Les travaux reproduits ici sont parfois anciens, parfois récents et ne sont pas présentés dans leur ordre chronologique. Le but de ce blog n'est pas seulement de les présenter (ou de les exhiber) mais aussi de les modifier en fonction de cet objet médiatique qu'est le blog. L'exposition modifie l'objet artistique lui-même, en particulier par le processus de la numérisation qui permet de transformer à volonté les caractéristiques de l'image.
jeudi 22 janvier 2026
mardi 29 juillet 2025
Une prolifération des genres
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| Lutter contre les contenus « préjudiciables » ? |
« La bourgeoisie culturelle est, aujourd’hui, un environnement privilégié pour la formation de pratiques corporelles et de discours sur le changement d’identification genrée, soutenue par des collectifs militants structurés depuis quelques années autour de la critique queer (dont le refus de la binarité du genre au profit d’une prolifération des genres constitue un axe central), par des pratiques culturelles subversives et festives compatibles avec d’autres pratiques propres à ce milieu social. Leurs référents ne sont pas d’abord français mais tournés vers les États-Unis et sont relayés sur les réseaux sociaux et dans des lieux de sociabilité parisiens, comme il n’en existe (à ma connaissance) ni en milieu rural ni dans les cités d’habitat social périurbaines. Le répertoire de la fille non binaire procure une échappatoire à l’alternative étroite, asphyxiante, du genre, en raison de l’émergence d’une mobilisation collective internationalisée qui, de ce fait, a tous les atours d’une avant-garde et se trouve dès lors particulièrement appropriable par ce segment de la bourgeoisie, dont une part de la reproduction sociale s’appuie sur la légitimation culturelle de nouvelles avant-gardes1. Le fait que j’ai enquêté dans ce segment de l’espace social en dernier ne permet pas de mesurer la diffusion des formes de subversion ou de contestation queer au sein des populations vivant aujourd’hui sur les lieux de mes deux premiers terrains [rural et populaire] - dont il est difficile de penser qu’ils y soient totalement étanches (à cause notamment de la puissance de diffusion, en particulier sur ce type de sujet, des réseaux sociaux dont on sait qu’ils ne sont pas utilisés seulement dans les classes dominantes) sans que l’on en sache vraiment plus pour l’instant, faute d’enquête spécifique sur ce sujet.
La fille non binaire vient compléter la galerie des filles bonshommes et autres garçons manqués, comme une possibilité d’échapper au stigmate de la pute [particulièrement répandu à l'adolescence] par le refus du grime de la-féminité mais, contrairement au garçon manqué et à la fille bonhomme, la fille non binaire n’est pas prisonnière de l’enfance : en faisant de ses traits masculins une revendication, un acte volontariste, culturel et politique, elle permettait, sur mon troisième terrain [la bourgeoisie], de mettre à distance le stigmate sans interférer avec le passage à l’âge adulte. »
1. Pierre Bourdieu, La Distinction, 1979.
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| Un nouvel imprimatur Reprise ancienne Taille originale : 21 x 29,7 cm |
lundi 18 novembre 2024
Jeu de pouvoir
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| Un bel enculé ? Taille originale : 29,7 x 21 cm |
« Ce qui est refusé ici [par Leo Bersani], c’est l’idée répandue, théorisée et revendiquée dans la communauté SM selon laquelle il existe une discontinuité radicale et une différence de nature entre les rapports de domination (érotiques ou pas) tels qu’ils sont vécus dans la société et les rapports de pouvoir/domination tels qu’ils sont ritualisés dans une scène SM, entre les options politiques des SM et leurs comportements sexuels ; qu’il n’y a pas forcément de continuité entre les rapports de domination qu’a pu subir un sujet donné hors SM et les rapports de domination que ce même sujet vivra dans un cadre SM. La propension de Bersani à citer les adeptes du SM qui évoquent une forme de continuité en faisant référence au caractère cathartique ou thérapeutique du SM cautionne implicitement l’idée que le SM n’est rien d’autre que le sadomasochisme freudien et que c’est le SM psychique qui permet de rendre compte de l’ensemble des pratiques SM.
