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lundi 5 septembre 2016

Pénétration d'esprit

dessin pornographique sodomie homosexuelle masculine
Main gauche
taille originale : 21 x 29,7 cm

Il regarda le café autour d'eux, pratiquement vide à cette heure de l'après-midi. Les étudiants, qui fréquentaient habituellement les lieux, étaient largement absents en cette période de rentrée scolaire. Adeline lui demanda : « Mais ça te fait quoi, la sodomie ? Tu ressens quoi… à ce moment-là ? » Il réprima un léger sourire, pensant: « Tu veux dire : quand je me fais enculer ? »

Il répondit lentement, longuement, comme si chacune de ses explications devait rendre compte de l'infinie complexité qu'il apercevait derrière le moindre fragment de réalité, aussi minime et dérisoire cela pouvait-il sembler de prime abord.

« Il y a trois phases en fait. Il y a d'abord une période d'excitation. Non, je n'ai pas envie de me faire enculer comme ça, à froid, à n'importe quel moment. Il faut que quelqu'un, quelque chose m'excite. Ça peut être un film porno, une simple image érotique, mais plus surement la présence d'une femme. Je suis couché, simplement allongé avec une femme, à côté d'une femme, et du désir se manifeste chez moi, chez elle. J'ai envie de la voir nue, j'ai envie de la caresser, j'imagine mes doigts se glissant dans sa chatte trempée. Quelque chose passe. Une connexion entre elle et moi. Je bande. Je lui montre que je bande. J'ouvre mon pantalon ou elle l'ouvre. J'ai envie de lui montrer ma bite. Elle se déshabille avant ou après moi, cela n'a pas d'importance, mais elle a envie d'être nue et moi aussi. Cela m'excite de la voir nue, cela m'excite de voir ses seins s'échapper du soutien-gorge et glisser vers moi. Je les caresse, je les soulève, elle préfère peut-être que je caresse ses fesses ou ses cuisses, mes mains se posent sur ses fesses, je rêve de son cul, de sa bouche aussi. Je le lui dis, je lui dis que je veux jouir dans sa bouche. Ou dans son cul. J'ai envie de quelque chose d'intense, qu'elle se donne complètement, sans limite. Il faut qu'elle s'ouvre, qu'elle ouvre son cul et sa chatte, que je m'enfonce en elle, au plus profond. J'ai envie d'être complètement nu. J'ai envie qu'elle voie combien j'ai envie d'elle, à quel point je bande, à quel point elle me fait bander. Je n'ai pas honte de lui montrer ma bite et mes couilles, et mon cul aussi. Je veux qu'elle me regarde, qu'elle regarde comment je m'exhibe de façon bien obscène, qu'elle regarde le trou de mon cul, mon anus distendu et offert. C'est comme cela que le désir vient, le désir de me donner à elle entièrement, de me faire prendre, de me soumettre à son désir, à son emprise, de me faire enculer à mon tour.

C'est elle qui décide (même dans les rêves ou les fantaisies imaginaires). Elle a envie de m'enculer, de me prendre, de me défoncer, de me soumettre, de faire de moi sa chienne. Elle ne rit pas, elle veut vraiment me défoncer le cul, pouvoir dire qu'elle m'a sodomisé sans hésiter. Elle est très sérieuse et elle attache fixement le gode à ses hanches. Elle me veut à quatre pattes devant elle. J'ouvre mon cul. C'est la deuxième phase, beaucoup plus physique. Il faut que je sente le gode rentrer, m'écarteler, me défoncer. J'ai pris l'habitude de m'enfoncer des plugs de plus en gros, mon anus est distendu, il prend facilement un engin de petite dimension, il me faut quelque chose de plus gros, que je le sente passer, que ce soit dur à passer, que ça ne rentre que lentement, difficilement, avec peine. Il faut que je lui montre que je me donne entièrement, que je me soumets sans restriction, que je suis une vraie salope qui aime se faire prendre dans le cul. Ça rentre très progressivement avec des allers-retours. Ça ne peut pas rentrer d'un coup, ça devient douloureux, mais ça doit être un peu douloureux. C'est un viol, un viol du cul, un viol consenti, mais une violence faite à mon cul, pour prouver que oui je me donne entièrement, qu'elle me prend à sa guise, qu'elle peut faire de moi ce qu'elle veut, que mon cul lui appartient définitivement. Je m'abandonne, je m'abandonne à son désir, mon cul est le lieu de son désir. C'est elle qui doit jouir de me prendre ainsi, c'est elle qui doit être seule maître de son plaisir et du mien. Je suis son jouet et j'ai envie qu'elle me malmène, qu'elle me fesse, qu'elle me frappe les couilles, qu'elle m'encule encore et encore, très durement. Je comprends les gays qui vont jusqu'au fist fucking. Je n'en suis pas capable, je ne suis pas capable d'ouvrir mon cul à ce point-là, mais je comprends qu'on ait envie de s'ouvrir toujours plus, de se donner plus complètement, de se faire pénétrer sans limite. À ce moment, physiquement, je débande, mais je pense que c'est le cas de beaucoup de types qui se font enculer. Tout le désir se concentre sur l'anus, sur cette intromission, sur ce don total de soi qui pourtant se fixe sur le cul seulement.

