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mercredi 18 octobre 2023

Un coup de folie charnelle passant sur la ville

Galerie
« Cependant, il y avait de bonnes aubaines, des louis attrapés avec des messieurs bien, qui montaient en mettant leur décoration dans la poche. Satin surtout avait le nez. Les soirs humides, lorsque Paris mouillé exhalait une odeur fade de grande alcôve mal tenue, elle savait que ce temps mou, cette fétidité des coins louches enrageaient les hommes. Et elle guettait les mieux mis, elle voyait ça à leurs yeux pâles. C’était comme un coup de folie charnelle passant sur la ville. Elle avait bien un peu peur, car les plus comme il faut étaient les plus sales. Tout le vernis craquait, la bête se montrait, exigeante dans ses goûts monstrueux, raffinant sa perversion. Aussi cette roulure de Satin manquait-elle de respect, s’éclatant devant la dignité des gens en voiture, disant que leurs cochers étaient plus gentils, parce qu’ils respectaient les femmes et qu’ils ne les tuaient pas avec des idées de l’autre monde. La culbute des gens chics dans la crapule du vice surprenait encore Nana, qui gardait des préjugés, dont Satin la débarrassait. Alors, comme elle le disait, lorsqu’elle causait gravement, il n’y avait donc plus de vertu ? Du haut en bas, on se roulait. Eh bien ! ça devait être du propre, dans Paris, de neuf heures du soir à trois heures du matin ; et elle rigolait, elle criait que, si l’on avait pu voir dans toutes les chambres, on aurait assisté à quelque chose de drôle, le petit monde s’en donnant par-dessus les oreilles, et pas mal de grands personnages, çà et là, le nez enfoncé dans la cochonnerie plus profondément que les autres.
Ça complétait son éducation. »
« Je ne veux pas que tu cries chez moi… Mets bien dans ta caboche que j’entends être libre. Quand un homme me plaît, je couche avec. Parfaitement, c'est comme ça… Et il faut te décider tout de suite : oui ou non, tu peux sortir. »

Une autre mise en scène…

lundi 29 novembre 2021

Regard mauvais, regard mâle…

Taille originale : 21 x 29,7 cm

— Tu ne peux pas nier que dans la pornographie, les femmes sont objectivées sous le regard masculin…
— Au contraire ! C’est là qu’elles sont le mieux traitées en sujets, et bien plus souvent que dans le cinéma courant ! Et je précise — car tu l’oublies — dans la pornographie hétéro…
— Mais enfin, c’est du cinéma fait par des hommes pour des hommes. Alicia te l’a encore dit !
— Justement ! Que veulent les hommes ? Des Vénus alanguies et immobiles ? Des objets de décoration ?
— Ben, oui, des belles femmes…
— Ha ha ! Et tu crois qu’elles sont toutes belles, les actrices pornos, même si je reconnais que c’est un avantage.
— Je ne sais pas. Je ne suis pas un amateur comme toi.
— Tu peux dire un obsédé ! Et ce que j’ai envie de voir, c’est pas une potiche, c’est une femme qui non seulement se donne et s’abandonne pour employer ces expressions désuètes, mais une femme qui a envie de baiser ! non seulement de baiser, mais de se faire enculer, ou d’enculer pourquoi pas ? et puis de sucer une bite ou de lécher un chatte, d’avaler du foutre ou d’en recevoir sur le visage…
— Ne t’excite pas trop : j’ai l’impression que tu vas te toucher la bite sous la table !
— C’est un bon exemple, ça. Une femme qui, debout, commence à caresser la bite dans le pantalon de son partenaire en face d’elle. Tu vois. Elle n’est pas craintive comme une vierge effarouchée perdue dans la forêt…
— Non, je ne vois pas trop.
— Mais si ! C’est le geste qui importe. Elle est décidée, elle est à la manœuvre et elle a envie de toucher la bite sous le tissu, de la sentir gonfler, se raidir, se dresser avant qu’elle ne la prenne en bouche. Il faut qu’on voie l’envie qu’elle en a, son désir à elle.
— Mais c’est de la fiction ! Aucune femme ne se précipite comme ça sur la bite d’un inconnu.
— Si, si. La fiction est vraie, elle fait simplement l’impasse sur la drague, sur les préliminaires qui ne sont pas sexuels, seulement érotiques. On se regarde, on se toise, on se parle par sous-entendus, on s’écrit éventuellement pour les plus lents… et puis enfin on baise, on passe à l’acte. Le porno t’épargne tout ça… Mais une femme t’a déjà caressé la bite ? montré qu’elle avait envie de toi…
— Oui, mais j’ai pas envie de parler de ça. C’est quoi le rapport avec… je ne sais plus quoi… le regard masculin ?

