lundi 30 mars 2026

Capitulation générale

Mansplaining ?
Taille originale : 24 x 37,8 cm
« Ça m’a quand même pris trois ans, mais j’étais assez intelligent pour savoir qu’il fallait absolument qu’elle devienne ma femme. Et on s’en sortait bien, tous les deux, essentiellement parce que j’avais très vite compris le secret des mariages qui marchent : la capitulation générale. J’avais découvert qu’essayer de débattre avec Lita était une très mauvaise stratégie. Lui donner des ordres était une très, très mauvaise stratégie. La seule chose qui marchait, c’était la reddition : ce que Lita veut, Lita l’obtient. Ça marchait d’autant mieux que quand je me rendais sans condition et que j’implorais sa clémence, Lita avait l’habitude d’accorder une amnistie et de revenir d’elle-même à une position de compromis. Évidemment, elle était maline ; quand je commençais à dire que j’étais d’accord avec elle et à abandonner toute résistance, elle me traitait de petite lavette, mais avec ce seul résultat qu’on se mettait à rigoler tous les deux.
Avec les années, je me suis rendu compte que pour tous les êtres humains, avoir raison, c’est une mauvaise stratégie. Plus je suis convaincu d’avoir raison, plus je rends les autres autour de moi malheureux, plus je me rends moi-même malheureux. Si j’aime bien débiter des conneries, c’est que, justement, pendant que je les radote, il n’y a aucune chance que je m’imagine avoir raison.
Donc, après notre mariage, j’ai été raisonnable, je me suis calmé, j’ai économisé mon fric et je me suis acheté un bateau au lieu de continuer à trimer sur celui d’un autre. Après, on a eu deux mômes, et je suis devenu l’adorable ours mal léché que je suis aujourd’hui, et nous avons vécu heureux.
Ouais, ouais, c’est ça… »
« Il est temps de reconnaître la pornographie comme une forme d'art à part entière. […] Les femmes doivent être respectées, protégées et se sentir en sécurité. Nous pouvons admirer les femmes tout en garantissant toujours leur sécurité. » (traduction)

 

« Rubrique des faits divers
Le principal candidat du Parti républicain
Se déclare en faveur de l’argent
(Riyad, Arabie Saoudite, 28 juillet)
Le principal candidat aux primaires du Parti républicain, qui se trouve actuellement en Arabie Saoudite, a déclaré aujourd’hui qu’il était en faveur de l’argent.
“Notre grande nation ne se porte pas bien”, a-t-il dit lors d’un discours prononcé devant les membres de l’Association saoudienne pour le pétrole et les profits. “Il y a une raison à cela : notre président ne comprend pas, refuse d’accepter que ce qui a fait la grandeur des États-Unis, c’est l’argent.”
Le charismatique candidat a ensuite expliqué que l’argent devait absolument être la seule et unique source de motivation du peuple, à moins de voir le capitalisme américain moderne tomber en désuétude.
“Tous les plus grands penseurs, d’Adam Smith à Ronald Reagan et à Rush Limbaugh, savent que le plus pur égoïsme économique - c’est-à-dire la recherche d’argent - permet le bon fonctionnement du capitalisme. S’il fallait que nos citoyens et nos entreprises, au lieu de chercher à satisfaire leur propre égoïsme économique, se contentent de faire ce que recommandent les Démocrates les plus radicaux, par exemple s’inquiéter de la santé des travailleurs, de l’intérêt général, de la qualité de l’environnement, des inégalités sociales, le système s’enrayerait et notre pays perdrait de son autorité morale.”
Pendant la séance de questions, on lui a demandé s’il envisageait juste de réduire les impôts des riches tout en sabrant dans les programmes destinés à soulager les maux des pauvres ; le richissime candidat a donné une réponse éloquente et a indiqué que la prospérité de ceux qui ont du succès permet seule de soulager, éventuellement, les souffrances des autres.
“Si la pauvreté sévit en notre belle nation, a-t-il dit, c’est seulement parce que les impôts trop élevés restreignent la liberté de tous ces millionnaires qui triment avec tant d’acharnement. Je compatis sincèrement avec les souffrances des pauvres, c’est d’ailleurs précisément pour cette raison que j’ai consacré ma vie à accumuler le plus d’argent possible. Je me permets d’ailleurs de vous rappeler qu’il s’agit du devoir de tout bon citoyen américain. Je voulais que les autres puissent à terme, et indirectement, bénéficier de mes efforts pour m’enrichir.”
“Il n’y a rien de mal, a-t-il ajouté, à ce que des œuvres de bienfaisance ou des travailleurs sociaux ou tout autre organisme bien intentionné fassent des choses pour aider les pauvres, mais à la seule condition qu’ils soient payés pour le faire. Aider un autre être humain, aider votre prochain sans recevoir de compensation économique détruit les fondements de la libre entreprise et donc de toute notre existence. Ces gens-là veulent semer la ruine dans notre grand pays.” »