Ensuite, au troisième moment, quand je suis complètement pénétré, quand elle vient en moi à sa guise, quand je dois bien avouer qu'elle m'encule comme une vraie chienne, comme une salope obsédée du cul, ce que je suis, incontestablement, moi, moi, pas elle, l'excitation revient dans ma bite, j'ai envie de me caresser, de me branler rapidement, de jouir sous moi comme un petit pédé, je saisis ma bite encore molle, je me branle, ou de manière beaucoup plus perverse, c'est elle qui saisit ma bite, elle me signifie que ma queue lui appartient aussi, que mon plaisir lui appartient, que je lui appartiens entièrement, qu'il n'est pas question que je jouisse sans qu'elle l'approuve. Et ma bouche finalement. Elle y enfonce ses doigts pour que je les suce, que je la suce sans fin, intensément, passionnément. Je sens ma queue entre ses mains, je sens sa main qui me branle, qui me secoue, qui me serre et m'étire violemment, je sens son gode qui rentre en moi, je sens que je lui appartiens totalement, que je suis sa chose, qu'elle me possède et me domine absolument. Elle m'injurie pour que j'accepte de reconnaître que je suis une putain et de jouir enfin sous moi.

Voilà, c'est cela, pour moi, je crois le plaisir sodomite, non, la jouissance sodomite. »

Avait-il vraiment répondu tout cela ? ou bien avait-il voulu dire tout cela mais l'avait-il seulement exprimé de façon succincte et plus ou moins maladroite sans tous ces mots obscènes mais également sans toute la finesse, les nuances et les mille circonvolutions de ses pensées nocturnes qui, au moment même, lui paraissaient d'une parfaite clarté, mais qui semblaient confusément s'assombrir le jour venu ?


dessin pornographique sodomie homosexuelle masculine
taille originale : 21 x 29,7 cm

jeudi 4 avril 2013

Il n’y a pas d’éducation sexuelle

dessin erotique pornographique strapon femdom sodomie
taille originale : 36 x 24 cm

