« Il est beaucoup plus difficile pour nous de nous familiariser avec le principe qui préside en Inde à la distinction et au classement hiérarchique des fonctions [entre les castes], je veux dire l’opposition du pur et de l’impur. En gros, la chose s’est élaborée à partir de la “mentalité primitive” avec ses classifications qui comportent à la fois des “tabous” ou séparations rituelles et des “participations”, sa distinction du sacré et du profane et ses procédés pour les faire communiquer à bon escient. On remarque que l’impur signale les relations organiques entre le monde humain et le monde non humain, l’impureté est liée à la naissance, à la mort, à l’excrétion et, plus subtilement, à la reproduction et à la nourriture. Tout se passe comme si, tandis que le monde social se modèle étroitement sur le monde naturel, la distinction du pur et de l’impur marquait d’autant plus rigoureusement la frontière entre eux. »
Les travaux reproduits ici sont parfois anciens, parfois récents et ne sont pas présentés dans leur ordre chronologique. Le but de ce blog n'est pas seulement de les présenter (ou de les exhiber) mais aussi de les modifier en fonction de cet objet médiatique qu'est le blog. L'exposition modifie l'objet artistique lui-même, en particulier par le processus de la numérisation qui permet de transformer à volonté les caractéristiques de l'image.
dimanche 13 décembre 2015
Le pur et l'impur
dimanche 8 novembre 2015
Sans aucune exclusive
« Contrairement au curieux, le véritable amateur aime la peinture sans aucune exclusive, il aime toute la peinture, et s’il lui arrive d’aimer tel peintre en particulier, parce qu’il excelle dans telle partie de la peinture, ce n’est jamais au détriment d’un autre qui excellerait dans d’autres parties :
“Toutes les manières doivent se présenter à lui par les plus beaux côtés, il ne doit affecter aucun genre ni aucun goût, il doit être l’ami solide de la peinture et des peintres en général et en particulier. Car toute peinture, c’est-à-dire, ce qui peut en mériter le nom, doit être bonne pour lui. Il n’y en a point qui n’ait une partie favorable dont il ne puisse profiter, ainsi qu’il n’y ait point d’homme, en tant que peintre, dont il ne puisse tirer des conseils et des lumières pour former, nourrir et augmenter son goût, la base, le fonds et la seule ressource du véritable amateur.”
Caylus examine ensuite les moyens que l’amateur doit mettre en usage pour perfectionner un goût qu’il doit, dit-il, “d’autant moins négliger qu’il est la seule partie de l’art sur laquelle il ait un droit décidé, et à laquelle il puisse absolument prétendre.” Ces moyens sont principalement au nombre de deux. Le premier est celui de la comparaison. C’est en comparant les ouvrages que l’on apprend à mieux voir, à distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais.
Le second moyen préconisé par Caylus pour perfectionner ce goût est que l’amateur s’initie à la pratique des arts, à “la nécessité, que je crois presque indispensable à l’amateur, de copier en tout genre, de dessiner et de peindre de même d’après la nature, enfin de pratiquer toutes les opérations de ce bel art. Toute imparfaite que puisse être son étude, il apprend par elle à lire, il médite ce qu’il veut écrire”. »
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| Taille originale : 24 x 32 cm |
dimanche 27 septembre 2015
L'image polyphonique
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| taille originale : 21 x 29,7 |
« On ne peut pas prévoir pencher si
soudainement vers un visage et vouloir lécher
le corps entier de l'âme jusqu'à ce que le regard
étincelle de toutes les fureurs et les abandons.
On ne peut pas prévoir l'emportement du corps
dans l'infini des courbes, des sursauts, chaque
fois que le corps se soulève on ne voit pas
l'image, la main qui touche la nuque, la langue
qui écarte les poils, les genoux qui tremblent, les
bras qui par tant de désir entourent le corps
comme un univers. On ne voit que le désir. On
ne peut pas prévoir l'image, les fous rires, les cris
et les larmes. L'image est tremblante, muette et
polyphonique. »
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| « En créant des œuvres provocantes qui suscitent fascination ou rejet, il perturbe nos certitudes et modifie notre perception de l’art » |
dimanche 13 septembre 2015
dimanche 6 septembre 2015
Pansexualisme
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| Taille originale : 21 x 29,7 |
« L'idée qu'il y aurait un “vrai sexe”, des “genres distincts” et des sexualités spécifiques a constitué pour de très nombreuses féministes un point de référence stable dans leur travail théorique et politique. Ces catégories identitaires sont des constructions servant de point de départ pour faire émerger la théorie et donner forme à la politique elle-même. Dans le cas du féminisme, la politique est apparemment faite pour exprimer les intérêts, les perspectives des “femmes”. Mais la catégorie “femme” n'est-elle pas une construction politique qui précède et préfigure la manière dont les intérêts et le point de vue épistémique des femmes seront politiquement formulés ? Comment façonne-t-on leur identité ? Est-ce un façonnement politique qui se fonde sur la morphologie et la frontière même du corps sexué comme s'il était une surface ou un lieu d'inscription culturelle ? Comment comprendre que ce lieu soit défini comme le “corps féminin”? Le “corps” ou le “corps sexué” est-il le fondement inébranlable sur lequel opèrent le genre et les systèmes de sexualité obligatoire ? Ou serait-ce plutôt que le “corps” est façonné par des forces politiques ayant stratégiquement intérêt à faire en sorte qu'il reste fini et constitué par les marqueurs du sexe ?
