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| La porte de derrière Taille originale : 31,5 x 24 & 24 x 31,5 cm |
« Si nous ne devons parler de nos vies, de notre sexualité et de notre travail qu’avec le langage et les catégories d’une société qui nous méprise, nous nous trouvons incapables de parler au-delà de notre propre douleur. Nous disparaissons à l’intérieur de ces catégories. Ce que j’ai essayé de faire dans ma vie, c’est de refuser le langage et les catégories qui m’auraient réduite à moins encore que ma vaste et complexe expérience. Parallèlement, j’ai essayé de regarder les gens différents de moi avec le genre de compassion que j’aurais souhaitée envers moi.
Quand je pense à cette génération d’écrivain·e·s dont fait partie Edward Albee, je suis plus déterminée encore à refaire le monde. Je travaille à rendre possible que de jeunes écrivain·e·s homos ne gaspillent pas tant d’énergie à combattre la haine et l’exclusion par la majorité ignorante. Mais si je veux apporter ma contribution à d’autres, je sais que je dois d’abord commencer par un examen de conscience minutieux. Je dois me montrer reconnaissante envers qui m’a aidée à survivre, et envers ce qui a façonné mes espoirs. Je dois manifester de la gratitude envers les miracles de ma vie.
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| Le terrain de jeu des anarchistes |
Oui, j’ai été façonnée en tant que lesbienne et écrivaine par des miracles. Des miracles, ou encore des merveilles, des prodiges ou des accidents ahurissants, des dispositions favorables et des rencontres heureuses, certaines résultant du travail et de la chance, d’autres demeurant inexpliquées et inexplicables. Ce fut un miracle de survivre à mon enfance, de finir le lycée et d’obtenir cette bourse d’études supérieures. Ce fut un miracle de découvrir le féminisme et de m’apercevoir que je n’avais pas à avoir honte de moi- même. Le féminisme m’a donné la possibilité de comprendre ma place dans le monde et de la revendiquer comme un titre et un droit.
Mais le féminisme, pour moi, n’a pas concerné que le sexe. Le désir sexuel était plus problématique. Quand j’étais très jeune j’imaginais que je finirais célibataire. J’ai su ce que je désirais dès mes premières bouffées de puberté. J’ai su ce que je désirais faire avec les filles à l’école. Et tout autour de moi je n’ai vu que peur, mort et damnation. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point j’étais terrifiée à douze et treize ans. J’ai décidé de devenir une sorte de nonne baptiste. Cela paraissait être un choix raisonnable après que ma famille eut déménagé dans le centre de la Floride et que je me sois éclipsée un jour dans le bar homo proche de la gare routière à Orlando. J’ai regardé ces femmes et j’ai su que j’aurais des ennuis. J’ai su, quasiment depuis le début, ce qui allait m’arriver. J’ai su que j’étais fem, que j’avais des idées bien arrêtées, que j’étais autoritaire, masochiste de façon complètement romantique et que ces femmes allaient me manger toute crue.
Le choix était donc d’être dévorée crue ou d’être célibataire.
C’est un miracle qu’il reste des morceaux de moi.
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| « Tenant sa bite, il la guide vers la fente de mon cul, comme un canoë qui s'engouffre dans un ravin étroit. » |
C’est un miracle d’avoir compris que ce que j’aimais sexuellement ne nécessitait pas que ma partenaire soit saoule à tout casser, qu’elle ait des colères violentes ou un droit illimité sur mon corps simplement parce qu’elle savait comment me faire jouir. C’est un miracle d’avoir continué à écrire des histoires pour mon plaisir, même lorsque je croyais fermement à la révolution féministe et que j’étais totalement convaincue qu’elle n’aboutirait pas si je ne m’occupais pas personnellement de rassembler les fonds, de tenir le standard et de cuisiner des plats à base de protéines à la fortune du pot sur nos lieux de réunions. Miraculeusement, incidemment et merveilleusement, j’ai rencontré des hommes et des femmes au bon moment ou juste après, mais toujours assez tôt pour m’empêcher d’abandonner ou de m’abîmer plus que je n’aurais pu le supporter. Je n’adhère à aucune religion organisée mais je crois à l’effet continu des miracles.
Pour terminer, je dois vous dire que c’est un miracle que je ne me sois pas suicidée de désespoir lorsqu’on m’a dit que j’étais trop lesbienne pour le féminisme, trop réformiste pour le féminisme radical, trop perverse sexuellement pour le mouvement lesbien respectable et trop insoumise pour les révolutions féministe, gay et queer. Que je sois là maintenant, à écrire, à parler, à enseigner et à vivre selon mes propres idéaux féministes est surprenant. Je n’ai rien changé. Le monde a été transformé. »
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| « Il m’a enculée hier soir à 23 h 20, si longtemps et si fort, si doucement et si gaiement, si lentement et tellement, tellement profondément. » |




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