C’est en cet instant où s’ouvre la trappe discursive et épistémologique que le tour critique foucaldien est nécessaire. Le SM continue d’être pensé à l’aide des catégories médicales et psychiatriques datant du XIXe siècle. L’analyse de Bersani reste puissamment animée et inspirée par une nomination exogène : c’est Freud qui a accouplé les termes sadisme et masochisme… C’est Krafft-Ebing qui a créé le terme de masochisme en souvenir de Sacher-Masoch, celui de sadisme en référence à Sade. N’est-il pas temps de “traduire” sadomaso sans l’aide de Krafft-Ebing et de Freud ? Grands classificateurs devant l’éternel et dignes représentants d’un savoir/pouvoir qui sévit encore de nos jours… Ne serait-ce qu’en France où il ne se passe pas une année éditoriale sans que l’on vienne nous rabattre les oreilles avec un Sade qui n’était pas sado-maso, sadique tout au plus ?
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| Admiration ? Taille originale : 29,7 x 21 cm |
L’utilisation de termes aussi chargés de ce que les SM ne sont pas — des sadiques, les héritiers directs de Sacher-Masoch, des femmes au top de leur masochisme séculaire — contribue à entretenir la confusion. Il y mille et une raisons dont certaines sont communes aux pédés, aux gouines, aux sado-masos, aux bisexuel(le)s, aux transsexuel(le)s et aux transgenres, aux travailleuses et aux travailleurs du sexe, aux minorités sexuelles en général, de créer son propre langage et d’opter pour l’auto-nomination de manière à se réapproprier leur site d’énonciation (que l’on ne parle plus à notre place) et une capacité de savoir (que l’on ne sache plus mieux que nous ce que nous sommes ou ce nous faisons). Nul doute qu’il serait politiquement intéressant et pertinent plus que correct de substituer au syntagme “sadomasochisme” celui de jeu de pouvoir (“power play”), de redéfinir périphrastiquement le SM comme “une forme d’érotisme fondée sur un échange consensuel de pouvoir” ainsi que le propose le collectif Corning to Power ou plus lapidairement d’y substituer une équation du type : pouvoir = confiance (“power = trust”).
À critiquer le néo-freudisme de Bersani, on se dit que Foucault avait raison de se méfier de la redoutable science discipline que reste la "psy" en général. Faut-il pour autant, si tant est que l’on ait envie de croire au potentiel subversif et/ou critique du SM, sur le plan personnel et politique, adhérer à l’utopie intellectuelle et discursive foucaldienne ? Cette dernière a ceci de post-moderne et de quelque peu téléologique, dans la formulation du moins, qu’elle appelle à la fuite hors d’un champ particulier maudit : celui de la psychologie. À cette vision un peu défensive, on peut opposer une perception plus modeste des glissements à l’intérieur des champs de savoir comme il est des glissements de terrains. Qui parle “psy” et comment. La voix de son maître dans l’article de Bersani. Mais dans les scènes SM et nombre d’articles des membres de la communauté SM ? Comment ne pas penser qu’il s’est produit une appropriation des concepts ressortissant de la psychologie au sens large tels qu’“identification”, “figure paternelle” ou “maternelle”, “famille”, “père et mère de substitution” comme le montre la terminologie de la scène daddy par exemple. Loin d’être les outils réservés des psychologues et sexologues, ces notions sont devenues les instruments favoris des SM, et l’exploration “mentale” l’un de leur jeu préféré. C’est dans cette instrumentalisation de la psy, du savoir et du pouvoir psy que l’on peut déceler un potentiel subversif, voire une stratégie d’appropriation et de résistance. À quoi bon partager les réticences de Foucault quant au discours psy à partir du moment où le site d’énonciation de celui-ci a changé : ce ne sont plus les médecins ou les psychanalystes qui formulent ou utilisent à eux seuls la psychologie ? Et si l’une des forces du SM, c’était — au jour d’aujourd’hui — son côté simili cuir et kitsch psy ? La récupération des concepts (une psycho pop sans psychotropes) et la création d’un langage relationnel et contractuel spécifique ? »
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| Deux morts accidentelles dans un violent incendie |
vendredi 18 novembre 2022
Intelligence robotique
L’utilisation du libellé « f… f… » dans un précédent billet a suscité la réaction immédiate d’un robot de Google qui a jugé que ce billet avait un « contenu sensible », et qui l’a rendu aussitôt inaccessible. Un message d’avertissement demandait alors le consentement préalable du lecteur pour accéder au message original.
