypocrisie : l’avortement est un crime répugnant auquel il est indécent de faire allusion. Qu’un écrivain décrive les joies et les souffrances d’une accouchée, c’est parfait ; qu’il parle d’une avortée, on l’accuse de se vautrer dans l’ordure et de décrire l’humanité sous un jour abject : or, il y a en France chaque année autant d’avortements que de naissances. C’est un phénomène si répandu qu’il faut le considérer comme un des risques normalement impliqués par la condition féminine. Le code s’obstine cependant à en faire un délit : il exige que cette opération délicate soit exécutée clandestinement. Rien de plus absurde que les arguments invoqués contre la législation de l’avortement.
[…]
Le livre que le docteur R* dédia en 1943 à Pétain en est un exemple éclatant ; c’est un monument de mauvaise foi. Il déclare que le fœtus n’appartient pas à la mère, c’est un être autonome. Cependant, quand ces mêmes médecins “bien-pensants” exaltent la maternité, ils affirment que le fœtus fait partie du corps maternel, qu’il n’est pas un parasite se nourrissant à ses dépens. On voit combien l’antiféminisme est encore vivace par cet acharnement que mettent certains hommes à refuser tout ce qui pourrait affranchir la femme.
[…]
Un point sur lequel s’accordent partisans et ennemis de l’avortement légal, c’est le radical échec de la répression. D’après les professeurs D*, B*, L*, il y aurait eu en France 500 000 avortements par an aux environs de 1933 ; une statistique (citée par le docteur R*) dressée en 1938 en estimait le nombre à un million. En 1941, le docteur A* hésitait entre 800 000 et un million. C’est ce dernier chiffre qui semble le plus proche de la vérité.
[…]
Du fait que l’opération se pratique dans des conditions souvent désastreuses, beaucoup d’avortements se terminent par la mort de l’avortée.
[…]
Deux cadavres de femmes avortées arrivent par semaine à l’institut médico-légal de Paris ; beaucoup provoquent des maladies définitives.
[…]
Parfois, elle ne refuse pas l’enfant sans regret ; soit parce qu’elle ne se décide pas tout de suite à le supprimer, soit parce qu’elle ne connaît aucune adresse, ou parce qu’elle n’a pas d’argent disponible et qu’elle a perdu son temps à essayer des drogues inefficaces, elle est arrivée au troisième, quatrième, cinquième mois de sa grossesse, quand elle entreprend de s’en débarrasser ; la fausse couche sera alors infiniment plus dangereuse, plus douloureuse, plus compromettante qu’au cours des premières semaines. La femme le sait ; c’est dans l’angoisse et le désespoir qu’elle tente de se délivrer.
[…]
Mais il n’est pas toujours facile de mettre la main sur une “faiseuse d’ange”, et encore moins de réunir la somme exigée ; la femme enceinte demande du secours à une amie ou elle s’opère elle-même ; ces chirurgiennes d’occasion sont souvent peu compétentes ; elles ont vite fait de se perforer avec la tringle et l’épingle à tricoter. Brutalement déclenchée et mal soignée, la fausse couche souvent plus pénible qu’un accouchement normal, s’accompagne de troubles nerveux pouvant aller jusqu’au bord de la crise épileptique, provoque parfois de graves maladies internes et peut déclencher une hémorragie mortelle. Colette a raconté, dans Gribiche, la dure agonie d’une petite danseuse de music-hall abandonnée aux mains ignorantes de sa mère ; un remède habituel, dit-elle, c’était de boire une solution de savon concentrée et ensuite de courir pendant un quart d’heure : par de tels traitements, c’est souvent en tuant la mère qu’on supprime l’enfant. »

