lundi 14 février 2011

Nouveautés simulées?

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taille originale : 29,7 x 42 cm
« L’idée d’avant-garde est abandonnée avec le concept d’histoire, et la modernité, plutôt qu’un temps, devient un lieu qu’on visite sans plaisir ni déplaisir, peut-être avec indifférence ou une sorte de joie perverse. La simulation est la seule nouveauté, encore ne produit-elle que des nouveautés simulées. Quoi qu’il fasse, tout l’art d’aujourd’hui fait dans la rétro-avant-garde. »
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taille originale : 42 x 29,7 cm

samedi 12 février 2011

Fidélité /infidélité

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taille originale : 27 x 36 cm

« Comment ! lui dis-je madame, si j’avais entrepris de vous plaire et que j’eusse le bonheur d’y réussir, trouveriez-vous bon que je vous manquasse de fidélité ?
—Pourquoi non ? dit la marquise, l’infidélité est un grand mot souvent mal appliqué. En amitié, c’est un crime, mais si jamais nous nous trouvions simplement du goût pour l’autre, je ne prétendrais pas être l’unique objet de vos attentions. Une telle prétention serait à la fois une tyrannie insupportable pour vous, et une folie cruelle pour moi-même. Jouissons toujours d’un bien comme s’il ne devait jamais finir, et sachons le perdre comme n’y ayant aucun droit.
Croyez-vous que je n’aie jamais eu d’occasion de m’attacher aussi follement que beaucoup d’autres ? Peut-être dois-je une partie de ma philosophie à ma propre expérience, mais j’ai réfléchi de bonne heure sur ce sujet et je me suis fait un plan de vie en conséquence de mes réflexions. J’ai songé à nourrir mon esprit de connaissances plus agréables que pénibles, et capables du moins d’empêcher la solitude ou la vieillesse de m’effrayer, à défendre mon cœur de toute passion tyrannique et à goûter les plaisirs que les mœurs régnantes me permettent.
Ce n’est pas que je les approuve ces mœurs ; si elles devenaient plus régulières, il y aurait à gagner pour tout le monde. Si cela n’est pas, que les hommes s’en prennent à eux-mêmes ; qu’ils cessent de crier au dérèglement ou de croire qu’il y ait une morale différente pour les deux sexes. »

Des musiques imbéciles…

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taille originale : 29,7 x 21 cm
(dessin sur fragment agrandi)

« nous écoutions les radios libres et nous nous embrassions
enlacés nous nous couvrions de baisers en écoutant
les radios libres leurs rythmes leurs voix que nous aimons

dehors on entendait la drache accabler les carreaux
et dedans sur les murs on voyait s’agrandir les taches
jaunes d’humidité qui pénétrait dans la maison »

lundi 7 février 2011

Le sourire du dégoût

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taille originale : 27 x 36 cm
(dessin avec fragment agrandi)

« Une espèce d’inertie stagnante, colorée d’une joie amère, est ordinaire aux débauchés. C’est une suite d’une vie de caprice, où rien n’est réglé sur les besoins du corps, mais sur les fantaisies de l’esprit, et où l’un doit toujours être prêt à obéir à l’autre. La jeunesse et la volonté peuvent résister aux excès ; mais la nature se venge en silence, et le jour où elle décide qu’elle va réparer sa force, la volonté meurt pour l’attendre et en abuser de nouveau.
Retrouvant alors autour de lui tous les objets qui le tentaient la veille, l’homme qui n’a plus la force de s’en saisir ne peut rendre à ce qui l’entoure que le sourire du dégoût. Ajoutez que ces objets mêmes, qui excitaient hier son désir, ne sont jamais abordés de sang-froid ; tout ce qu’aime le débauché, il s’en empare avec violence ; sa vie est une fièvre ; ses organes, pour chercher la jouissance, sont obligés de se mettre au pair avec des liqueurs fermentées, des courtisanes et des nuits sans sommeil ; dans ses jours d’ennui et de paresse, il sent donc une bien plus grande distance qu’aucun autre homme entre son impuissance et ses tentations, et, pour résister à celles-ci, il faut que l’orgueil vienne à son secours et lui fasse croire qu’il les dédaigne. C’est ainsi qu’il crache sans cesse sur tous les festins de la vie, et qu’entre une soif ardente et une profonde satiété la vanité tranquille le conduit à la mort. »

dimanche 6 février 2011

Un breuvage d'immortalité donné par le dieu Krishna ?

