« La masturbation est l'expression de liberté la plus haute — au-dessous de laquelle vient seulement la littérature (qui a malheureusement des règles trop rigides et contraignantes pour soutenir la comparaison) — que mon organisme ait pu se permettre ces trente-trois dernières années. »
Les travaux reproduits ici sont parfois anciens, parfois récents et ne sont pas présentés dans leur ordre chronologique. Le but de ce blog n'est pas seulement de les présenter (ou de les exhiber) mais aussi de les modifier en fonction de cet objet médiatique qu'est le blog. L'exposition modifie l'objet artistique lui-même, en particulier par le processus de la numérisation qui permet de transformer à volonté les caractéristiques de l'image.
mardi 27 décembre 2011
Une réponse à la vertu kantienne
dimanche 6 novembre 2011
En Chine ancienne…
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| Taille originale : 24 x 34 cm |
« Cette importance, reconnue par toute la tradition, s’explique par le prestige dont a joui de tout temps, en Chine, la magie des sécrétions, des excrétions et des souffles. Les précautions qu’exige l’étiquette et qui paraissent relever des soins de propreté sont imposées par le souci de ne pas laisser un supérieur pâtir ou un ennemi profiter des exhalaisons, pertes ou dégradations de ce qui constitue la puissance ce vie. C’est aux proches, c’est aux fils qu’il appartient de recueillir et de cacher soigneusement les crachats et la morve des parents ; c’est à eux qu’il incombe de recueillir le dernier souffle, de clore les yeux, la bouche, d’amonceler sur tous les orifices un amas de vêtements, de ne rien laisser perdre de la substance paternelle, d’enfouir dans le sol de la maison les ongles, les cheveux du défunt, l’eau qui a servi à laver le cadavre. On peut agir sur autrui (et sur tous les siens) dès qu’on possède une part ou un résidu de sa substance. En lui dérobant quelque portion choisie, on peut aussi s’annexer ce qu’il détient de vie, la puissance de sa vue ou de son ouïe si l’on s’empare d’yeux ou d’oreilles, la vie à sa source même si l’on dérobe le premier sang des vierges ou l’embryon à peine formé. Ces pratiques, encore punies par les codes des dynasties les plus récentes, ne sont point nouvelles. Ce n’était point par cruauté ou dilettantisme de tyran que Cheou-sin, le dernier des Yin, éventrait les femmes enceintes et mangeait la chair de ses ennemis. Tout chef, tout magicien a besoin de récupérer de la puissance, de la substance, de la vie, car il doit dépenser, au profit de tous, son entière vitalité. Les nobles, les chefs, les dieux sont riches en substance et puissance : ce sont deds pourvoyeurs de nourriture. Ce qu’ils possèdent en abondance, ils affectent de le donner et d’en faire fi pour eux-mêmes. Toute la nourriture est à eux : ils n’en prennent que l’essence (tsing) ou la vertu (tö). Ils se contentent de humer et de goûter. La vie en eux se fortifie en même temps qu’elle se spiritualise. »
dimanche 2 octobre 2011
Amour, sexualité et mélancolie…
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| Taille originale : 27 x 36 cm |
Chez les Achuar (le véritable nom des Jivaros) :
« Dans sa forme la plus extrême, l'affliction amoureuse devient une mélancolie pathologique, reconnue comme un trouble de la personnalité et causée, comme il se doit, par un chamane malveillant. Elle affecte surtout des gens jeunes, hommes ou femmes, qu'ils soient ou non mariés. Sombrant dans l'abattement et le dégoût de soi-même, en particulier au crépuscule, la victime est agitée de pulsions suicidaires et de désespoirs incontrôlables. Shakaim, un gendre encore presque adolescent de Naanch, m'a ainsi confié son chagrin à Capahuari : le cœur gros d'une indéfinissable insatisfaction, il contemple chaque jour le lever et le coucher du soleil en pleurant silencieusement, persuadé contre toute évidence que sa jeune et tendre épouse ne l'aime plus. D'une voix entrecoupée de sanglots, il me disait l'irrépressible désir de quitter sa belle-famille, la vision du soleil posé sur l'horizon étant comme la promesse d'un ailleurs radieux qui rendait plus pénible sa condition présente. Préoccupé par l'état pitoyable de Shakaim, Naanch était résolu de conduire son gendre à Montalvo pour qu'un chamane le délivre de sa neurasthénie.