mercredi 11 mai 2022

Dindons difformes

Taille originale : 29,7 x 21 cm
« À cet égard, il n’aurait su trouver une partenaire moins adaptée (mais on ne lui avait guère laissé le choix en ce domaine) que Dorothy, qu'il avait épousée au printemps 1962. Ils avaient passé leur lune de miel dans un hôtel avec vue sur le lac Derwent : et c'était dans ce même hôtel, vingt ans plus tard, que George se trouvait boire seul par une poisseuse soirée de juin. Tout embué d’alcool qu’il était, son esprit ruminait un souvenir désagréablement précis de leur nuit de noces. Dorothy ne l’avait pas exactement repoussé, mais sa complète passivité avait été une forme avouée de résistance, empreinte, pour augmenter l’humiliation, d’un ennui marqué et d’une ironie sous-jacente. Malgré la précaution de ses travaux d’approche, George n’avait rencontré au bout de ses doigts fouineurs qu’une sécheresse resserrée. Continuer dans ces conditions aurait été pour ainsi dire commettre un viol (pour lequel il n’avait pas la force physique, en plus du reste). Il avait fait trois ou quatre autres tentatives dans les semaines qui avaient suivi, après quoi il avait abandonné le sujet, autant que ses espoirs. En se souvenant de cette époque dans un brouillard éthylique, il trouvait risible, absurde, d'avoir seulement songé à consommer son mariage. Entre Dorothy et lui, il y avait eu une totale incompatibilité physique. Une union sexuelle entre eux aurait été aussi impossible qu’entre ces dindons difformes dont sa femme avait dû récemment assurer la reproduction par insémination artificielle : la viande autour de leurs bréchets avait été si monstrueusement gonflée par des injections chimiques et un élevage sélectif que leurs organes sexuels ne pouvaient plus entrer en contact.
Partage des tâches
Pourquoi George ne haïssait-il pas sa femme ? Était-ce parce qu'elle l’avait enrichi (financièrement) au-delà des plus folles attentes ? Était-ce parce qu'il éprouvait malgré lui une certaine fierté dans le fait qu’elle eût bâti, à partir d’une modeste ferme familiale fonctionnant paisiblement selon les anciennes méthodes, un des plus grands empires agrochimiques du pays ? Ou est-ce que la haine avait simplement été noyée au cours des années par les flots de whisky qu’il absorbait quotidiennement avec de moins en moins de prétention au secret ? En tout cas, sa femme et lui menaient désormais des vies séparées. »
Aide à la déconstruction masculine

jeudi 5 mai 2022

D'un goût déplorable…

Taille originale : 29,7 x 21 cm
« Nouvelle mimique, nouvelle bourrade dans le dos : “Tu tombes bien, c'est moi qui ai été chargé de l'organisation de la fête.
— Félicitations. Un nouvel aspect de tes activités multiformes.
— Voilà. Dans le hall, j'ai monté ce qu'autrefois on appelait des tableaux vivants et qu'aujourd'hui on dénomme happening. C'est une série de happenings sur un même thème.
— Quel thème ?
— Les esclaves.”
Ce mot me rappelle immédiatement un des films secrets et masturbatoires d'Irena et je dis : “C'est un thème qui plaît beaucoup. Alors comment se déroule ton happening ?”
Il grimace et ricane : “C'est tout ce qui reste d'un projet de scénario où il s'agissait de la traite des esclaves en Afrique, dont on espérait faire un film. Quelques-unes des femmes qui sont ici défileront sur une estrade. Elles seront à peu près nues et couvertes de chaînes et on les vendra aux enchères. Il y aura un type, la figure enduite de noir de fumée, qui sera chargé de caresser les plus récalcitrantes d'une cravache. Il les exhibera toutes les unes après les autres en vantant leurs particularités physiques et leurs qualités. Ensuite les enchères commenceront. Quelqu'un lancera un chiffre. On ne parlera pas en lires, non, ce serait idiot, mais en monnaie du temps de l'esclavage : en thalers de Marie-Thérèse, en sequins, en doublons d'Espagne, en ducats, en louis, etc., etc. Naturellement, on convertira plus tard en lires. Devine un peu à qui iront ces lires ? Aux exilés africains. On dit qu'ils sont très nombreux dans les camps de rétention. Nous offrons une fête typiquement africaine en faveur des peuples africains.”
Temps passé
Pour la troisième fois, il ricane et me tape dans le dos. Mon complexe d'infériorité s'est endormi et je sens l'irrésistible besoin de le coucher, moralement, sous mes pieds et de lui montrer ce que je vaux. Je dis d'un ton sec : “C'est une idée d'un goût déplorable.”
Le rire meurt sur ses lèvres et je triomphe. Il garde pourtant la bouche entrouverte comme une benne qui vient d'interrompre son travail : “Et pourquoi, s'il te plait ?
— Je respecte trop la femme pour admirer un spectacle où elle apparaît abaissée, avilie, humiliée.”
Paf ! Il vient de recevoir sur le crâne un choc qu'il n'attendait pas. Mais, visiblement, il n'accepte pas la défaite et il s'exclame : “Ah ! elle est bien bonne celle-là !” »
Temps incertain