J’ai donc remplacé le libellé « f… f… » par « mise au poing ».
Je ne suis pas opposé à un message d’avertissement, mais un tel message est déjà présent à toute entrée de ce blog : cela a été prévu dès sa création grâce aux options proposées par Blogger. Il me paraît donc inutile de répéter une telle mise en garde pour un message en particulier. En outre, l’intelligence artificielle d’un robot est limitée, et d’autres libellés sont sans doute aussi « sensibles » : ces libellés entraîneront-ils à l’avenir les mêmes avertissements ? (Jusqu’à présent, l’étiquette « f… f… » n’irritait la sensibilité d’aucun robot.)
Pour rassurer les âmes sensibles, rappelons que le « f… f… » est une pratique dite extrême qui nécessite prudence et consentement. Et si vous étiez mal informé, Wikipedia vous en dira plus à ce propos.
jeudi 17 novembre 2022
Une si atroce licence
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| Regard expert |
Au XVIe siècle européen…
« Toutes ces opinions passaient pour offenser Dieu ; en fait, on leur reprochait surtout d’ébranler l’importance de l’homme. Il était donc naturel qu’elles menassent en prison ou plus loin leurs propagateurs.
Qu’on redescendit des pures idées aux chemins tortueux de la conduite humaine, et la peur, encore plus que l’orgueil, devenait le premier moteur des exécrations. La hardiesse du philosophe qui préconise le libre jeu des sens et traite sans mépris des plaisirs charnels enrageait la multitude, sujette dans ce domaine à beaucoup de superstitions et à plus d’hypocrisie. Peu importait que l’homme qui s’y risquât fût ou non plus austère et parfois même plus chaste que ses acharnés détracteurs : il était convenu qu’aucun feu ni supplice au monde n’était capable d’expier une si atroce licence, précisément parce que l’audace de l’esprit semblait aggraver celle du simple corps. L’indifférence du sage pour qui tout pays est patrie et toute religion un culte valable à sa manière exaspérait mêmement cette foule de prisonniers ; si ce philosophique renégat, qui ne reniait pourtant aucune de ses croyances véritables, était pour eux tous un bouc émissaire, c’est que chacun, un jour, secrètement ou parfois même à son insu, avait souhaité sortir du cercle où il mourrait enfermé. Le rebelle qui se levait contre son prince provoquait chez les gens d’ordre quelque chose de la même envieuse furie : son Non dépitait leur incessant Oui. Mais les pires de ces monstres qui pensaient singulièrement étaient ceux qui pratiquaient quelque vertu : ils faisaient bien plus peur quand on ne pouvait les mépriser tout entiers. »
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| De main de maître Taille originale : 21 x 29,7 cm & 29,7 x 21 cm |
dimanche 21 août 2022
Noble dame
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| Banned books |
« La Régente vêtue de noir, menue et ronde, avait la pâleur triste des veuves, et des lèvres serrées de bonne ménagère qui surveille, non seulement le linge et la desserte, mais l’État. Ses panégyristes vantaient sa piété, son savoir, la chasteté qui lui avait fait préférer aux secondes noces les mélancoliques austérités du veuvage ; ses détracteurs l’accusaient tout bas d’aimer les femmes, tout en convenant que ce goût est moins scandaleux chez une noble dame que pour les hommes le penchant contraire, car il est plus beau, déclaraient-ils, pour la femme d’assumer la condition virile que pour un homme d’imiter la femme. Les vêtements de la Régente étaient somptueux, mais sévères, comme il sied à une princesse qui se doit de porter les marques extérieures de sa situation royale, mais qui se soucie peu d’éblouir ou de plaire. Tout en grignotant des friandises, elle écoutait d’une oreille complaisante Henri-Juste mêler à ses compliments de cour des plaisanteries gaillardes, en femme pieuse, mais point prude, qui sait entendre sans broncher de libres propos d’hommes. »
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| Taille originale : 29,7 x 42 cm & 29,7 x 21 cm |
vendredi 1 janvier 2016
L'émerveillement des âmes…
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| Taille des dessin originaux : 21 x 29,7 cm |