samedi 21 mars 2026

Stop tassa etica

éthique hypocrite, moralisme discriminatoire

Soutenez l'action de Valentina Nappi (et de bien d'autres) :

« La présente proposition de loi [italienne] vise à supprimer la “taxe éthique”, une surtaxe de 25 % sur l’IRPEF [Impôt sur les revenus des personnes physiques] et l’IRES [Impôt sur les sociétés] qui est appliquée aux revenus provenant d’activités tout à fait licites dans le secteur pornographique. Introduite en 2006, il s’agit d’une taxe supplémentaire qui, pour les personnes travaillant dans ce domaine, s’ajoute aux autres impôts ordinaires déjà dus. Elle entraîne un traitement fiscal discriminatoire fondé non pas sur la capacité contributive, mais sur une évaluation morale du contenu de l’activité professionnelle exercée. Cette approche est contraire aux principes fondamentaux de l’ordre constitutionnel : la laïcité de l’État, qui impose la neutralité vis-à-vis des choix moraux individuels; l’égalité fiscale, qui interdit toute discrimination arbitraire entre les contribuables; la liberté d’expression et le principe de la capacité contributive, selon lequel chacun doit contribuer aux dépenses publiques proportionnellement à son revenu. La taxe éthique frappe en effet les travailleuses et les travailleurs qui exercent une activité légale non pas en fonction de ce qu’ils gagnent, mais de ce qu’ils produisent, transformant le fisc en un instrument de jugement éthique et de stigmatisation sociale. La proposition vise donc à rétablir un système fiscal équitable, neutre et conforme aux principes constitutionnels, en supprimant une mesure punitive qui ne protège aucun intérêt public et qui constitue un dangereux précédent dans l’utilisation du levier fiscal comme instrument de contrôle moral. »
stoptassaetica.it

jeudi 19 mars 2026

Comme une voyeuse

Drôle de pub
« — Nene, laisse-la partir, dis-je, comprenant qu’Ira ne plaisantait pas.
— Non, non, notre Irine veut aussi un baiser, hein, hein, c’est pas vrai ? insista Nene. Tu veux que je te montre comment on fait ? Je peux t’apprendre, il paraît que j’embrasse très bien !
Et, sans attendre de réponse, elle s’approcha d’Ira, se hissa sur la pointe des pieds comme elle l’avait décrit quelques minutes plus tôt et embrassa sa meilleure amie. Elle l’embrassa avec une ferveur, une passion qui n’était pas de son âge. Je les fixais comme une voyeuse, sans savoir ce qui me fascinait le plus — le talent de Nene ou le fait qu’elle donna la preuve de son talent avec notre amie. Je restais là, figée, les yeux écarquillés, ne pouvant me détacher de ce spectacle : deux personnes radicalement différentes se donnaient quelque chose et se le retiraient en même temps, l’une procurant à l’autre une joie fugace tout en la contaminant d’un mal fatal qui s’enracina instantanément. »