La fin de l’abstraction

— Le regard masculin — celui des réalisateurs, celui des spectateurs en oubliant pour l’instant qu’il y a aussi des réalisatrices et des spectatrices de films pornos —, il n’objectifie pas, il recherche au contraire la subjectivité, celle de l’actrice (dans les films pornos à destination supposée des mâles hétéros, je n’ajouterai pas blancs…), une subjectivité qui traduise le désir, son propre désir. Lacan avait cette formule inlassablement répétée : le désir est le désir de l’Autre. La formule est, comme souvent chez lui, polysémique. Mais on peut l’interpréter notamment dans le sens d’une reconnaissance de l’autre comme sujet (et non pas comme objet, comme un corps seulement) : mon désir porte sur le désir qui est celui l’autre, mon désir est ce désir dont l’autre est porteur, mon désir est d’être désiré par l’autre… Avec bien sûr cette inversion de mon propre désir : le voyeur désire le désir d’exhibition de l’actrice ou de la performeuse ; le maître rêve de la soumission volontaire de l’esclave sexuelle ; le masochiste ne pense qu’au plaisir que sa Maîtresse trouvera à lui casser les couilles…
— On en revient à la domination, un truc fait par les hommes pour les hommes !
— Non, la domination est une forme du désir, sans doute fréquente chez les hommes, mais ce n’est pas la seule. Le caractère universel du désir, c’est le désir de reconnaissance, qui implique que l’autre soit immédiatement reconnu comme sujet. Le corps de l’autre n’est pas objectivé mais au contraire immédiatement subjectivé. Même si je baise avec une poupée gonflable, je rêve non pas qu’elle ait une âme — ce serait trop demander à un morceau de latex — mais qu’elle me donne l’illusion d’être possiblement une femme…
— Tu as déjà baisé avec une poupée gonflable ?
— Mais ce n’est pas la question. La question, c’est le désir de l’autre, la subjectivité de l’autre. Or comment s’exprime la subjectivité ? comment reconnaît-on la subjectivité chez l’autre ?
— Je ne sais pas moi… par la parole, le discours ?
— Sans doute… mais l’enfant qui ne parle pas encore, qui ne comprend pas ce qu’on lui dit, il sait déjà que sa mère est un sujet, et c’est pour cela qu’il pleure, qu’il l’appelle : il sait qu’elle va lui répondre. Le langage est là immédiatement avec les cris de l’enfant, et il agit directement comme un opérateur du désir. C’est ce qu’on retrouve dans les films pornos d’ailleurs. Le plus souvent, on coupe le son parce qu’on trouve les dialogues stupides, mais les cris, les interjections, les formules lapidaires (« Baise-moi ! ») retrouvent cette fonction élémentaire, première, du langage : exprimer le désir de façon jaculatoire dirait Lacan.
— Mais c’est complètement artificiel ! c’est joué ! Il n’y a aucun désir sincère là-dedans ! Même les performeuses parlent de travail… et elles simulent, tout le monde sait ça.
— Sans doute, même s’il faudra que tu m’expliques un peu plus avant comment l’on détermine la sincérité, que ce soit au cinéma ou dans la vraie vie (enfin, vraie…). C’est du travail, mais il y a des travaux plus plaisants que d’autres… Et puis, si elles simulent, que faut-il penser des performeurs qui eux bandent puis éjaculent ? Est-ce aussi de la simulation ?
— Évidemment ! Il paraît qu’ils se font même des injections de je ne sais plus quoi directement dans la bite !
— Et quand tu regardes un mélodrame ou un film de super-héros, est-ce que tu te dis que les actrices ou les acteurs simulent ? Est-ce que cette simulation, leur acting comme disent les Américains, t’empêche d’être ému ou impressionné ? Pourquoi serait-ce différent dans le cinéma porno ? Bien entendu que tout cela est joué, et je me laisse prendre au jeu… Dans les deux cas, on s’identifie aux acteurs ou actrices !
— Donc tu t’identifies aux performeurs masculins !
— Pas du tout. Ce ne sont que des porteurs de bite. Il faut voir les cadrages. La femme est au centre de l’image et les hommes sont repoussés au bord du cadre, juste avec le bas-ventre qui dépasse. C’est évident dans les scènes de bukkake, mais également dans les double ou triple pénétrations où le corps entier de la femme occupe l’essentiel de l’image avec des singes qui semblent accrochés aux quatre coins de l’image. Et il faut voir l’usage des contre-plongées qui visent à associer de la façon la plus proche le sexe et le visage de la performeuse. Son visage est toujours nécessaire.
— Et ça prouve quoi ?
— Mais le visage est le lieu essentiel de la subjectivité. Les gestes aussi 1, comme la main sur la bite dont je parlais tout à l’heure. Mais ce sont les expressions faciales qui traduisent le plus intensément la subjectivité. Et le regard-caméra est une figure essentielle du cinéma porno contrairement au cinéma courant où il est systématiquement évité. Comme le bébé qui ne parle pas encore mais qui recherche le regard de sa mère. Le voyeur est ce bébé qui veut qu’on le regarde. L’actrice se sait regardée et elle regarde le regardeur. C’est cette bascule du regard qui est essentielle pour que le désir soit désir de l’autre. Bien entendu, il n’y a pas de synthèse possible dans cette dialectique de la reconnaissance imaginaire, et aucun pornographe ne croit qu’il pourrait traverser l’écran : le réel résiste bien sûr.
— Question réel, tu oublies que, sur certains tournages, comme l’explique Gaëlle, il y a des violences, toujours à l’encontre des actrices, et ça peut se voir dans certains films où leur visage est en pleurs ou décomposé… Et ce qui est recherché, c’est bien la souffrance, l’humiliation, le désespoir…
— Oui, le sadisme existe et il jouit bien entendu d’une subjectivité tourmentée, innocente de préférence comme la Justine de Sade. Je n’ai pas dit que tous les regards masculins sont innocents. Mais même dans ce cas, le regard du réalisateur et du spectateur n’objectifie pas, au contraire. Il jouit d’une subjectivité souffrante.
— Mais tu trouves ça condamnable, tout de même ! C’est dégueulasse.
— Évidemment. Mais il est malhonnête d’utiliser ces faits criminels comme un prétexte pour condamner la pornographie dans son ensemble 2. Ce rejet viscéral par certains et certaines de la pornographie a d’ailleurs des raisons bien plus enfouies que la défense d’actrices malmenées. Mais ce n’est pas la question.
— Qui est donc ?
— … que la pornographie pour fonctionner doit mettre en scène, même si c’est sur le mode fictionnel, des sujets désirants, qui, dans le cas de la pornographie hétérosexuelle à destination d’un public majoritairement masculin (mais pas que…), sont les actrices.
— Mais tu m’as déjà raconté tout ça en fait. Tu ressasses. » conclut Mike.