mardi 24 août 2021

Le mot interdit

taille originale : 21 x 29,7 cm

Je me réveillai brutalement dans un état d'étrange hébétude. Il me fallut quelques secondes et quelques mouvements pour me rendre compte que j'étais couché complètement nu au milieu du lit, les mains attachées à son sommet. Je ne pouvais plus mouvoir que le bas de mon corps. Je voulus parler, appeler, mais ma bouche était terriblement sèche. Ma mémoire était bousculée et partielle. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Je ne savais pas où j'étais.

Puis la porte devant moi s'ouvrit et elle apparut nue, vêtue seulement d'un corset noir avec un godemiché orgueilleusement dressé au bas de son ventre. Je commençais à reconstituer ce qui s'était passé mais elle ne me laissa pas le temps de la réflexion. « Ah, tu es déjà réveillé et dans de bonnes dispositions dirait-on », dit-elle en fixant mon sexe qui était légèrement bandé. « Bien, écarte les jambes à présent, que je puisse contempler ton frêle orifice et puis bien sûr t'enculer ». J'essayai de récupérer un peu de salive pour parler et déclarai d'une voix pâteuse : « Non, non, je ne suis pas une… - Pas de gros mots : tu me l'as déjà dit hier ! Tu dois simplement faire preuve d'un peu d'ouverture d'esprit et de fondement. » J'étais trop épuisé pour discuter et demandai seulement d'une voix sourde un peu d'eau. Elle apporta bientôt un verre qu'elle déversa au bord de mes lèvres. Je vis distinctement alors du coin de l'œil à quelques centimètres de mon visage l'engin noir et veineux dont elle était affublée.

Puis elle m'ordonna d'écarter les jambes pour qu'elle puisse, dit-elle, satisfaire l'intense désir qu'elle avait de me sodomiser. Je secouai la tête, mais elle s'approchait déjà de moi et voulut me saisir les genoux. Je me débattis, essayant de lui donner des coups de pied et de la repousser plus loin, mais elle se redressa, se pencha au bord du lit pour y saisir un fouet. Sans me laisser le temps de réagir, elle me donna deux ou trois coups directement sur la bite et les couilles. Gémissant, je fermai instinctivement les cuisses, pliai les jambes et basculai sur le côté pour mettre mes parties sensibles à l'abri. « Tu vas obéir, je te le dis » affirma-t-elle avec un léger rire. Et elle m'appliqua de nouveaux coups de fouet, cette fois sur les fesses. Mais surtout, elle les saisit pour essayer d'y glisser un doigt. Instinctivement, je basculai de l'autre côté, mais je ne faisais qu'exposer la même face sous un angle différent. Après une ou deux nouvelles tentatives de sa part, je me raidis, hérissé comme un bâton de berger, les jambes complètement allongées, les fesses bien serrées sous mon corps. Elle en profita cependant pour s'agenouiller sur mes cuisses et aussitôt me caresser la bite.