mercredi 18 mars 2026

Le désir et la panique

Taille originale : 24 x 32 cm
« J’entends les serments d’amour qu’il me chuchote à l’oreille, pendant une fraction de seconde je crois le sentir à côté de moi, je l’entends me dire à quel point je suis aimable, je baigne dans ce sentiment, je me sens rentrer le ventre, me faire toute petite, m’adapter à lui, je sens tout mon corps se contracter, et je regarde autour de moi, avec la sensation que les gens qui sont là m’ont surprise dans un jeu érotique.
Il s’allongea sur moi et notre poids nous enfonça profondément dans le lit. Je l’aimais, je le compris à ce moment-là, je l’aimais horriblement, d’un amour déchirant, comme on ne peut aimer que la première fois. Je voulais le retenir, le garder avec moi, tout le reste était absurde et contraire à toute loi. Mes pensées partaient au galop tandis que mon corps luttait encore avec le désir et la panique. Moi aussi, j’étais prête à entrer dans ce réduit sans lumière pour être avec lui. C’était absurde de se refuser à cette intimité. Il proférait des espèces de grognements, et je regardais vers la porte de peur que l’une des baboudas [grands-mères] ne débarque sans prévenir. Je sentis sa main glisser dans mon collant, écarter mes cuisses, j’enfouis mon visage dans son cou et je m’agrippai à lui.
— Je t’aime, Keto ! dit-il tout à coup, ce qui me fit pleurer.
Je pleurais sans bruit, il ne voyait pas mes larmes, ne les entendait pas, je pleurais de soulagement. Ma main glissa vers son pantalon, j’ouvris la fermeture Éclair, excitée par l'étrangeté de son corps ; ma curiosité était infinie. Je me dégageai, le laissai se tourner sur le dos et m’assis sur lui. Il me regarda avec confusion, les yeux embués, sidéré par mon énergie. Je ne voulais plus attendre, espérer, trembler, je ne voulais pas dépendre de sa bonne grâce, je voulais décider les choses moi-même et disposer de lui, exactement comme lui disposait de moi. Lorsque je lui retirai son pantalon, il me repoussa et me regarda d’un air ahuri.
— Qu’est-ce que tu fais, là ?
Je ne comprenais pas sa question.
— Je te touche, dis-je en regrettant aussitôt mon impatience.
Taille originale : 32 x 24 cm
J’essayais de suivre l’enchaînement de ses pensées. Il n’arrivait pas à cerner mon attitude, mon désir ; on lui avait inculqué que les femmes devaient être patientes, dévouées, ne devaient rien prendre mais toujours donner. Je sentis la consternation m’envahir de nouveau, une colère noire s’emparer de moi, suivie d’une amertume haineuse.
— Tu ne dois pas faire ça..., dit-il d’une voix hésitante, maladroit et désemparé.
Même sans beaucoup d'expérience, je sentais bien que la passion meurt dès qu’elle est domestiquée. Pourquoi ne comprenait-il pas cela ? 11 restait coincé dans cette impasse de suppositions idiotes et de conclusions dangereuses. — Mais moi j’en ai envie, répliquai-je avec l’assurance que me donnait ma colère.
Puis je l’embrassai avec fougue et exigence. Il était tellement pris au dépourvu qu’il capitula. Je me rassis sur lui, mais je n’eus pas le temps de me déshabiller complètement qu’il émit un son animal, comme une sorte de révolte, une protestation venue des tréfonds. Il tressaillit et s’enfonça dans le creux du lit.
Nous ne dîmes rien pendant un moment. Nous ne bougions pas. Notre respiration se calmait peu à peu. Je n’osais pas le regarder. Je n’osais pas le toucher. Dans la cuisine, quelqu’un ouvrit le robinet. — Toutes les femmes ne sont pas comme tu les imagines peut-être.
C’était une timide tentative d’engager une conversation sur ce qui s’était passé, mais il ferma aussitôt le verrou.
— Il faut que j’y aille, dit-il.
— Je sais.
— On se voit demain.
— Oui. »
Pornification de l’espace public ?