dimanche 31 juillet 2016

Esclave ?

bondage femdom
taille originale : 21 x 29,7 cm

Il s'assit de l'autre côté du bureau mais en biais pour que celui-ci ne constitue pas un obstacle entre elle et lui. Il commença hypocritement en parlant du travail.

« Tout est prêt pour la soirée de demain ? La liste des invités est clôturée ? L’arrivée du groupe est confirmée ? »

Elle le rassura. Elle avait tout vérifié. Tout devait se passer comme prévu.

« Tu n'as pas besoin d'aide ? Tu ne veux pas un stagiaire supplémentaire pour vérifier la liste des invités ?
— Non ça ira. C'est gentil de ta part de t'inquiéter. Mais ça ira.
— Oui. D'ailleurs ce n'est pas mon boulot en fait. C'est juste que je m'inquiète. »

Il décida d'enfoncer un coin.

« Je m'inquiète un peu pour toi. Oui. D’ailleurs, je peux te poser une question plus personnelle? »

Il savait qu'elle attendait quelque chose de personnel étant donné les échanges très familiers qui étaient déjà les leurs. Il fallait d'abord la décevoir. Ou la désorienter.

« Tu ne travailles pas trop? Tu termines toujours tard au bureau, tu es souvent la dernière. Attention au burn-out ! ajouta-t-il en souriant. Dans ce cas, je serais responsable même si tu ne dépends pas directement de moi.
— Non, non. C'est moi qui me disperse en fait. Je procrastine un peu. »

C'était le moment de passer aux choses sérieuses.

« Ah bon. Au fait, ça n'a rien à voir, mais j'ai l'impression qu'il y a une connexion plus particulière entre nous. Entre toi et moi. Plus personnelle. Je me trompe ?
— Euh non non… sans doute. Tu veux dire quoi ?
— Du désir. Du désir. Ça et rien d'autre. Sois sincère, je le suis. J'ai envie de toi. Et toi ? »

Elle hésita un bref instant. « Oui, moi aussi. J’ai envie de mieux te connaître.
— Non, dis les choses clairement. Je veux savoir si tu as envie de moi. Et jusqu’où tu as envie d’aller. »

Il parlait calmement, prêt à essuyer un refus. Mais, cette fois, il voulait être sincère, et direct, et qu’elle le soit aussi.

« Oui, j’ai sans doute envie de quelque chose de plus… » Quelque chose de plus ! une formule précautionneuse pour ne pas se laisser aller complètement, comme une bouée de sauvetage qu’elle garderait à portée de main. Et elle avait sans doute envie… sans doute ! Lui il n’avait pas de doute et il allait la bousculer, la faire plonger, lui montrer ce que c’est que le désir, intense et sans vergogne.

Il commença. Il aurait voulu plonger son regard, faire front, ne pas détourner les yeux un seul instant, mais il n’y réussit pas vraiment. Il n’était pas aussi maître de lui-même qu’il ne le pensait. Mais il réussit à débiter sa tirade sans trop d’hésitation.