Après quelques instants, elle conclut : « Je vois que ton état d'esprit s'améliore. On va pouvoir comparer la taille de nos engins. » Elle frottait effectivement son gland contre le mien, et je dus constater que j'étais en situation d'infériorité. « Il est temps de passer aux choses sérieuses. Écarte les jambes. J'ai déjà trop attendu. J'ai trop envie de t'enculer, là, tout de suite ! » Je réitérai mon refus de multiples mouvements de la tête, mais elle me saisit les couilles et me les tordit violemment en répétant : « Écarte, écarte, te dis-je ! » Je relâchai seulement mes muscles contractés, ce qu'elle remarqua et dont elle profita pour soulever ma cuisse gauche et la poser sur son épaule. La voie était libre, mais elle garda mes parties fortement serrées dans sa main gauche tout en en enfonçant un doigt de la droite dans mon anus. Je gémis de honte et de douleur mêlées. « Arrête, c'est juste un doigt, bien lubrifié d'ailleurs. Tu en as chié de plus gros que ça ! » Et elle l'enfonça complètement avant de le retirer, et, cette fois, d'en enfoncer deux. Je gémis encore, mais je constatai avec stupéfaction que mon trou le plus intime s'ouvrait sans réelle difficulté. Trois doigts, sinon quatre, occupèrent la place.

« Voilà, je crois qu'on est prêt pour les choses sérieuses », dit-elle après quelques allées et venues. Elle profita de ma faiblesse, pour me saisir par en-dessous des genoux et pour relever mes cuisses en les écartant le plus largement possible. Je fermai les yeux et je sentis l'engin qui s'introduisait déjà dans mon fondement. Elle progressa lentement mais je pensais seulement que mon trou était bien trop serré, bien trop étroit pour cette chose, et qu'elle allait me déchirer l'anus. Elle ne s'arrêta pas et j'émis plusieurs petits cris de douleur, tout en répétant silencieusement « Ce n'est pas possible, c'est trop gros, elle n'y arrivera pas ». Mais elle franchit le dernier obstacle, me faisant pousser un cri d'effroi et de soulagement mêlés. « Nous voici dans la place-forte, murmura-t-elle. On va à présent élargir la voie et la rendre complètement accessible. » Et elle commença à aller et venir, d'abord lentement, puis plus rapidement, avec des mouvements de plus en plus amples, sortant bientôt du siège avant d'y replonger entièrement. L'orifice était à présent tellement ouvert qu'elle avait à peine besoin de diriger l'engin dans sa course.

De sa main gauche, elle me branlait rapidement, et je sentais que, de manière inexplicable, je bandais fermement. Et quand elle relâchait ma bite pour m'enculer plus aisément, celle-ci restait incroyablement dure, prête sous mes yeux à éjaculer, me semblait-il, jusqu'à mon propre visage. Je murmurai : « Baise-moi, baise-moi, mais laisse-moi me branler… - Haha, tu aimes ça finalement de te faire enculer. Avoue-le, dis-le, dis le mot… - Non… - Si, tu vas le dire… - Une tapette… - Dis toute la phrase… - Je suis une tapette… - Oui, tu es une tapette, un pédé, un enculé, une pédale… et tu aimes ça manifestement ! » Et elle continua à m'enculer sans toutefois me libérer, car il lui fallait, disait-elle, satisfaire ses pressantes envies sodomites. Et puis elle voyait bien combien cette pratique me plaisait et me faisait durcir et que je méritais d'en découvrir les plaisirs extrêmes.