« La nouveauté dans la peinture ne consiste pas surtout dans un sujet non encore vu, mais dans la bonne et nouvelle disposition et expression, et ainsi de commun et vieux, le sujet devient singulier et neuf. Si le peintre veut éveiller dans les âmes l'émerveillement, encore qu'il n'ait en main un sujet habile à la faire naître, qu'il n'y introduise point de choses nouvelles, et étranges, et hors de raison, mais qu'il contraigne son esprit à rendre merveilleuse son œuvre par l'excellence de la manière, d'où se puisse dire : materiam superabat opus. »
dimanche 12 juillet 2015
En ville, les signes appelant au sexe…
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| Soleil levant |
« Le porno pose un vrai problème : il défoule le désir et lui propose un soulagement, trop rapidement pour permettre une sublimation. À ce titre, il a une fonction : la tension dans notre culture entre délire sexuel abusif (en ville, les signes appelant au sexe nous envahissent littéralement le cerveau) et rejet exagéré de la réalité sexuelle (on ne vit pas dans une gigantesque partouze perpétuelle, les choses permises ou possibles sont même relativement restreintes). Le porno intervient ici comme défoulement psychique, pour équilibrer la différence de pression. Mais ce qui est excitant est souvent embarrassant, socialement. Rares sont ceux et celles qui ont envie d’assumer en plein jour ce qui les fait grimper aux rideaux, dans le privé. On n’a même pas forcément envie d’en parler avec nos partenaires sexuels. Domaine du privé, ce qui me fait mouiller. Car l’image que ça donne de moi est incompatible avec mon identité sociale quotidienne.
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| Ciel voilé |
Nos fantaisies sexuelles parlent de nous, à la façon détournée des rêves. Elles ne disent rien sur ce que nous désirons voir arriver de facto.
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| Plein soleil |
Il est évident que beaucoup d’hommes hétérosexuels bandent à l’idée de se faire mettre par d’autres hommes, ou de se faire humilier, sodomiser par une femme. Ce qui nous excite, ou pas, provient de zones incontrôlées, obscures ; et rarement en accord avec ce qu’on désire consciemment. C’est tout l’intérêt de ce cinéma de genre, si on aime lâcher prise et perdre connaissance, et c’est tout le danger de ce même cinéma, si justement on a peur de ne pas tout contrôler. »
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| Tout est une question de lumière ! |
samedi 14 février 2015
Une large corolle à la fleur ardente
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| taille originale : 29,7 x 21 cm |
« C’est ainsi que lorsqu’on sodomise celle qu’on aime on se pénètre en elle de toute la matière dont on est bâti. Ce double globe de chair qu’elle tourne vers nous aveugle en lui l’image que nous nous faisons d’elle, ne nous retourne que le large éclair endormi dans lequel la lumière a fermé la bouche des vents : Découvrir devant nous toute l’impudeur de ses fesses c’est l’obliger à se dépouiller de son âme au fond de nos yeux, à se noyer dans la transparence de sa chair comme une nymphe invisible dont nos yeux découvrent l’éclat dans le charme où ils s’absorbent afin que toute la chair soit comme une pensée dans la lumière de trouver en elle une route où s’éveille sa nudité comme une bouche dans la ténèbre dont la lumière l’habite. »
lundi 24 mars 2014
Conduites atypiques
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| Taille originale : 29,7 x 21 cm |
« Norbert Elias, on le sait, défend une conception radicalement différente de l’action individuelle. Selon lui, la socialisation n’est pas un processus d’uniformisation qui, en “bombardant” le “vrai moi” des individus, s’efforcerait de gommer leurs caractéristiques singulières pour les rendre le plus semblables possible aux autres membres de leur société. Tout au contraire, elle est justement le processus qui permet aux hommes et aux femmes de devenir dès l’enfance des êtres singuliers, distincts de tous les autres. Cette façon d’envisager les conduites singulières des individus constitue un renversement radical par rapport à la conception que Margaret Mead et Elena Gianini Belotti développent dans leurs ouvrages respectifs. Elle revient en effet à considérer que les conduites atypiques à l’intérieur d’un groupe ne résultent pas de la résistance que les individus — poussés par leurs “penchants naturels” ou par leur “tempérament” — opposeraient aux influences sociales dont ils sont l’objet, mais qu’elles sont tout entières le produit de ces influences.