« J’ai envie de toi, mais j’ai envie de toi complètement, absolument, sans retenue. Cela signifie que je veux que tu sois complètement disponible, complètement soumise à mes désirs. Tu dois m’obéir, tu dois exécuter tous mes ordres, répondre à toutes mes exigences, satisfaire tous mes désirs. L’égalité en matière sexuelle, ça n’existe pas. J’exige de mes partenaires qu’elles se donnent entièrement, qu’elles m’ouvrent tous leurs trous, qu’elles me prennent dans tous leurs orifices. N’aie pas peur, ce n’est pas du sadisme, mais une domination, une domination totale et surtout une soumission absolue de ta part. Je veux que tu sois mon esclave. Je ne frappe pas, je ne fouette pas, j’exige juste l’obéissance, une obéissance inconditionnelle. C’est moi qui t’indiquerai ce que tu dois faire, et comment tu dois le faire. Tu peux refuser de faire certaines choses, mais tu dois t’excuser de n’être pas capable de le faire. Parce que tout ce que je te demanderai, je suis capable de le faire. Je te lécherai le cul, j’enfoncerai ma langue au fond de ton trou, tu me pisseras dans la bouche et je boirai ta pisse, j’écarterai les fesses et tu me défonceras le cul. Et j’exigerai la même chose de toi. Je t’ordonnerai de me sucer la bite, de me lécher les couilles et d’enfoncer ta langue dans le trou de mon cul. Je ne te forcerai jamais à faire quelque chose, il n’y aura aucun geste brutal ou violent de ma part, juste des ordres. Je t’ordonnerai et tu m’obéiras. Tu te donneras, tu t’abandonneras, tu te soumettras, tu feras les gestes, tu écarteras les fesses, tu ouvriras ton cul, ta chatte ou ta bouche. Tu avaleras. Tu lécheras, tu branleras, tu resteras immobile quand j’éjaculerai sur ton visage. Tu me diras Oui, maître. Et puis, il y aura les mots. Je parlerai beaucoup, j’utiliserai des mots orduriers mais ce sont en fait des éloges. La sexualité exige que l’on renverse la valeur des choses et des mots. Je te traiterai de putain, de salope et de chienne. Mais seules des femmes exceptionnelles méritent ces titres. Tu devras être une putain parce que tu te donneras complètement, tu ne te refuseras en aucune manière, tu reconnaîtras que tout ce que j’exige de toi, de ton corps, de tes orifices est légitime. Tu seras une salope parce que tu aimeras tout ce que je te ferai, tu aimeras être traitée ainsi, être fourrée, bourrée, baisée, enculée, couverte de foutre, de cyprine et de pisse, tu jouiras de t’abandonner entièrement et sans retenue. Enfin tu seras une chienne, une chienne soumise, obéissante, une esclave, implorante. Tu écarteras les jambes, tu me donneras ta chatte, tu exhiberas ton clito, tu ouvriras les fesses, tu marcheras à quatre pattes, tu t’agenouilleras devant moi, tu me laisseras mettre les doigts dans ta chatte et ma bite dans ton cul, tu seras attachée au milieu du lit, et tu t’abandonneras complètement. »

Il avait parlé d’une seule traite, ayant appris tout ce propos par cœur, bafouillant un peu mais suffisamment assuré pour ne pas laisser paraître sa panique.

Albertine répondit brièvement : « C’est un peu perturbant. »

Il fit un nouvel effort et se dressa debout devant elle : « Si tu as vraiment envie de moi, comme tu l’as dit, mets-toi à genoux. »

Elle lui jeta un bref regard.

samedi 7 mai 2016

dans tes bras, prisonnière


Dans les toilettes rénovées d'un
Musée d'art moderne et d'art contemporain

« Tue-moi, splendide et sombre amour,
si tu vois dans mon âme s’égarer l’espérance,
si le cri de douleur en moi se lasse,
comme meurt dans mes mains cette fleur.
Dans l’abîme de mon cœur
tu trouvas un espace digne de ton attente,
en vain, de ton ciel tu m’éloignas
laissant dans les flammes ma désolation.
Contemple la misère, la richesse
de qui connaît toute ta joie.
Contemple mon hypnotique tristesse.
Ô toi qui me fis don de l’harmonie !
Je crois sans espérance en ta promesse.
Amour contemple-moi, dans tes bras, prisonnière. »

vendredi 6 mai 2016

Mémoires sexuels. Nouvelle tentative


gay, pénétration anale
Taille originale : 29 x 29 cm 
« Cela avait commencé à la bibliothèque, avec Kant. Les bibliothèques sont des usines à rêves érotiques. C’est la langueur qui les provoque. Le corps doit ajuster sa position — une jambe repliée, une paume sur laquelle on s’appuie, un dos que l’on étire — mais il ne va nulle part. C’est la lecture et le fait de lever les yeux de ce qu’on lit qui les provoquent ; la pensée quitte le livre et va errer sur une cuisse ou un coude, réels ou imaginaires. La pénombre des rayonnages les provoque en suggérant ce qui est caché. L’odeur sèche du papier et des reliures et, fort possiblement, l’odeur de la vieille colle les provoquent. Ce n’était pas un Kant difficile : Critique de la raison pratique, beaucoup plus facile que pure, mais j’avais vingt ans et pratique était bien assez difficile, et il se pencha sur moi pour voir de quel livre il s’agissait. Son haleine chaude, sa barbe, très proches. Le professeur B., sa chemise blanche, son épaule à quelques centimètres de la mienne. Mon corps entier se raidit, et je ne dis rien. Puis il se mit à lire d’une voix sourde, mais le seul mot dont je me souvienne est tutelle. Il le prononçait lentement, en détachant les syllabes, et je fus à lui. Cela finit mal, comme on dit, qui que soit ce on, mais ses yeux qui m’observaient quand je me déshabillai — Non, d’abord le chemisier. Maintenant la jupe. Lentement — , ses longs doigts passant dans ma toison, et puis se retirant, me taquinant, souriant, me mettant au désespoir — ces plaisirs impudiques dans la bibliothèque après la fermeture, ceux-là je les conserve bien à l’abri dans ma mémoire. »
gay, pénétration anale

