dimanche 27 septembre 2015

L'image polyphonique

dessin pornographique, fellatio, rimming, threesome
taille originale : 21 x 29,7

« On ne peut pas prévoir pencher si
soudainement vers un visage et vouloir lécher
le corps entier de l'âme jusqu'à ce que le regard
étincelle de toutes les fureurs et les abandons.
On ne peut pas prévoir l'emportement du corps
dans l'infini des courbes, des sursauts, chaque
fois que le corps se soulève on ne voit pas
l'image, la main qui touche la nuque, la langue
qui écarte les poils, les genoux qui tremblent, les
bras qui par tant de désir entourent le corps
comme un univers. On ne voit que le désir. On
ne peut pas prévoir l'image, les fous rires, les cris
et les larmes. L'image est tremblante, muette et
polyphonique. »
« En créant des œuvres provocantes qui suscitent fascination ou rejet,
il perturbe nos certitudes et modifie notre perception de l’art
 »

dimanche 6 septembre 2015

Pansexualisme

Taille originale : 21 x 29,7

« L'idée qu'il y aurait un “vrai sexe”, des “genres distincts” et des sexualités spécifiques a constitué pour de très nombreuses féministes un point de référence stable dans leur travail théorique et politique. Ces catégories identitaires sont des constructions servant de point de départ pour faire émerger la théorie et donner forme à la politique elle-même. Dans le cas du féminisme, la politique est apparemment faite pour exprimer les intérêts, les perspectives des “femmes”. Mais la catégorie “femme” n'est-elle pas une construction politique qui précède et préfigure la manière dont les intérêts et le point de vue épistémique des femmes seront politiquement formulés ? Comment façonne-t-on leur identité ? Est-ce un façonnement politique qui se fonde sur la morphologie et la frontière même du corps sexué comme s'il était une surface ou un lieu d'inscription culturelle ? Comment comprendre que ce lieu soit défini comme le “corps féminin”? Le “corps” ou le “corps sexué” est-il le fondement inébranlable sur lequel opèrent le genre et les systèmes de sexualité obligatoire ? Ou serait-ce plutôt que le “corps” est façonné par des forces politiques ayant stratégiquement intérêt à faire en sorte qu'il reste fini et constitué par les marqueurs du sexe ?
La distinction sexe/genre et la catégorie de sexe semblent présupposer que le “corps” existe en général avant de prendre sa signification sexuée. Ce “corps” apparaît souvent comme un simple véhicule prenant une signification par l'inscription d'une source culturelle supposée “extérieure” au corps. Toute théorie envisageant le corps comme un construit culturel devrait tout de même mettre en question la généralité suspecte de ce construit lorsque le “corps” est représenté comme passif et pré-discursif. Il existe des précédents chrétiens et cartésiens à de telles conceptions qui, avant l'émergence des biologies vitalistes du XIXe siècle, comprenaient le “corps” comme autant de matière inerte dépourvue de signification. Plus précisément, le corps signifiait un vide profane, l'état de la chute : la tromperie, le péché, les métaphores prémonitoires de l'enfer et de l'éternel féminin. À de nombreuses reprises, dans les œuvres de Sartre et de Beauvoir, le “corps” est représenté comme un fait silencieux, en attente de signification que seule une conscience transcendante, au sens cartésien, c'est-à-dire radicalement immatérielle, est en mesure d'attribuer. Mais qu'est-ce qui établit ce dualisme pour nous ? Qu'est-ce qui distingue le “corps” non signifié de la signification elle-même comme l'acte d'une conscience radicalement désincarnée ou plutôt comme l'acte qui désincarne fondamentalement la conscience ? Dans quelle mesure le dualisme cartésien corps/esprit, présupposé dans la phénoménologie, est-il adapté au cadre structuraliste où il apparaît sous la forme de l'opposition nature/culture ? Si l'on considère le langage du genre, dans quelle mesure ces dualismes problématiques opèrent-ils encore dans les descriptions censées précisément nous faire sortir de cette binarité et de sa hiérarchie implicite ? Comment les contours du corps sont-ils clairement marqués comme base ou surface évidente, sur laquelle les significations de genre s'inscrivent comme sur des faits bruts, dépourvus de valeur avant toute signification ?  »

dimanche 23 août 2015

Pierres de taille

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taille originale: 21 x 29,7 cm
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Cinéma X :
« Il faut réussir sa sortie, dans ce job. Pamela l’a appris des Coralie, Ovidie, Nina Roberts et autres Elodie... Il faut savoir s’arrêter avant d’accepter les tournages qu’on ne doit pas accepter. Ce qui l’a le plus choquée, c’est qu’elles flippaient toutes de l’anal. On ne peut pas faire ce job en détestant la sodomie. C’est comme si tu me dis je suis allergique à la farine et je veux être boulangère. Allo, meuf — change de branche, par pitié. »