Partageant cette idée que les conduites atypiques ne sont pas ce qui “persiste”, ce qui “survit” ou ce qui “résiste” des dispositions naturelles de l’individu en dépit de la socialisation dont il est l’objet, mais qu’elles sont un produit de cette socialisation elle-même, on a jugé fructueux d’inclure l’analyse de ces conduites dans l’objet de la recherche. Pour qui les conçoit de cette manière, les conduites atypiques à l’intérieur d’une classe sexuelle sont en effet particulièrement intéressantes à étudier dans une enquête sur la socialisation de genre. En donnant à voir ce qui, dans la socialisation d’un enfant, peut entraver l’acquisition des dispositions conformes à son genre ou produire des dispositions caractéristiques de l’autre classe sexuelle, l’étude de ces conduites atypiques peut éclairer utilement les processus qui sont à l’œuvre dans la construction sociale des dispositions sexuées. »
vendredi 21 mars 2014
Code moral
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| Faire montre d'ouverture d'esprit taille des dessins originaux : 29,7 x 21 cm et 21 x 29,7 |
« Les hommes ont tendance à prendre l’avortement à la légère ; ils le regardent comme un de ces nombreux accidents auxquels la malignité de la nature a voué les femmes : ils ne mesurent pas les valeurs qui y sont engagées. La femme renie les valeurs de la féminité, ses valeurs, au moment où l’éthique mâle se conteste de la façon la plus radicale. Tout son avenir moral en est ébranlé. En effet, on répète à la femme depuis son enfance qu’elle est faite pour engendrer et on lui chante la splendeur de la maternité ; les inconvénients de sa condition — règles, maladies, etc. —, l’ennui des tâches ménagères, tout est justifié par ce merveilleux privilège de mettre des enfants au monde. Et voilà que l’homme, pour garder sa liberté, pour ne pas handicaper son avenir, dans l’intérêt de son métier, demande à la femme de renoncer à son triomphe de femelle. L’enfant n’est plus du tout un trésor sans prix ; engendrer n’est plus une fonction sacrée : cette prolifération devient contingente, importune, c’est encore une des tares de la féminité. La corvée mensuelle de la menstruation apparaît en comparaison comme bénie : voilà qu’on guette anxieusement le retour de cet écoulement rouge qui avait plongé la fillette dans l’horreur ; c’est en lui promettant les joies de l’enfantement qu’on l’avait consolée. Même consentant à l’avortement, la femme le ressent comme un sacrifice de sa féminité : il faut que définitivement elle voie dans son sexe une malédiction, une espèce d’infirmité, un danger. Cependant, au même moment où l’homme pour mieux réussir son destin d’homme demande à la femme de sacrifier ses possibilités charnelles, il dénonce l’hypocrisie du code moral des mâles. Ceux-ci interdisent universellement l’avortement ; mais ils l’acceptent singulièrement comme une solution commode. » (1949)
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| Démolition… |
dimanche 2 mars 2014
Dans l'ombre je te vois divinement pâlir
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| taille originale : 29,7 x 21 cm Premier état |
« J'adore la langueur de ta lèvre charnelle
Où persiste le pli des baisers d'autrefois.