Peter termina son verre. Ils se séparèrent.

Emplir l’espace

Tout en marchant, Peter se sentit insatisfait. Il avait raison, il voulait s’en persuader mais il savait aussi que quelque chose d’essentiel manquait à ses propos faussement savants : son propre désir ne lui appartenait pas…

Sur le chemin du retour cependant, au milieu de la nuit, il aperçut venant vers lui un groupe de jeunes gens qu’il perçut comme menaçant. Il voulut les éviter en empruntant un autre chemin et tourna les talons. Les rues étroites du centre-ville étaient malheureusement désertes. En outre, il tournait à présent le dos au petit groupe et n’osait pas même jeter un coup d’œil par-dessus son épaule. Il était déjà trop tard quand ils l’encerclèrent et exigèrent portefeuille et téléphone portable. Il résista à peine et fut immédiatement pris à partie par les bras, par les épaules. Il baissa les yeux, incapable de soutenir le regard de celui qui lui faisait face. Il ne servait à rien de se révolter. Il abandonna les objets demandés. Il dut même donner le code du téléphone (il n’avait pas activé la reconnaissance faciale). Dès qu’ils s’éloignèrent, il fut pris de tremblements où se mêlaient la peur, la colère, le ressentiment. Il fallait à présent aller au commissariat, déclarer la perte des documents d’identité, bloquer les cartes bancaires et le téléphone.