Une éducatrice à la santé écrit que « son but est de déconstruire auprès des jeunes les principaux stéréotypes véhiculés par la pornographie et surtout de leur permettre de comprendre qu’il s’agit d’une fiction » (je souligne). « Sans entrer dans un discours moralisateur ni alarmiste », elle dénonce ensuite une supposée hypersexualisation qu’elle résume par les mots « trop, trop vite, trop tôt ».
Derrière la tolérance apparente, on voit bien à l’œuvre une entreprise de normalisation des comportements qui suppose d’abord qu’il y a un bon âge pour entrer dans la sexualité — « ni trop tôt, ni trop vite » — (et ce sont les supposés éducateurs qui savent, semble-t-il, quel est ce bon âge), et surtout que la sexualité ne doit pas occuper une place « trop » importante dans l’existence individuelle. La pornographie devient ainsi le « bouc émissaire » de cette supposée « hypersexualisation » qui dessine en creux l’idéal d’une subordination de la sexualité à la dimension affective des relations : la norme sous-jacente, c’est bien sûr que la sexualité ne doit pas se vivre sans amour, sans sentiment, sans une affectivité plus ou moins durable (amour rimant encore avec toujours…). Toute une série de comportements ou de situations illustrées par la pornographie — sexualité de groupe, jeux de domination, pratiques bizarres ou perverses, inégalités de toute sortes, par exemple d’âge, entre les partenaires, rencontres éphémères ou ponctuelles… — apparaissent en revanche comme des « excès » qui menacent une relation idéalement « équilibrée ».
D’autres ont déjà dénoncé cette vision complètement stéréotypée de la pornographie dont l’extrême diversité est réduite par cette éducatrice au supposé cliché de « l’homme fort, puissant, performant et de la femme sexy et soumise ». La normalisation des comportements, sous-jacente à « l’éducation sexuelle », visant en particulier des pratiques perçues comme « perverses », a également fait l’objet, il y a près de quarante ans déjà, d’une critique cinglante d’une féministe comme Xavière Gauthier (Dire nos sexualités, Galilée, 1976) qui mettait au contraire l’accent sur la singularité individuelle des fantasmes, irréductible à toute « normalité » supposée [1]. Mais j’entends surtout remettre en question l’idée que la pornographie serait une « fiction » et affirmer qu’elle contient au contraire une vérité essentielle dont toute « éducation sexuelle » devrait tenir compte.
Il est en effet absurde de parler de « fiction » alors que la pornographie dans nombre de ses formes [2] — par exemple le « gonzo » ou les films amateurs ou pseudo-amateurs — a pratiquement éliminé tout élément narratif, se contentant d’aligner des séquences d’une sexualité brute, réduite à une pure gestualité, sans aucune histoire ni récit. Et les gestes mis en scène ne sont pas « feints », ne résultent d’aucun trucage et peuvent même être considérés dans certains cas comme de véritables performances corporelles. Quoi qu’on pense de telles pratiques, les éjaculations faciales (avec des formes extrêmes comme le bukkake), les doubles pénétrations, les ligotages plus ou moins raffinés du bondage sont « vrais », non simulés, même s’il y a souvent des effets de montage, et que les attitudes, positions et paroles sont très généralement commandées par un réalisateur. Personne ne peut croire que ces actions sont spontanées ou « prises sur le vif », mais l’ensemble de la mise en scène pornographique n’est pas plus artificiel qu’une compétition sportive de gymnastique ou de plongeon, un numéro de music-hall ou même un spectacle de danse contemporaine que personne ne définira comme une « fiction ».
Il s’agit bien plutôt là de « performances » — artistiques, sportives ou sexuelles —, et l’on ne peut parler de « fiction » que si l’on pense que la pornographie est ou qu’elle prétend être une représentation de la sexualité « générale », et qu’elle donnerait ainsi une « image » — évidemment fausse — des pratiques sexuelles « courantes » (qui restent bien sûr à définir)… Or il est peu vraisemblable que les consommateurs ou consommatrices de pornographie estiment que ces images sont représentatives d’une « réalité » beaucoup plus large, d’une sexualité qui serait partagée par un grand nombre d’individus et qu’on pourrait même considérer d’une manière ou d’une autre comme une « norme » généralement reconnue. Si certaines personnes sont attirées par la pornographie, on peut en effet supposer que c’est précisément parce qu’elle s’éloigne de leur propre « réalité » sexuelle, qu’elle offre un « piment » d’étrangeté, d’excès, de transgression, d’inédit par rapport à leur propre quotidien (que l’on ne réduira pas cependant au cliché d’une supposée misère sexuelle dont la pornographie serait alors seulement le pauvre palliatif). D’autres indices suggèrent également que c’est le caractère exceptionnel de la pornographie qui explique au moins en partie l’attrait qu’elle exerce (et non au contraire son supposé caractère représentatif d’une sexualité générale) : c’est le cas en particulier des « stars » du porno, souvent inconnues du grand public mais dont les noms circulent sur Internet et qui sont appréciées par leurs admirateurs comme des personnes singulières que ce soit pour leur séduction physique ou pour la qualité de leurs performances (ou pour toute autre raison particulière). Ces acteurs ou actrices sont bien vus comme des personnes singulières, évidemment différentes sinon supérieures en certains points aux gens ordinaires.
Ainsi, la pornographie est très généralement perçue comme un univers séparé, exceptionnel à bien des égards, à distance du monde commun, sans doute artificiel, mais qui ne prétend pas représenter une autre réalité qu’elle-même, celle saisie au moment du tournage ou de la prise photographique. S’il est ainsi absurde de parler de fiction et donc d’un mensonge en ce domaine, il peut en revanche paraître beaucoup plus hasardeux de parler d’une vérité ou d’une forme de vérité de la pornographie comme on l’a énoncé précédemment. Un exemple simple permettra pourtant d’éclairer facilement ce point.