Arrivée finalement à un degré suffisant d'épuisement, elle se retira et déclara que je devais encore subir quelques outrages et qu'il me fallait à présent lui sucer la bite. Je murmurai : « Non, pas la bite qui sort de mon cul ! - Si, si, mais je vais retirer la capote dont je me suis servie. - Mais pourquoi ? - Tu dois rendre hommage à la bite qui t'a si bien enculée. Tu ne peux pas te montrer ingrat. Tu devras l'avaler entièrement. Je vais te libérer mais tu te mettras en position, la tête renversée au bord du lit pour que je puisse t'imposer une gorge profonde. Tu verras, la première fois, c'est un peu douloureux, mais vu ton état d'esprit, il est certain que tu adoreras servir de foutoir ultime à ma bite ! »

taille originale : 21 x 29,7 cm

Était-il possible qu'elle parvienne à ses fins, que j'obéisse sans me révolter, que je consente ainsi à mon propre abaissement ? Il n'était pas temps de philosopher mais bien d'agir. Libéré, je pouvais à présent me redresser, fuir peut-être, défier celle qui venait d'abuser de moi, mais je constatai que ma bite était raide, tremblante d'affolement et d'excitation à l'énoncé de l'épreuve qui m'attendait. J'obéis aux instructions données et me mis dans la position exigée. Le gland noir s'approcha de mes lèvres qui s'ouvrirent pour l'accueillir dignement. D'abord modérée, la fellation devenait de plus en plus profonde. Je m'efforçais de sucer et d'avaler la chose. Puis le passage devint périlleux. C'est elle à nouveau qui guidait le mouvement, et, si elle tenait compte de mes soubresauts et de mes résistances involontaires en se retirant un bref instant, la bave dégoulinant alors sur mon visage renversé, elle revenait toujours à la charge à son rythme jusqu'à ce qu'elle parvienne effectivement dans ma gorge, s'enfonçant à un tel point que je crus m'étouffer. Elle se retira, recommença autant de fois que nécessaire, pour qu'elle puisse aller et venir rapidement  jusqu'aux qu'aux couilles de latex sans rencontrer de résistance.

Elle se coucha alors sur moi en soixante-neuf et prit à son tour ma bite en bouche. En même temps, elle glissa une main sous ma cuisse pour enfoncer plusieurs doigts dans mon cul. J'écartai des deux mains mes fesses, l'appelant muettement à enfoncer plus de doigts, plus profondément, plus violemment dans mon trou intime. Jamais je n'avais été soumis à une telle emprise, jamais mon corps et ses orifices n'avaient été ainsi abandonnés au plaisir d'autrui. Et c'était incroyablement jouissif. Experte, elle me suçait comme si elle percevait elle-même la montée du plaisir dans mon membre, et elle me fit éjaculer dans sa bouche sans que je ne puisse rien contrôler.

J'étais abasourdi. Elle me fit changer légèrement de position, s'agenouilla au-dessus de ma tête, et commença à se branler sur mon visage, qui dégoulinait à présent de bave et de mouille mêlées. Elle jouit.

Plus tard, elle m'apprit les bonnes manières, notamment à me mettre à quatre pattes pour me faire prendre en levrette, à genoux pour avaler son gode, couché sur le dos, les cuisses bien relevées et bien écartées pour qu'elle puisse m'enculer à sa guise. Je dus également apprendre à faire des lavements corrects afin qu'elle passe facilement et à plusieurs reprises de mon cul à ma bouche et inversement. Plus tard encore, elle me présenta une de ses amies, une amante en fait, et elles consacrèrent toute la soirée à me baiser en bouche et en cul. À genoux devant elles, je dus également les sucer à tour de rôle avant d'essayer de prendre les deux godes en même temps. Elles tentèrent également une double pénétration anale.

Un scénario similaire se déroula cette fois avec un homme que je suçai longuement pendant qu'elle m'enculait. Puis la position s'inversa naturellement, et il m'encula pendant que je suçais son gode.