Taille originale : 21 x 29,7 cm

Il rentra chez lui deux heures plus tard, cette fois sans faire de mauvaises rencontres. Finalement, incapable de dormir, dans la demi-obscurité de son bureau, il regarda sur son ordinateur une compilation d’éjaculations faciales. Il était persuadé que ces images de femmes offrant leur visage aux jets de foutre confirmaient indubitablement ses affirmations de la soirée. Bientôt, un groupe d’hommes vint à tour de rôle se masturber à hauteur du visage d’une de ses actrices préférées : elle était attachée en position assise, les bras maintenus derrière le dos, entièrement soumise et disponible. Son attitude, ses gestes, ses paroles, plus que son regard incitaient ses partenaires à éjaculer sans retenue sur elle. Lui-même aurait voulu que l’écran déjà de grandes dimensions occupât tout son champ de vision comme pour le plonger au milieu de ces pitoyables branleurs. L’un des derniers à s’approcher ne parvenait d’ailleurs pas réellement à bander même si elle le suça à plusieurs reprises : il se dressait par instants sur la pointe des pieds, grognait bruyamment, se cognait les genoux de façon épileptique, branlait furieusement sa bite qui restait pourtant à moitié flasque, et il fallut une interruption visible, marquée seulement par une ellipse, pour que misérable parvienne à ses fins.

Encore une fois, le réel se dérobait.

Taille originale : 21 x 29,7 cm

1. « Figurer une action [animale] en la capturant comme un instantané, c’est faire surgir à l’imagination les circonstances qui la causent ou l’accompagnent : ce plongeon qui, le cou tendu vers l’avant, s’éloigne en nageant vivement pour échapper à ce qui l’a alarmé, ce lièvre figé au moment où il s’apprête à bondir, cet ours prêt à assommer un saumon imprudent d’un coup de patte, tous ces animaux que l’on voit entreprendre une action à l’évidence intentionnelle ou répondre comme il se doit à un événement imprévu ne peuvent manquer d’imposer à qui observe leur image l’idée qu’ils sont animés par des buts, qu’ils savent ce qu’ils font, qu’ils réagissent de façon astucieuse aux sollicitations de leur environnement, bref qu’ils sont une intériorité, tout comme les humains. C’est par la figuration du mouvement suspendu que la subjectivité animale, caractéristique de l’animisme, se donne à voir ici. » (Philippe Descola, Les Formes du visible, Seuil, 2021)
2. « La seule question relative à la production qui pourrait se poser est celle de savoir pourquoi la dénonciation des conditions de production de la pornographie aboutit, la plupart du temps, à la condamnation de la pornographie et non à la revendication de meilleures conditions de travail pour les travailleuses et travailleurs de cette industrie. » (Ruwen Ogien, Penser la pornographie. PUF, 2003)
Taille originale : 29,7 x 21 cm

mardi 25 mai 2021

Présentables ?

dick pic

 

« J’vous ai apporté des bonbons
Parce que les fleurs c’est périssable
Puis les bonbons c'est tellement bon


flower picture
Bien qu’les fleurs soient plus présentables
Surtout quand elles sont en boutons »
réaction