La pornographie gay constitue un secteur très important et relativement circonscrit dans ce champ de production (même s’il existe quelques zones de recouvrement avec les productions « hétérosexuelles »). Si ces films, images ou vidéos résultent, comme l’ensemble de la production pornographique, d’une mise en scène largement artificielle, que les faits et gestes représentés sont sans doute relativement rares sinon exceptionnels et qu’ils ne reflètent nullement la réalité habituelle ou quotidienne de la majorité des gays (même si l’on insistera encore une fois sur la difficulté à définir de façon exacte ce que serait cette réalité), personne ne prétendra que l’homosexualité ainsi illustrée est essentiellement un « stéréotype », et que le désir homosexuel en particulier est une fiction : le partage entre pornographie gay et pornographie hétérosexuelle correspond évidemment à des orientations sexuelles différentes, très profondément ancrées chez les individus, et la « vérité » de la pornographie gay (ou au contraire hétérosexuelle) réside évidemment dans ce désir et plus spécifiquement dans l’orientation de ce désir qu’elle illustre et qui est partagé par ses consommateurs éventuels. Dans cette perspective, prétendre que la pornographie est essentiellement une fiction revient à nier la vérité mais aussi la diversité des désirs mis en scène et mis en jeu dans ce genre de représentations.
Il est évident (sauf pour certains homophobes…) qu’aucun homosexuel ne changera d’orientation sexuelle sous prétexte que les films gays seraient fondamentalement une fiction. Mais cette affirmation vaut pour tous les désirs représentés dans tous les genres pornographiques : non seulement la fellation vue à l’écran est réelle — c’est le pacte d’authenticité fondamentale de la pornographie à l’ère photographique —, mais elle traduit un désir qui est partagé aussi bien par les personnes mises en scène que par celles regardant cette scène. Ce désir est sans doute divers, de nature et d’intensité variables chez les unes et chez les autres, mais lui seul explique la participation subjective à ce spectacle aussi bien du côté des acteurs [3] que des spectateurs. Lorsqu’on voit sur un site web des hommes soumis, attachés, bâillonnés et sodomisés par des maîtresses armées d’un gode-ceinture, personne ne doute qu’il s’agit d’une pratique rare (?), « extrême », fruit d’une mise en scène plus ou moins appuyée, avec peut-être même une part de simulation (par exemple des cris de souffrance), mais l’on ne considérera évidemment pas qu’il s’agit là d’une « fiction », ni que les désirs ainsi illustrés seraient faux ou mensongers comme des stéréotypes.
Ce qui gêne alors l’éducatrice à la santé ci-dessus, ce n’est pas que la pornographie soit une fiction, mais bien que certaines formes de désir illustrées par la pornographie contreviennent à ses propres normes et valeurs. C’est le cas, on le devine, pour la dissociation pratiquement constante en ce domaine entre la sexualité et l’amour : pour cette éducatrice comme pour d’autres sans doute, il ne convient pas de faire l’amour « si vite, si tôt », le premier soir, à la première rencontre… C’est sans doute également le cas des jeux de domination sexuelle où des femmes apparaissent en position dominée (je suppose que cette éducatrice laissera le libre choix de leurs fantasmes aux « esclaves » mâles…). Même s’il n’y a pas de statistiques en ce domaine, il est assez évident que ces situations (où les femmes sont dominées) sont plus fréquentes dans les réalisations pornographiques que les situations inverses : non seulement les jeux de domination peuvent déplaire à certains, mais le fait que ce soient les femmes qui y soient le plus fréquemment dans des rôles de soumission peut heurter les convictions égalitaires de beaucoup de personnes (hommes ou femmes d’ailleurs).
On ne parle ici que de relations entre adultes consentants, et personne bien sûr n’est obligé ni de goûter ni de participer à de tels jeux, mais les désirs qui s’expriment à travers ces jeux et qui sont représentés par de nombreuses productions pornographiques ne relèvent pas de la fiction et sont bien « réels ». Il serait alors absurde dans une perspective éducative de nier leur réalité, d’en dénoncer le caractère illusoire, ou de vouloir les « redresser » et les rendre conformes à l’on ne sait quelle norme supérieure (de la même façon qu’à une certaine époque on a voulu « guérir » les homosexuels de leurs supposés « penchants » [4] ). Il s’agit bien plutôt d’en prendre conscience, de les assumer, d’apprendre éventuellement à les gérer en particulier dans une relation amoureuse, érotique ou sexuelle qui encore une fois suppose le consentement des différents partenaires. Mais nier l’existence de tels désirs, les traiter comme une pure « fiction », les soumettre à un processus vague mais contraignant de normalisation visant à en effacer la dimension excessive, les aspects plus ou moins transgressifs, les formes extrêmes ou bizarres, conduit inévitablement aux mensonges et aux différente formes de refoulement.
Cela vaut pour les jeux de domination mais également pour toutes les autres situations illustrées par l’extrême diversité des productions pornographiques. Reconnaître la vérité (et la variété) des désirs qui s’expriment à travers ces productions ne signifie évidemment pas que ces désirs trouveront facilement à s’accomplir dans une relation individuelle ni qu’ils soient réalisables en d’autres lieux ni avec n’importe quels partenaires. La pornographie elle-même peut alors être une manière d’assumer et de gérer de tels désirs qui ne dépasseront pas alors le cadre d’une consommation voyeuriste.
Il est clair aussi que de nombreuses formes de désir ne trouvent pas à s’exprimer dans les productions pornographiques et leur sont même contradictoires (il suffit de penser à la sentimentalité que révèle la littérature « à l’eau de rose » qu’il serait également absurde de réduire à une pure « fiction » sans en comprendre la vérité profonde), mais il faut prendre en considération la variété et la réalité de ces désirs dans le cadre d’une éventuelle « éducation » qui ne soit pas simplement une entreprise de normalisation.