Variation


dimanche 2 août 2015

Être possédé…

« Depuis petite, depuis Goldorak et Candy, qui passaient à la suite à la sortie de l’école, j’ai la passion d’inverser juste pour voir.
“J’ai besoin d’un homme qui soit uniquement à moi et que je puisse trouver chez moi à toute heure.” Ça sonne tout de suite différemment. L’homme n’est pas là pour rester à la maison, ni pour être possédé. Quand bien même j’aurais besoin ou envie d’un homme qui serait uniquement à moi, tout me conseille de modérer mes ardeurs et, au contraire, d’être entièrement à lui. C’est pas la même chanson. Il n’y a personne, alentour, qui soit politiquement assigné à sacrifier sa vie pour adoucir la mienne. Ça n’est pas réciproque, comme rapport d’utilité. De la même façon, je ne pourrai jamais écrire, en toute bonne foi égoïste : “Il me faut un intérieur, tout de suite, et un homme qui s’occupe sans cesse de moi pour les plus petites choses.” Si jamais je rencontre pareil homme, c’est que j’aurai les moyens de le salarier. “Il n’est même pas nécessaire que cet homme soit très mignon, je ne veux pas non plus qu’il soit d’une intelligence excessive, ni surtout qu’il réfléchisse trop. Il me suffit qu’il soit attaché à moi.”
Ma puissance ne reposera jamais sur l’inféodation de l’autre moitié de l’humanité. Une être humain sur deux n’a pas été mis au monde pour m’obéir, pou s’occuper de mon intérieur, élever mes enfants, me plaire, me distraire, me rassurer sur la puissance de mon intelligence, me procurer le repos après la bataille, s’appliquer à bien me nourrir… tant mieux.
Dans la littérature féminine, les exemples d’effronterie ou d’hostilité contre les hommes sont rarissimes. Censurés. Moi, je suis de ce sexe-là, qui n’a même pas le droit de mal le prendre. »
bondage, femdom, dessin pornographique

« Le féminisme est une révolution, pas un réaménagement des consignes marketing, pas une vague promotion de la fellation ou de l’échangisme, il n’est pas seulement question d’améliorer les salaires d’appoint. Le féminisme est une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes, et pour les autres. Une révolution bien en marche. Une vision du monde, un choix. »
bondage, femdom, dessin pornographique
Taille originale : 21 x 29,7 cm

dimanche 12 juillet 2015

En ville, les signes appelant au sexe…


Soleil levant

« Le porno pose un vrai problème : il défoule le désir et lui propose un soulagement, trop rapidement pour permettre une sublimation. À ce titre, il a une fonction : la tension dans notre culture entre délire sexuel abusif (en ville, les signes appelant au sexe nous envahissent littéralement le cerveau) et rejet exagéré de la réalité sexuelle (on ne vit pas dans une gigantesque partouze perpétuelle, les choses permises ou possibles sont même relativement restreintes). Le porno intervient ici comme défoulement psychique, pour équilibrer la différence de pression. Mais ce qui est excitant est souvent embarrassant, socialement. Rares sont ceux et celles qui ont envie d’assumer en plein jour ce qui les fait grimper aux rideaux, dans le privé. On n’a même pas forcément envie d’en parler avec nos partenaires sexuels. Domaine du privé, ce qui me fait mouiller. Car l’image que ça donne de moi est incompatible avec mon identité sociale quotidienne.
Ciel voilé

Nos fantaisies sexuelles parlent de nous, à la façon détournée des rêves. Elles ne disent rien sur ce que nous désirons voir arriver de facto.
Plein soleil
Il est évident que beaucoup d’hommes hétérosexuels bandent à l’idée de se faire mettre par d’autres hommes, ou de se faire humilier, sodomiser par une femme. Ce qui nous excite, ou pas, provient de zones incontrôlées, obscures ; et rarement en accord avec ce qu’on désire consciemment. C’est tout l’intérêt de ce cinéma de genre, si on aime lâcher prise et perdre connaissance, et c’est tout le danger de ce même cinéma, si justement on a peur de ne pas tout contrôler. »
Tout est une question de lumière !

dimanche 10 mai 2015

Colonnes galbées

Taille originale : 29,7 x 24 cm
« Que trouve-t-il ou que cherche-t-il au nid vénusien ce jeune artiste ? Ses pupilles vierges, que tentent-elles de percer ? Qu’est-ce qui l’oriente vers ce triangle de peau transparente, traversé de veinules bleues comme des ruisselets, ombré du boqueteau épilé du pubis ? Je ne saurais le dire et je crois que lui non plus. Mais il y a là quelque chose qui attire son regard chaque après-midi sous l’emprise d’une fatalité ou la magie d’un sortilège. Quelque chose comme l’instinct qu’au pied du mont de Vénus ensoleillé, dans la tendre faille que protègent les colonnes galbées des cuisses de la dame, pulpeuse, pourpre et humide de la rosée de son intimité, coule la source de la vie et du plaisir.
La dame, remarquant la ferveur et l'hommage que lui rendent les yeux de ce visage imberbe et pressentant les désirs fébriles que ses formes molles et blanches éveillent chez cet adolescent sensible, ne peut laisser d'être émue et en proie à des humeurs concupiscentes. Surtout quand il la regarde là où il la regarde. »
Colonne porteuse