lundi 21 juillet 2014

Le jeu dissonant des attributs…

Taille des dessins originaux: 29,7 x 21 et 21 x 29,7 cm

« S’il est possible de parler d’un “homme” ayant un attribut masculin et de comprendre cet attribut comme l’un de ses traits, heureux mais accidentels, on peut alors aussi parler d’un “homme” ayant un attribut féminin, quel qu’il soit mais tout en maintenant l’intégrité du genre. Mais une fois que l’on se défait de l’idée que l’homme et la femme préexistent comme des substances durables, il n’est plus alors possible de subordonner les traits dissonants du genre à autant de caractéristiques secondaires et accidentelles d’une ontologie de genre qui reste fondamentalement intacte. Si l’idée d’une substance durable est une construction fictive produite par la mise en ordre obligatoire des attributs en séquences de genre cohérentes, il semble alors que le genre en tant que substance, la viabilité de l’homme et de la femme comme noms sont mis en cause par le jeu dissonant des attributs qui ne sont pas conformes aux modèles séquentiels ou causaux d’intelligibilité.
Dans un coin de musée…
En ce sens, le genre n’est pas un nom, pas plus qu’il n’est un ensemble d’attributs flottants. Dans la tradition héritée de la métaphysique de la substance, le genre se révèle performatif — c’est-à-dire qu’il constitue l’identité qu’il est censé être. Ainsi le genre est toujours un faire, mais non le fait d’un sujet qui précéderait ce faire. »
…ou ailleurs

samedi 24 mars 2012

Une reconnaissance intime

taille originale : 27 x 36 cm
« Son art trahit l’apparition d’une sorte de sensualisme cérébral qu’on voit apparaître à la même heure chez tous ses contemporains. On oublie peu à peu la charpente profonde pour caresser par le désir la surface des formes, comme la surface des visages par l’intention psychologique. Quand la statue reste vêtue, les robes se font plus légères qu’une brise sur l’eau. Mais, pour la première fois, la statuaire grecque dévoile tout à fait la femme, dont la forme est surtout significative par les frémissements de sa surface comme la forme masculine qui lui avait dicté sa science l’est avant tout par la logique et la rigueur de sa structure. Pour la première fois, il rejette les étoffes, il exprime sans voiles l’ascension mouvante des torses, l’animation des plans que la lumière et l’air modèlent en frissons puissants, la jeunesse des poitrines, la vigueur des ventres musculeux, le jet pur des bras et des jambes. Il parle du corps de la femme comme on n’en avait jamais parlé, il le dresse et l’adore dans sa rayonnante tiédeur, ses ondulations fermes, dans sa splendeur de colonne vivante où la sève du monde circule avec le sang. Et si nous avons pour Praxitèle une reconnaissance intime, un sentiment attendri, c’est qu’il nous a appris que le corps féminin, par sa montée dans la lumière et la fragilité émotionnante du ventre, des flancs, des seins où sommeille notre avenir, résume l’effort humain dans son invincible idéalisme exposé à tant d’orages. Il est impossible de voir certaines de ces statues brisées, où le torse jeune et les longues cuisses survivent seules, sans être déchiré d’une tendresse sainte. »

samedi 5 février 2011

Un ressort singulier dans ce membre


dessin erotique pornographique fellation
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taille des dessins originaux : 29,7 x 42 cm

« Entrons dans quelques détails de ces ressorts de la machine humaine. Tous les mouvements vitaux, animaux, naturels et automatiques se font par leur action. N’est-ce pas machinalement que le corps se retire, frappé de terreur à l’aspect d’un précipice inattendu ? que les paupières se baissent à la menace d’un coup, comme on l’a dit ? que la pupille s’étrécit au grand jour pour conserver la rétine, et s’élargit pour voir les objets dans l’obscurité ? n’est-ce pas machinalement que les pores de la peau se ferment en hiver, pour que le froid ne pénètre pas l’intérieur des vaisseaux ? que l’estomac se soulève, irrité par le poison, par une certaine quantité d’opium, par tous les émétiques, etc. ? que le cœur, les artères, les muscles se contractent pendant le sommeil, comme pendant la veille ? que le poumon fait l’office d’un soufflet continuellement exercé ? n’est-ce pas machinalement qu’agissent tous les sphincters de la vessie, du rectum, etc. ? que le cœur a une contraction plus forte que tout autre muscle ? que les muscles érecteurs font dresser la verge dans l’homme comme dans les animaux qui s’en battent le ventre, et même dans l’enfant, capable d’érection, pour peu que cette partie soit irritée ? Ce qui prouve, pour le dire en passant, qu’il est un ressort singulier dans ce membre, encore peu connu, et qui produit des effets qu’on n’a point encore bien expliqués, malgré toutes les lumières de l’anatomie.
Pourquoi la vue ou la simple idée d’une belle femme nous cause-t-elle des mouvements et des désirs singuliers ? Ce qui se passe alors dans certains organes, vient-il de la nature de ces organes ? Point du tout ; mais du commerce et de l’espèce de sympathie de ces muscles avec l’imagination. Il n’y a ici qu’un premier ressort excité par le bene placitum des Anciens, ou par l’image de la beauté qui en excite un autre, lequel était fort assoupi, quand l’imagination l’a éveillé : et comment cela, si ce n’est dans le désordre et le tumulte du sang et des esprits, qui galopent avec une promptitude extraordinaire, et vont gonfler le corps caverneux ? »
un peu d'animation…