Que l'amour soit une tension vers une plénitude inaccessible plutôt qu'un état de bonheur satisfait se trouve bien exprimé dans la sémantique du terme qui est le plus proche équivalent en achuar : aneamu combine étroitement affection, vouloir, tendresse, souvenir et désir de la présence de l'être cher. L'organe en est le cœur, ininti, siège de la pensée, des émotions et de l'intentionnalité, racine aussi d'une constellation de mots apparentés : aneajai, "je languis pour", "j'ai la nostalgie", inatamprajai "je me souviens de", initaimsajai "je pense à", j'agis par la pensée sur". Le désir charnel, kunkatmamu, et la copulation, nijirmamu, n'appartiennent pas à cette configuration terminologique, portant témoignage que, pour ce qui est du sens en tout cas, le domaine de l'affectivité et celui de la sexualité sont relativement séparés. »
dimanche 11 septembre 2011
L'exactitude du portrait
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| taille originale : 24 x 32 cm |
« Les cris de protestation qu’élevaient à cette époque de nombreux artistes contre la photographie avaient, bien souvent, un motif tout à fait intéressé. La plaque, en un temps étonnamment court, avait conquis le domaine du portrait. Sa concurrence, imbattable par le graveur et le miniaturiste, devenait également dangereuse pour le peintre portraitiste. Et cela à une époque où la mode du portrait s’introduisait dans tous les milieux bourgeois. La commande des portraits formait la base principale des bénéfices du peintre. Aux expositions annuelles, la proportion de portraits grandissant d'une année à l’autre, par rapport aux paysages et aux natures mortes, révélait la tendance de l’époque.
À mesure que le portrait se multipliait, ses dimensions se rapetissaient; il ne devait plus orner la vaste galerie des ancêtres, mais bien trouver place sur les murs des appartements bourgeois. Mais le bourgeois était économe et, de plus en plus, il se contentait de la photographie qui, entre autres avantages, avait celui d’une grande exactitude. Pour quelques francs de supplément, d’ingénieux opérateurs coloriaient l’épreuve de roses et de bleus irrésistibles et tout à fait naturels. L’artiste, qui vivait du portrait, voyait de jour en jour diminuer ses commandes; le grand coupable était la photographie, et il n’est pas étonnant que la plupart de ces artistes, notamment ceux d'un talent moyen, aient voué une hostilité profonde à cette mode qui ne cessait de gagner du terrain. »
samedi 3 septembre 2011
Ciels hollandais
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| taille originale : 24 x 32 cm (dessin avec collage numérique) |
« C'est parce que le ciel est essentiellement non-composé que le rôle organisationnel de la découpe est particulièrement mis en avant par les clichés de nuages. Il n'y a pas ici une mise en scène de l'objet en fonction d'un projet de création esthétique (la volonté du photographe de rendre telle ou telle valeur plastique). Il y a seulement un geste de découpage, de mise en pièces du tissu continu de l'espace céleste. »
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| taille originale : 24 x 32 cm (dessin avec collage numérique) |
« En d'autres termes, l'espace photographique des clichés de nuages est un espace non-déterminé par rapport à notre positionnement topologique; c'est un espace qui n'a pas de gauche ou de droite, où nous ne comprenons pas ce qui est en haut et ce qui est en bas. Un espace mobile et indépendant du monde. Une image entièrement libérée, radicalement coupée de ses amarres, flottant en plein ciel, exactement comme un nuage. »
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| taille originale : 24 x 32 cm (dessin avec collage numérique) |
samedi 27 août 2011
Un premier plan dilaté
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| taille originale : 21 x 29,7 cm |
« La désagrégation de l’ordonnance spatiale semble indiquer les heurts, secousses et agitations de la vie moderne, en même temps que le point de vue plus délibérément subjectif du peintre. Elle se caractérise entre autres par la façon dont les silhouettes des personnages, amputées par les bords de la toile ou recouvrant parfois la surface de haut en bas, font pièce à toute entrée calculée dans le tableau. En attirant l’attention sur la surface de l’image, ce premier plan dilaté commence aussi à souligner la nature d’objet idéel qui est celle du tableau. »
lundi 15 août 2011
À une femme infidèle que je ne soupçonnais pas…
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