Ce soir-là, elle conclut : « Je crois que cette thérapie de conversion est une belle réussite ! »

Espace courtois
taille originale : 21 x 29,7 cm

samedi 3 avril 2021

D'un autre temps

 

Scène coupée

Trompe-l’œil

« Dans les plus vastes partouzes auxquelles j’ai participé, il pouvait se trouver jusqu’à cent cinquante personnes environ (toutes ne baisant pas, certaines venues là seulement pour voir), parmi lesquelles on peut en compter environ un quart ou un cinquième dont je prenais le sexe selon toutes les modalités : dans les mains, dans la bouche, par le con et par le cul. Il arrivait que j’échange baisers et caresses avec des femmes, mais cela restait secondaire. Dans les clubs, la proportion était beaucoup plus variable en fonction de la fréquentation bien sûr mais aussi des usages de l’endroit. L’estimation serait encore plus difficile à faire pour les soirées passées au Bois : ne faudrait-il prendre en considération que les hommes que j’ai sucés, la tête coincée contre leur volant, ceux avec qui j’ai pris le temps de me déshabiller dans la cabine d’un camion, et négliger les corps sans tête qui se relayaient derrière la portière de la voiture, secouant d’une main folle leur queue diversement raide, tandis que l’autre main plongeait par la vitre ouverte pour malaxer énergiquement ma poitrine ? Aujourd’hui, je suis capable de comptabiliser quarante-neuf hommes dont je peux dire que leur sexe a pénétré le mien et auxquels je peux attribuer un nom ou, du moins, dans quelques cas, une identité. Mais je ne peux chiffrer ceux qui se confondent dans l’anonymat. Dans les circonstances que j’évoque ici, et même s’il y avait, dans les partouzes, des gens que je connaissais ou reconnaissais, l’enchaînement et la confusion des étreintes et des coïts étaient tels que si je distinguais les corps, ou plutôt leurs attributs, je ne distinguais pas toujours les personnes. Et même lorsque j’évoque les attributs, je dois avouer que je n’avais pas toujours accès à tous ; certains contacts sont très éphémères et, si je pouvais les yeux fermés reconnaître une femme à la douceur de ses lèvres, je ne la reconnaissais pas forcément à des attouchements qui pouvaient être énergiques. Il m’est arrivé de ne réaliser qu’après coup que j’avais échangé des caresses avec un travesti. J’étais livrée à une hydre. »
Une auteure d'un autre temps
 
Dies irae
Taille originale : 42 x 29,7 cm
  
 
#balancetonporc
Taille originale : 21 x 29,7 cm


lundi 1 janvier 2018

Bonne année !

taille originale : 27 x 36 cm

« Comme je me montrais rétive à la sévérité, Monsieur a tenté la douceur, et d'une voix de miel que mon Dieu j'en bande encore :
— Regarde-moi, chérie. Regarde-moi.
Moi, ouvrant les yeux avec répulsion :
— J'y arrive pas.
Je clignais en ruant du menton, étonnée de peiner autant devant l'idée d'une communication que j'établissais facilement avec d'autres.
— Tu ne sais pas qu'il faut toujours regarder un homme lorsqu'il a sa queue dans ton cul ? a commencé Monsieur, et je l'écoutais comme on écoute un passage de Lolita : la même vénération. C'est toi qui as le pouvoir, tu sais. Même si c'est moi qui t'encule (et là je me suis mordu les lèvres jusqu'au sang), je suis pris au piège dans ton petit cul, et c'est moi que tu rends fou.
Petite pause, durant laquelle il a relevé mes cuisses juste un peu plus haut, juste assez pour transformer la position chaste du missionnaire en reptations obscènes ; puis, dans un un souffle :
— Tu ne te sens pas un peu salope, comme ça ? D'avoir ma queue dans ton cul ? Dis-moi comment tu te sens ?
Et comme dans le brouillard de mes cheveux j'entrouvrais une paupière, j'ai vu ma chatte grande ouverte mais en crue, et en dessous la bite de Monsieur entrant et sortant lentement de mon cul, et j'ai su que Monsieur avait ce même panorama beaucoup trop sale ; j'ai adoré ça. Je lui ai abandonné des prunelles frémissantes, miaulant :
— Je me sens salope. »
taille originale : 29,7 x 42 cm