mercredi 23 septembre 2026

Une extraordinaire expressivité libidinale

Les temps changent
Taille originale : 21 x 29,7 cm & 29,7 x 21 cm

Le langage expressif de la bouche

« La bouche possède une extraordinaire expressivité libidinale par la grâce d’un langage non-verbal. De la moue gourmande au tressaillement imperceptible d’une lippe fiévreuse en passant par la voix, chair au grain parfois délicieusement rauque, la bouche n’a pas besoin de faire venir les mots aux lèvres ou sur le bout de la langue pour signifier le désir. Les bouches en cœur de Marilyn Monroe ou boudeuse de Brigitte Bardot, mises en valeur par la teinte éclatante du rouge à lèvres, parlent davantage de sensualité - comme “Les lèvres de Marilyn Monroe” d’Andy Warhol qui suggèrent l’étreinte de deux corps — que les bouches pornographiques trop bavardes dans leur manière d’exhiber une ouverture vorace et de proférer des gémissements criards. Depuis les films muets, qui ont joué du pouvoir métonymique de la bouche pour la voix, le cinéma a toujours investi ce lieu du corps. Avec le cinéma parlant, la voix, et ses facteurs matériels que sont la hauteur, la puissance, le timbre, la coloration, le “grain” dirait Roland Barthes, a été valorisée pour ses qualités sensuelles. À la jonction du corps et du langage articulé, elle représente une médiation entre la pure corporéité et la textualité propre au discours. Se situant dans un entre-deux, lieu d’une tension entre le corps et le texte, le jeu de l’acteur à venir et la structure des signes verbaux, elle réalise une incarnation du Verbe et une mise en système du corps. »

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