1. Pour éviter toute ambiguïté, je préciserai que les seules normes admissibles en matière de sexualité sont à mon estime celles de la loi condamnant en Occident les violences infligées à autrui (sans son consentement) ainsi que la pédophilie. La « normalisation » que vise l’éducation sexuelle (ou une certaine éducation sexuelle) concerne en revanche des comportements licites (au regard de la loi) mais que certains éducateurs estiment condamnables pour des raisons essentiellement morales.
2. Bien entendu, on trouve des films pornographiques avec une dimension narrative plus ou moins développée, mais ces éléments narratifs se caractérisent le plus souvent par leur manque de réalisme, le caractère artificiel et invraisemblable de la fiction étant alors très généralement souligné, et il faudrait être bien naïf pour croire que les situations mises en scène reflètent une quelconque réalité. Mais il est clair aussi que ces aspects narratifs ne retiennent que faiblement l’intérêt des spectateurs qui attendent évidemment autre chose, à savoir la représentation d’actes sexuels non « simulés ».
3. Les contempteurs de la pornographie affirment souvent que les actrices ne tourneraient ce genre de films que pour des raisons financières et qu’elles seraient donc essentiellement dans la simulation ; en revanche, il ne semble y avoir aucun doute sur l’authenticité du désir des acteurs masculins et de la jouissance qui accompagne leurs éjaculations spectaculaires (même si l’on sait aussi que beaucoup recourent à des produits comme le Viagra®…). Encore une fois, il ne s’agit pas ici de prétendre que les performances représentées ne sont pas largement « travaillées » et mises en scène de façon plus ou moins artificielle, mais il serait tout aussi absurde de prétendre que seules des contraintes externes (l’argent ou pire la violence) expliqueraient l’engagement des actrices dans ce type d’activités, et que leur participation subjective (comme celles des acteurs d’ailleurs) serait de nature fondamentalement différente de celle par exemples des sportifs en compétition (d’amateurs ou de professionnels).
4. Il est aussi absurde de penser que la vision d’images pornographiques gay pourrait transformer un hétérosexuel en homosexuel que de croire que des images de femmes soumises vont installer chez des jeunes gens des tendances profondes à la domination ou à la soumission. C’est la préexistence de ces tendances qui explique au contraire la consultation éventuelle de ce genre d’images.