Quand un train file dans la nuit…

dessin erotique pornographique penetration
 
dessin erotique pornographique penetration
 
dessin erotique pornographique penetration
taille originale des dessins : 36 x 27 cm 

« Du fond de mon cœur des larmes me viennent
Si je pense, Amour, à ma maîtresse ;
Elle n'est qu'une enfant, que je trouvai ainsi
Pâle immaculée, au fond d'un bordel.
Ce n'est qu'une enfant, blonde, rieuse et triste,
Elle ne sourit pas et ne pleure jamais ;
Mais au fond de ses yeux, quand elle vous y laisse boire,
Tremble un doux lys d'argent, la fleur du poète.
Elle est douce et muette, sans aucun reproche,
Avec un long tressaillement à votre approche ;
Mais quand moi je lui viens, de-ci, de-là, de fête,
Elle fait un pas, puis ferme les yeux — et fait un pas.
Car elle est mon amour, et les autres femmes
N'ont que des robes d'or sur de grands corps de flammes,
Ma pauvre amie est si esseulée,
Elle est toute nue, n'a pas de corps — elles est trop pauvre.
Elle n'est qu'une fleur candide, fluette,
La fleur du poète, un pauvre lys d'argent,
Tout froid, tout seul, et déjà si fané
Que les larmes me viennent si je pense à son cœur.
Et cette nuit est pareille à cent mille autres quand un train file dans la nuit
— Les comètes tombent —
Et que l'homme et la femme, même jeunes, s'amusent à faire l'amour. »

dimanche 2 janvier 2011

100 ou la fin des chefs d'œuvre ?

dessin erotique pornographique sodomie
taille du dessin original : 42 x 29,7 cm


« Les nouvelles formes de pratique artistique — la performance, l'art conceptuel ou l'installation vidéo — révèlent une volonté de se libérer des contradictions imposées par la contrainte de produire une œuvre, contrainte qui avait soumis les artistes avant-gardistes les plus radicaux à la tyrannie de l'œuvre unique et convaincante. Les artistes cherchèrent donc à éviter de faire des œuvres soit en écrivant des textes, soit en faisant des entrées sur scène. Ce faisant, ils ne cessèrent pas toutefois de faire de l'art ; il s'agissait simplement d'un art autre, libéré du canon de l'œuvre et des contraintes qui y étaient reliées. »

Il semblerait que ce soit le centième message que je publie sur ce blog… Aucun des dessins publiés ne prétend sans doute au statut de chef d'œuvre : je me contenterai quant à moi de craboudjas, de gribouillis, de crobards et autres graffitis.

