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| Relation virtuelle ? Taille originale : 2 fois 31,5 x 24 cm |
« Ce soir, Peter sera celui qui embrasse. Une fois qu’ils auront commencé, elle sera contente.
Il l’embrasse. Elle lui rend son baiser de bonne grâce. Elle semble bien disposée, en tout cas.
À ce moment, il ne pourrait pas décrire la sensation qu’il éprouve en l’embrassant, le goût de sa bouche - trop proche de celui qu’il a dans la sienne. Il caresse ses cheveux, en saisit une poignée, les tire doucement. Il était un peu plus brutal avec elle les premières années, jusqu’à ce qu’il comprenne que cela ne lui plaisait plus, et ne lui avait peut- être jamais plu. Demeure l’apparence des gestes, tièdes regains de ceux d’autrefois, lorsqu’ils étaient nouveaux l’un pour l’autre, quand ils baisaient sans arrêt, bien que Peter ait su même alors que le désir qu’il avait d’elle faisait partie d’un besoin plus vaste ; qu’il avait éprouvé un plaisir plus intense (mais peut-être moins merveilleux) avec trois autres femmes : une qui était dingue de son camarade de chambre, une aussi amoureuse des Fauves, et enfin une simplement ridicule. Faire l’amour avec Rebecca avait été parfait dès le début parce que c’était Rebecca, avec sa ferveur et sa tendresse réfléchie, et les manifestations, quand ils apprirent à se connaître, de ce qui était pour lui son essence profonde.
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| Peinture fraîche |
Elle passe doucement sa main le long de sa colonne vertébrale, la pose sur ses fesses. Il lâche ses cheveux, enserre ses épaules dans le creux de son bras, il sait qu’elle aime cette impression d’être fermement maintenue (il se représente un des fantasmes de Rebecca : il la tient en l’air, le lit a disparu). De sa main libre, avec son aide, il relève son tee-shirt. Ses seins sont petits et ronds (quand a-t-il pressé une coupe à champagne sur l’un d’eux pour vérifier qu’elle s’y ajustait - dans la maison d’été de Truro ou dans la maison d’hôtes de Marin ?). Les pointes de ses seins se sont peut-être un peu épaissies et assombries - elles ont maintenant la dimension exacte du bout de son petit doigt et la couleur d’une gomme. Étaient-elles jadis légèrement plus petites, un peu plus roses ? Sans doute. En fait, il est un de ces hommes qui n’ont pas l’obsession des femmes plus jeunes, ce qu’elle refuse de croire.
Nous inquiétons-nous toujours pour des choses qui n’existent pas ?
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| Bien en main |
Il presse ses lèvres sur le mamelon gauche, le caresse de sa langue. Elle fait entendre un murmure. C’est devenu rare, sa bouche sur son sein et la réaction de Rebecca, le murmure qu’elle laisse échapper, le semblant de spasme qu’il sent courir le long de son corps, comme si elle ne pouvait croire que cela, cela lui arrive à nouveau. Il bande à présent. Il ne sait jamais, et à vrai dire il s’en fiche, quand il s’excite de lui-même ou quand il est excité parce qu’elle l’est. Elle agrippe son dos, elle n’arrive plus à saisir ses fesses, cela lui plaît qu’elle aime ses fesses. Il encercle de sa langue la pointe de son sein qui se raidit, tapote l’autre d’un doigt. Ce soir, il s’agira avant tout de la faire jouir. Ça se produit souvent ces dernières années - la forme choisie, à un moment donné de la nuit (quand ont-ils baisé ailleurs que dans un lit, la nuit ?) est généralement décidée à l’avance, par qui embrasse qui. Au tour de Rebecca donc. C’est ce qui le fait bander.
Elle a un pli sur le ventre, les hanches un peu lourdes. Bon, Peter, tu n’es pas exactement une vedette de film porno, toi non plus.
Il fait courir sa bouche le long de son ventre, caresse toujours, avec un peu plus d’insistance, la pointe de son sein. Elle pousse un petit cri étonné. Elle le sent venir, ils le sentent tous les deux ; ils savent ; voilà le miracle. Il cesse de caresser son mamelon de son doigt, l’encercle. Il prend l’élastique de son slip entre ses dents, glisse sa langue sous l’élastique, lèche les poils du pubis sans rudesse, mais sans douceur. Ses hanches se soulèvent, elle passe ses doigts dans ses cheveux.
Il est temps d’abandonner les préliminaires et de se déshabiller. C’est un des plaisirs du mariage : plus besoin de se dénuder en douceur, lentement. On peut s’interrompre, ôter ce qui doit l’être et continuer. Il fait passer son caleçon par-dessus son sexe dressé, le jette. Comme c’est la nuit de Rebecca, il se remet à l’ouvrage sans lui laisser le temps d’enlever ses chaussettes, ce qui la fait rire. Il reprend là où il en était, s’active à lécher les poils du pubis, encercler la pointe de son sein droit. On dirait un instantané, soudain les voilà nus (à part les chaussettes, de vieilles chaussettes de coton blanches légèrement jaunies en dessous - elle devrait en acheter des neuves). Elle presse sa tête entre ses cuisses tandis qu’il descend vers le V du pubis, et il y est, il le sait précisément, en expert du clitoris, et c’est excitant, cette précision de faucon et le recul éperdu de Rebecca, c’est trop pour elle pendant un instant, puis elle se détend, ce n’est jamais trop. Ses cuisses se relâchent, s’appuient plus fermement sur ses épaules, et elle geint : Oh-oh-oh-oh. Il y a son odeur, un vague effluve de crevettes fraîches ; c’est alors qu’il aime le plus le corps de sa femme, qu’il ressent le plus de fascination, peut-être aussi un peu de frayeur, elle a probablement le même sentiment concernant son sexe, bien qu’ils n’en aient jamais parlé, peut-être le devraient-ils, mais c’est trop tard à présent. Il l’excite, pince la pointe de son sein entre le pouce et l’index, lèche son clitoris avec insistance, il sait (il le sait, c’est tout) que c’est le rythme soutenu qui compte, la langue et les doigts qui ne s’arrêtent jamais, quoi qu’il arrive, qui la trouveront où qu’elle aille ; c’est cela (et qui sait quoi d’autre ?) qui aura raison d’elle - la forcera à admettre qu’il n’y a pas d’autre issue, qu’il est trop tard, aucune discussion possible, ça ne s ’arrêtera pas. Elle crie oh-oh-oh-oh, plus fort, elle ne geint pas, elle va jouir, cela marche toujours (est-ce qu’elle simule parfois ? Mieux vaut ne pas le savoir), c’est ainsi qu’il va la faire jouir ce soir, ils sont trop fatigués pour baiser vraiment, et ensuite elle s’occupera de lui, elle sait y faire elle aussi ; ils sont près de jouir ensemble, près de jouir, et ils pourront dormir ensuite, ce sera dimanche. »
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| Chronique d’une mort annoncée… |




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