vendredi 18 mai 2012

Le froncement de l'anus

dessin erotique pornographique penetration
taille originale : 27 x 36 cm
« Au début de deux mythes salish de la côte, Coyote, solitaire, détache de son corps son propre postérieur, afin d’avoir un assistant qui puisse surveiller son barrage de pêche pendant que lui-même fabrique une pirogue. Mais le postérieur se montre successivement incapable de distinguer un saumon d’une masse d’écume, de feuilles mortes ou d’un morceau de bois flottant. Quand il a enfin réussi à prendre un poisson, Coyote, par représaille, le mange sans en offrir à son aide qui, de déception, fronce les lèvres. De là provient, après que Coyote l’a remis en place, l’aspect froncé de l’anus désormais distinct de la bouche, alors qu’ils étaient tout pareils à l’origine puisque, comme la bouche, l’anus possédait le don de parole. »

samedi 11 juin 2011

La secrète poterne

dessin erotique pornographique sodomie
taille originale : 36 x 27 cm
(mise en couleur numérique)

« moi, le plus démuni des hommes, le plus terne,
le plus, des avatars, indemne, ô majesté !
puissè-je découvrir la secrète poterne
où fuir l'étonnement d'un monde limité ! »

dimanche 5 juin 2011

Les feux du plaisir…

dessin erotique triolisme double penetration
taille originale : 36 x 27 cm
« N'est-ce pas, aux feux du plaisir
Inclinée et rebelle,
Elle encor, mais cent fois plus belle,
Et de flamme à saisir »

dimanche 27 mars 2011

Contradictions cognitives

dessin erotique pornographique fellation
taille originale : 36 x 27 cm
« La nudité est à la fois bonne et mauvaise. Il en va de même de la sexualité. L’acte est indispensable à la procréation et en même temps éminemment plaisant, mais il est presque toujours un acte privé. Pourquoi ? Invoquer la pudeur est une réponse insuffisante. À mon sens, cette situation est à mettre en rapport avec l’accouplement très personnel, qui peut susciter l’envie, voire l’hostilité des autres, assurément en tant qu’acte public ; par sa nature même, il exclut les personnes étrangères au couple en même temps qu’il oblige à se placer entre les mains d’une autre personne (généralement du sexe opposé) ; ce faisant il menace son identité la plus secrète qui fait partie du moi privé.
Le souci de l’intimité en matière sexuelle n’a pas la même force dans toutes les parties du monde. Mais dans la majeure partie du monde la sexualité est une affaire clairement privée. Les “sauvages” peuvent bien paraître dévêtus et nus aux yeux de certains observateurs extérieurs, mais, du point de vue de l’acteur, la différence est grande entre le fait de porter un fourreau pénien et ne rien porter du tout.
En conséquence, si le “puritanisme” (pour appeler ce déni d’un terme générique) est présent dans différentes sociétés à différentes époques, alors qu’il y a plus de liberté ailleurs ou en d’autres temps, c’est que le sexe et la nudité suscitent des contradictions cognitives dans l’intelligence que nous avons de nous-mêmes. Aussi leur représentation est-elle tantôt élaborée, tantôt interdite. Des formes de représentation prévalent souvent dans des contextes particuliers : les statues, notamment celles des dieux, peuvent être nues alors que les êtres humains sont habillés. Ou le temple peut être organisé autour d’un phallus, tandis qu’en réalité la pruderie domine le reste de la société. De même qu’avec le totémisme, l’expression dans un contexte, l’absence dans un autre peuvent résoudre la tension entre les deux pour la société dans son ensemble. »

lundi 27 décembre 2010

Mauvais rêve ?

dessin pornographique coprophagie
taille originale : 27 x 36 cm

« merde c’est la mer sans allèle qui ouvre ses éventails et fait bruire ses noix c’est la mer qui abat toutes ses cartes choromosiennes c’est la mer qui imprime un fleuve de troupeaux et de langues par en dessous la paume des terres létales et le vent la poche pleine de naufrages à la bouche de source aussi fraîche que ta pensée que je perds et que je traque entre veille et sommeil
c’est la mer ma chère cariophylle et vierge moussant vers l’hermaphrodite Rien ses excellentes feuilles de femme et de renoncule où s’accomplissent des spermatozoïdes d'oiseau parfait. »
[Cariophylle : plante aquatique]

Le dessin ci-dessus fut fait en l'honneur d'un ministre de l'Intérieur qui jugea en son temps que la scatophilie était la limite à ne pas dépasser en matière de pornographie…
Ci-dessous, une triple mise à jour muséale.