Ta démarche ensorcelle,
et la perversité calme de ta prunelle
A pris au ciel du nord ses bleus traîtres et froids.
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| Deuxième état |
Le soir voluptueux a des moiteurs d'alcôve;
Les astres sont comme des regards sensuels
Dans l'éther d'un gris mauve,
Et je vois s'allonger, inquiétant et fauve,
Le lumineux reflet de tes ongles cruels.
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| Troisième état |
Sous ta robe, qui glisse en un frôlement d'aile,
Je devine ton corps, — les lys ardents des seins,
L'or blême de l'aisselle,
Les flancs doux et fleuris, les jambes d'Immortelle,
Le velouté du ventre et la rondeur des reins. »
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| Montage numérique |
mardi 14 janvier 2014
L'abandon des corps
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| En situation taille originale : 29,7 x 21 cm |
« Lorsque deux systèmes de représentation sont en dysharmonie, l'interprétation de la réalité peut prendre des tournures parfois cocasses. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les occasions de rencontres amoureuses entre Américains et jeunes Anglaises se multiplièrent et celles des désaccords aussi. Un sérieux malentendu sembla persister longtemps entre les deux partis qui s'accusaient mutuellement de manquer de délicatesse en amour. Si l'on examine, afin d'éclaircir ce mystère, le détail du jeu de la séduction dans les deux cultures, on peut considérer que, du premier regard à la consommation sexuelle, il y a une trentaine d'étapes intermédiaires. Or, l'ordre de ces étapes n'est pas le même selon qu'on l'examine du point de vue britannique ou nord-américain. La place du baiser en particulier est très différente. Alors que les Américains considèrent qu'il s'agit d'une étape normale du flirt qui n'implique que peu de choses quant à l'abandon des corps, les Anglaises, au contraire estiment qu'il ne s'agit pas d'un acte anodin, mais qu'il véhicule une charge érotique très importante. En d'autres termes, le baiser n'intervient pas ordinalement au même niveau dans les deux cultures. Alors que les Américains tentent très rapidement d'embrasser leur conquête potentielle, les Anglaises se sentent lésées d'un certain nombre d'étapes nécessaires au consentement. Elles se croient confrontées, en acceptant d'embrasser, à l'urgence d'une décision grave, tandis que l'Américain ne voit là que badineries.
Dans ces conditions, l'incompréhension ne peut être que grande car, alors que le jeune homme ne s'attend a rien d'autre qu'à un innocent baiser, la probabilité est importante que la jeune femme décide de rompre ou s'offre tout entière. Dans les deux cas de figure, le soldat ne pourra que juger ce comportement indigne, tandis que la jeune femme sera persuadée d'avoir affaire à un rustre (à qui elle peut céder éventuellement). »
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| Premier état |
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| Deuxième état |
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| Troisième état |
jeudi 2 janvier 2014
L'exotisme sexuel
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| taille originale : 29,7 x 21 cm |
« Mais, à partir du XVIe siècle, la relation des bizarreries sexuelles des populations lointaines s’adjoignit un tout autre sens ; les multiples récits de voyage, souvent grossis d’une tradition antique ou médiévale, firent éclore un véritable goût de l’exotisme sexuel, appelé à la fois par le plaisir de la transgression par procuration et par une affirmation du relativisme des mœurs et des doctrines. Ce dernier aspect est particulièrement net à la fin du XVIe siècle, lorsque le choc des guerres de religion induisit un doute général sur l’universalité de la vérité : le domaine de la certitude tendait à perdre ses zones externes (les rites, les comportements et même les dogmes) pour se restreindre à l’espace intérieur de la foi individuelle. »
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| taille originale : 29,7 x 21 cm |





