dimanche 27 mars 2016

si bleu, si calme

Exercice de domination
« Je vais vous dire pourquoi tout s’est mal passé : c’est pour une raison qui vous semblera sûrement incompréhensible. Jamais je n’ai eu de femme plus belle ou plus excitante que D…y : elle me faisait même absolument perdre la tête, mais au lit j’étais impuissant avec elle. Avouez qu’on n’inventerait pas une histoire plus édifiante : les débauchés déconcertés, réduits à s’écœurer eux-mêmes. Pourtant il n’est pas difficile de nous comprendre. Elle était aussi habituée que moi aux excès et je ne pouvais pas la satisfaire avec des simagrées. Ce n’est pas difficile à comprendre. Je me mettais en sueur. Le temps passait en efforts inutiles. À la fin, j’étais dans un état d’extrême épuisement physique, mais l’épuisement moral était pire. Aussi bien pour elle que pour moi. Elle m’aimait et pourtant, à la fin, elle me regardait bêtement, avec un sourire fuyant, même fielleux. Elle s’excitait avec moi et je m’excitais avec elle, mais nous n’arrivions qu’à nous écœurer. Vous comprenez : on devient dégoûtant… Tout était impossible. Je me sentais perdu et, à ce moment-là, je ne pensais plus qu’à me jeter sous un train… Je m’arrêtai un moment. Je dis encore : Il y avait toujours un arrière-goût de cadavre… Vous ne pouvez imaginer à quel degré d’aberration il est possible d’arriver. Je me demandais pourquoi j’étais impuissant avec elle, et pas avec les autres. Tout allait bien quand je méprisais une femme. Seulement, avec D…y, j’avais toujours envie de me jeter à ses pieds. Je la respectais trop, et je la respectais justement parce qu’elle était perdue de débauches. Tout cela doit être inintelligible pour vous.  »
Version urbaine
Version ensoleillée
Taille originale : 24 x 32 cm

dimanche 3 janvier 2016

L’homme est un monstre

dessin pornographique ballbusting
taille originale : 29,7 x 21 cm

« Mais l’œuvre de la main est plus riche que nous ne le pensons habituellement. La main ne fait pas que saisir et attraper, ne fait pas que serrer et pousser. La main offre et reçoit, et non seulement des choses, car elle-même s’offre et se reçoit dans l’autre. La main garde, la main porte. La main trace des signes, elle montre, probablement parce que l’homme est un monstre. Chaque mouvement de la main dans chacune de ses œuvres est porté par l’élément de la pensée, il se comporte dans cet élément. Toute œuvre de la main repose dans la pensée. »

vendredi 1 janvier 2016

L'émerveillement des âmes…

dessin pornographique strapon femdom
Taille des dessin originaux : 21 x 29,7 cm

« La nouveauté dans la peinture ne consiste pas surtout dans un sujet non encore vu, mais dans la bonne et nouvelle disposition et expression, et ainsi de commun et vieux, le sujet devient singulier et neuf. Si le peintre veut éveiller dans les âmes l'émerveillement, encore qu'il n'ait en main un sujet habile à la faire naître, qu'il n'y introduise point de choses nouvelles, et étranges, et hors de raison, mais qu'il contraigne son esprit à rendre merveilleuse son œuvre par l'excellence de la manière, d'où se puisse dire : materiam superabat opus. »

vendredi 25 décembre 2015

Imaginaire sexuel

image pornographique strapon

« L'homme a toujours besoin de deux images simultanées : la “réelle” et l'“imaginaire”. Mais pourquoi ces guillemets ? Parce qu'aucune des deux n'est entièrement réelle ni imaginaire. »
image pornographique strapon
Taille des dessin originaux : 29,7 x 21 cm