 

Expérience des limites
Taille originale : 21 x 29,7 cm
Exploration du monde
Taille originale : 21 x 29,7 cm
L’au-delà
Taille originale : 21 x 29,7 cm

lundi 20 décembre 2010

En marche vers la modernité…

taille originale du dessin : 27 x 36 cm
(montage numérique à partir d'un dessin original)

Les amateurs de peinture abstraite reconnaîtront facilement le grand artiste ici parodié et remarqueront l'incongruïté de la touche de vert…

jeudi 16 décembre 2010

Dessin pornographique…

dessin pornographique sodomie
taille  originale : 36 x 27 cm
L’épilation des aisselles (d’abord chez les actrices américaines de l’immédiat après-guerre) puis des parties génitales (dans la pornographie à partir des années 1980) participe à l’esthétisation des corps que j’évoquais dans mon billet précédent. Les corps sont désormais lisses et glabres comme des statues de marbre grec.
Mais le pinceau et l’encre de chine m’ont longtemps fait préférer les pilosités qui trouvent une élégance inattendue dans le dessin.

mercredi 8 décembre 2010

Une nouvelle éthique sexuelle…

dessin erotique sodomie homosexualite

taille originale : 29,7 x 42 cm
(carton collé sur carton)

« D'une façon qui peut surprendre au premier regard, on voit se former, dans la culture grecque et à propos de l'amour des garçons, quelques-uns des éléments majeurs d'une éthique sexuelle qui le rejettera précisément au nom de ce principe : l'exigence d'une symétrie et d'une réciprocité dans la relation amoureuse, la nécessité d'un combat difficile et de longue haleine avec soi-même, la purification progressive d'un amour qui ne s'adresse qu'à l'être même dans sa vérité, et l'interrogation de l'homme sur lui-même comme sujet du désir. »

vendredi 3 décembre 2010

L'usage des fleurs et de la séduction

« Mais, dans les milieux dissidents de l'Église d'Angleterre, et dans le bas clergé de cette Église, les usages religieux des fleurs, comme des parfums et des plantes aromatiques continuaient d'être vus d'un mauvais œil. La présence ou l'absence d'encens suffit à distinguer protestants et catholiques. Les parfums sont considérés comme un luxe inutile dans tout le Commonwealth et l'Amérique puritaine, et pendant toute la période victorienne. C'est la France qui est à l'“avant-garde” pour les parfums comme pour les fleurs et pour la mode en général, jusqu'à la Première Guerre mondiale et au-delà : les “articles de Paris” gardent aujourd'hui encore leur lustre. Il y a une bonne raison à cela. Bien longtemps après la Restauration, un projet de lois soumis au parlement britannique en 1770 stipulera :
Toute femme, quels que soient son âge, sa profession, son grade, jeune fille, épouse ou veuve, qui, à compter de ce jour, aura attiré, séduit et conduit traîtreusement au mariage un sujet britannique en usant de parfums, de maquillages ou d'autres lotions cosmétiques, d'une dentition artificielle, d'une perruque, de laine espagnole, d'un corset de fer, de chaussures à talons, ou de rembourrages divers, risquera les peines prévues par la loi contre la sorcellerie et autres délits semblables ; et le mariage incriminé sera déclaré nul et non avenu. »
dessin erotique fellation
taille originale : 36 x 27 cm

mercredi 24 novembre 2010

Mode d'emploi?

dessin erotique pornographique penetration
taille originale : 29,7 x 42 cm

« En d'autres termes, on a le sentiment étrange que l'art contemporain travaille d'arrache-pied mais discrètement à rendre hermétique l'accès à des expériences somme toute banales et aussi courantes que serrer la main de quelqu'un, faire l'aumône à un mendiant, échanger un regard avec une femme, regarder dans le vide, s'ennuyer ou être saisi d'un rire communicatif puis nerveux. Des expériences très proches, voire indistinguables, sont posées comme différentes pour des raisons… de distinction. »