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taille originale : 34,5 x 22 cm

« Notre auteur cite également un épisode du Mahābhārata (Asvamedha Parvan, 14.54, 12-35) au cours duquel le dieu Krishna octroie à son protégé, en guise de boisson, l'urine d'un Intouchable qui se révèle être Indra, et l'urine elle-même un breuvage d'immortalité. »
Krishna, divinité de l'hindouisme, signifie littéralement «sombre, bleu-noir» (d'après Wikipedia).

samedi 5 février 2011

Un ressort singulier dans ce membre


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taille des dessins originaux : 29,7 x 42 cm

« Entrons dans quelques détails de ces ressorts de la machine humaine. Tous les mouvements vitaux, animaux, naturels et automatiques se font par leur action. N’est-ce pas machinalement que le corps se retire, frappé de terreur à l’aspect d’un précipice inattendu ? que les paupières se baissent à la menace d’un coup, comme on l’a dit ? que la pupille s’étrécit au grand jour pour conserver la rétine, et s’élargit pour voir les objets dans l’obscurité ? n’est-ce pas machinalement que les pores de la peau se ferment en hiver, pour que le froid ne pénètre pas l’intérieur des vaisseaux ? que l’estomac se soulève, irrité par le poison, par une certaine quantité d’opium, par tous les émétiques, etc. ? que le cœur, les artères, les muscles se contractent pendant le sommeil, comme pendant la veille ? que le poumon fait l’office d’un soufflet continuellement exercé ? n’est-ce pas machinalement qu’agissent tous les sphincters de la vessie, du rectum, etc. ? que le cœur a une contraction plus forte que tout autre muscle ? que les muscles érecteurs font dresser la verge dans l’homme comme dans les animaux qui s’en battent le ventre, et même dans l’enfant, capable d’érection, pour peu que cette partie soit irritée ? Ce qui prouve, pour le dire en passant, qu’il est un ressort singulier dans ce membre, encore peu connu, et qui produit des effets qu’on n’a point encore bien expliqués, malgré toutes les lumières de l’anatomie.
Pourquoi la vue ou la simple idée d’une belle femme nous cause-t-elle des mouvements et des désirs singuliers ? Ce qui se passe alors dans certains organes, vient-il de la nature de ces organes ? Point du tout ; mais du commerce et de l’espèce de sympathie de ces muscles avec l’imagination. Il n’y a ici qu’un premier ressort excité par le bene placitum des Anciens, ou par l’image de la beauté qui en excite un autre, lequel était fort assoupi, quand l’imagination l’a éveillé : et comment cela, si ce n’est dans le désordre et le tumulte du sang et des esprits, qui galopent avec une promptitude extraordinaire, et vont gonfler le corps caverneux ? »
un peu d'animation…

Quand un train file dans la nuit…

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taille originale des dessins : 36 x 27 cm 

« Du fond de mon cœur des larmes me viennent
Si je pense, Amour, à ma maîtresse ;
Elle n'est qu'une enfant, que je trouvai ainsi
Pâle immaculée, au fond d'un bordel.
Ce n'est qu'une enfant, blonde, rieuse et triste,
Elle ne sourit pas et ne pleure jamais ;
Mais au fond de ses yeux, quand elle vous y laisse boire,
Tremble un doux lys d'argent, la fleur du poète.
Elle est douce et muette, sans aucun reproche,
Avec un long tressaillement à votre approche ;
Mais quand moi je lui viens, de-ci, de-là, de fête,
Elle fait un pas, puis ferme les yeux — et fait un pas.
Car elle est mon amour, et les autres femmes
N'ont que des robes d'or sur de grands corps de flammes,
Ma pauvre amie est si esseulée,
Elle est toute nue, n'a pas de corps — elles est trop pauvre.
Elle n'est qu'une fleur candide, fluette,
La fleur du poète, un pauvre lys d'argent,
Tout froid, tout seul, et déjà si fané
Que les larmes me viennent si je pense à son cœur.
Et cette nuit est pareille à cent mille autres quand un train file dans la nuit
— Les comètes tombent —
Et que l'homme et la femme, même jeunes, s'amusent à faire l'amour. »