La distinction sexe/genre et la catégorie de sexe semblent présupposer que le “corps” existe en général avant de prendre sa signification sexuée. Ce “corps” apparaît souvent comme un simple véhicule prenant une signification par l'inscription d'une source culturelle supposée “extérieure” au corps. Toute théorie envisageant le corps comme un construit culturel devrait tout de même mettre en question la généralité suspecte de ce construit lorsque le “corps” est représenté comme passif et pré-discursif. Il existe des précédents chrétiens et cartésiens à de telles conceptions qui, avant l'émergence des biologies vitalistes du XIXe siècle, comprenaient le “corps” comme autant de matière inerte dépourvue de signification. Plus précisément, le corps signifiait un vide profane, l'état de la chute : la tromperie, le péché, les métaphores prémonitoires de l'enfer et de l'éternel féminin. À de nombreuses reprises, dans les œuvres de Sartre et de Beauvoir, le “corps” est représenté comme un fait silencieux, en attente de signification que seule une conscience transcendante, au sens cartésien, c'est-à-dire radicalement immatérielle, est en mesure d'attribuer. Mais qu'est-ce qui établit ce dualisme pour nous ? Qu'est-ce qui distingue le “corps” non signifié de la signification elle-même comme l'acte d'une conscience radicalement désincarnée ou plutôt comme l'acte qui désincarne fondamentalement la conscience ? Dans quelle mesure le dualisme cartésien corps/esprit, présupposé dans la phénoménologie, est-il adapté au cadre structuraliste où il apparaît sous la forme de l'opposition nature/culture ? Si l'on considère le langage du genre, dans quelle mesure ces dualismes problématiques opèrent-ils encore dans les descriptions censées précisément nous faire sortir de cette binarité et de sa hiérarchie implicite ? Comment les contours du corps sont-ils clairement marqués comme base ou surface évidente, sur laquelle les significations de genre s'inscrivent comme sur des faits bruts, dépourvus de valeur avant toute signification ? »
dimanche 23 août 2015
Pierres de taille
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| taille originale: 21 x 29,7 cm |
Cinéma X :
« Il faut réussir sa sortie, dans ce job. Pamela l’a appris des Coralie, Ovidie, Nina Roberts et autres Elodie... Il faut savoir s’arrêter avant d’accepter les tournages qu’on ne doit pas accepter. Ce qui l’a le plus choquée, c’est qu’elles flippaient toutes de l’anal. On ne peut pas faire ce job en détestant la sodomie. C’est comme si tu me dis je suis allergique à la farine et je veux être boulangère. Allo, meuf — change de branche, par pitié. »
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| Variation |
dimanche 2 août 2015
Être possédé…
« Depuis petite, depuis Goldorak et Candy, qui passaient à la suite à la sortie de l’école, j’ai la passion d’inverser juste pour voir.
“J’ai besoin d’un homme qui soit uniquement à moi et que je puisse trouver chez moi à toute heure.” Ça sonne tout de suite différemment. L’homme n’est pas là pour rester à la maison, ni pour être possédé. Quand bien même j’aurais besoin ou envie d’un homme qui serait uniquement à moi, tout me conseille de modérer mes ardeurs et, au contraire, d’être entièrement à lui. C’est pas la même chanson. Il n’y a personne, alentour, qui soit politiquement assigné à sacrifier sa vie pour adoucir la mienne. Ça n’est pas réciproque, comme rapport d’utilité. De la même façon, je ne pourrai jamais écrire, en toute bonne foi égoïste : “Il me faut un intérieur, tout de suite, et un homme qui s’occupe sans cesse de moi pour les plus petites choses.” Si jamais je rencontre pareil homme, c’est que j’aurai les moyens de le salarier. “Il n’est même pas nécessaire que cet homme soit très mignon, je ne veux pas non plus qu’il soit d’une intelligence excessive, ni surtout qu’il réfléchisse trop. Il me suffit qu’il soit attaché à moi.”
Ma puissance ne reposera jamais sur l’inféodation de l’autre moitié de l’humanité. Une être humain sur deux n’a pas été mis au monde pour m’obéir, pou s’occuper de mon intérieur, élever mes enfants, me plaire, me distraire, me rassurer sur la puissance de mon intelligence, me procurer le repos après la bataille, s’appliquer à bien me nourrir… tant mieux.
Dans la littérature féminine, les exemples d’effronterie ou d’hostilité contre les hommes sont rarissimes. Censurés. Moi, je suis de ce sexe-là, qui n’a même pas le droit de mal le prendre. »
« Le féminisme est une révolution, pas un réaménagement des consignes marketing, pas une vague promotion de la fellation ou de l’échangisme, il n’est pas seulement question d’améliorer les salaires d’appoint. Le féminisme est une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes, et pour les autres. Une révolution bien en marche. Une vision du monde, un choix. »
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| Taille originale : 21 x 29,7 cm |
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