mercredi 15 décembre 2010

Dessin érotique…

dessin erotique

Il s’agit d’un des rares dessins de ce blog qui ne soit pas sexuellement explicite. On pourrait donc le qualifier d’érotique, mais je n’aime pas la distinction entre érotique et pornographique comme s’il était possible de fixer une limite objective entre ces deux domaines. À l’inverse, je ne crois pas non plus qu’il n’y ait pas de limite et que la pornographie soit simplement, selon une célèbre formule, l’érotisme des autres.
Je pense en effet que la pornographie joue sur une limite qui existe chez tous les individus, même si elle est extrêmement variable et diverse. Car, sans cette limite, il n’y aurait pas d’excitation voyeuriste : érotisme et/ou pornographie dévoilent une réalité habituellement cachée, montrent une sexualité qui ne devrait pas s’afficher, exhibent des corps, des gestes, des postures normalement invisibles, et c’est bien cette exhibition qui crée l’excitation, le désir, le trouble chez le spectateur. Mais, pour chacun de nous, cette limite est flottante, car au-delà d’un certain point, le dévoilement bascule dans un obscénité insoutenable, ce que l’on traduit alors par des expressions comme « c’est de la viande », « c’est vulgaire, laid, répugnant ou dégueulasse », ou encore « c’est toujours la même chose et sans intérêt »…
Cette limite au-delà de laquelle on bascule dans l’insoutenable ou le non-regardable est souvent celle des perversions « extrêmes » (scatologie, zoophilie, gérontophilie…), mais elle est éminemment variable selon la subjectivité individuelle puisque ces pratiques sont effectivement représentées dans des sous-genres spécialisés de la pornographie actuelle, appréciés par certains spectateurs sans doute minoritaires. À l’autre extrême des sensibilités, on trouve des personnes qui ne supportent même pas l’exhibition du sexe féminin considéré comme « laid », « pas joli », « moche » (comme cela s’écrit notamment sur des forums féminins, mais, contrairement à ce que l’on pense trop souvent, certains hommes sont également allergiques à toute espèce de pornographie, même la moins « osée »).
Il ne s’agit cependant pas de simples « préjugés », et chacun de nous, je pense, peut être confronté à une image qui « va trop loin », qui n’est pas regardable… Il est donc très difficile que les personnes s’accordent sur ce qui serait érotique et/ou pornographique, car ce qui est révélation excitante pour l’une est facilement perçu par l’autre comme réalité crue et obscène. Et surtout l’excitation liée éventuellement à ces images naît non pas de la réalité représentée (ou pas seulement) mais du fantasme, de l’imaginaire qu’elle éveille en nous (et parfois malgré nous). Il y a évidement une part essentielle de projection fantasmatique dans l’image pornographique qui est indispensable à son fonctionnement, et ce mécanisme de projection fragile et variable selon les individus risque aussi à tout moment d’être confronté à une « réalité » (sexuelle) insoutenable.
J’évoque ici cette question car l’art a une stratégie propre pour atténuer cette obscénité inhérente à l’exhibition sexuelle, à savoir l’esthétisation de la réalité. Ainsi, même au dix-neuvième siècle prude et bourgeois, la nudité (surtout féminine) a pu être largement représentée en peinture, sans doute avec une grande hypocrisie (la mythologie grecque et l’Orient de pacotille avaient bon dos), mais grâce surtout à une beauté qui « déréalisait » les corps ainsi exhibés. Cette tendance à l’esthétisation est d’ailleurs toujours présente en photographie ou au cinéma qui, « sous le voile de la beauté », peuvent aujourd’hui représenter de façon explicite des formes diverses de sexualité. On peut penser, parmi beaucoup d’autres, à un artiste comme Mapplethorpe qui photographiait les sexes comme des fleurs orientales, mais on constate que les grands producteurs américains de pornographie privilégient également une telle recherche esthétique dans leurs réalisations (qu’on qualifie facilement de « léchées »). À l’inverse, beaucoup de productions européennes ont préféré jouer la carte du caractère brut, « amateur », sans artifice, de leurs images où ressort alors le caractère « obscène » de la réalité.
Aujourd’hui, alors que l’art érotique et/ou pornographique n’est évidemment plus contraint à la clandestinité, les artistes sont, me semble-t-il, confrontés à ce dilemme d’une esthétisation (plus ou moins plaisante) de la sexualité et des corps sexuels, qui risque alors de se complaire dans le beau, le joli ou le gracieux, au détriment de la puissance d’ébranlement de l’obscène.

Petite mise à jour

Mais quand on franchit la limite… >
Piété populaire
Figure sacrificielle ?
Foutredieu !
Taille originale : 29,7 x 21 cm

dimanche 14 novembre 2010

Cela ne mérite-t-il pas d'être publié?

Voici de quoi égayer la lecture de nos journaux… Faudra-t-il cependant parler de presse de caniveau?

art erotique rire
taille originale du dessin : 33,8 x 23,8 cm
(photomontage)