vendredi 24 avril 2020

Sodomie primale

Baiser sous la pluie (ou à l’abri ?)

Je terminais des études de secrétariat de direction, et j’étais à la recherche d’un stage de trois mois à effectuer dans une entreprise de mon choix. C’est ainsi que je rencontrai Camille. Elle était à la tête d’une start-up qu’elle avait fondée avec un camarade une quinzaine d’années auparavant. Le personnel était essentiellement constitué d’ingénieurs et d’agents commerciaux, toutes les autres tâches étant externalisées, notamment les questions juridiques que traitaient des cabinets d’avocats plus ou moins spécialisés. C’était la première fois qu’elle faisait appel à un secrétaire de direction. Le nombre de rendez-vous, de réunions, d’interpellations de toutes sortes ne cessait d’augmenter, et elle voulait voir si un soutien en ce domaine était souhaitable.

Elle m’impressionna dès notre première rencontre. C’était une femme de trente-cinq ans à peine, qui ressemblait à ces executive women qu’aiment mettre en scène le cinéma et les télévisions américaines. Elle échappait néanmoins à la caricature des hauts talons effilés et des tailleurs Chanel. Elle pouvait paraître distante, hautaine même, mais cela résultait sans doute de sa supériorité naturelle, de son intelligence, de sa beauté aussi. Et puis c’était une dirigeante née. Elle imposait facilement ses décisions à des collaborateurs ou collaboratrices hésitantes, craignant d’assumer des responsabilités ou de faire des choix risqués.

Je dus immédiatement signer une clause de confidentialité, et l’on me donna un ordinateur portable sécurisé que je ne pouvais pas emporter en dehors des bureaux. J’étais chargé de prendre des notes lors des réunions, d’en faire la synthèse, de rédiger certains rapports, d’organiser le planning de Camille (dans cette entreprise moderne et décontractée, tout le monde s’appelait par son prénom). Certaines réunions (ou parties de réunion) jugées trop confidentielles me furent néanmoins interdites dans un premier temps. Mais en dehors de ces quelques moments, je restais constamment à ses côtés, en particulier dans son bureau même lorsqu’elle était au téléphone. Une confiance mutuelle sembla s’installer rapidement entre nous. Il lui arriva bientôt après une réunion de faire une remarque acide sur l’une ou l’autre intervenant qu’elle jugeait stupide ou timoré. Elle me faisait également noter des rendez-vous personnels — avec sa mère, avec sa sœur avec son frère… — dans son agenda électronique. Elle oubliait apparemment que je n’étais qu’un stagiaire.

Une de nos ingénieures sollicita une entrevue. Elle voulait une augmentation de salaire, mais elle se demandait si ma présence était opportune. Camille répondit que j’étais muet comme une tombe et qu’elle avait toute confiance en moi. À ce moment, elle étendit la main sous la table et la posa sur ma cuisse. Je sentis ses doigts se serrer brièvement dans un signe de connivence. L’ingénieure se plaignait d’être à peine mieux payée qu’un collègue masculin qui semblait incapable et objectivement paresseux. Camille refusa l’augmentation mais affirma qu’elle allait licencier ce type après un bilan de ses compétences ou plus exactement de ses incompétences.

L’ingénieure sortit. J’étais toujours assis alors que Camille, qui venait de se lever, s’appuyait contre la table, debout à mes côtés. Mon avant-bras touchait pratiquement sa cuisse. Je regardais fixement devant moi et j’entendis sa voix : « Ça va, Hugues ? Tu es bien silencieux ? » Je bafouillai : « Euh, non… » même si je n’avais effectivement rien dit. Encore eût-il fallu tenir compte du fait que mon rôle était en principe celui d’un témoin muet. « Regarde-moi » m’ordonna-t-elle en accompagnant ses paroles d’un geste d’une extraordinaire douceur consistant à me saisir du bout des doigts le menton pour m’obliger à lever la tête et les yeux vers son visage. Elle me souriait alors que, pris de tremblements, je me sentais prêt à m’évanouir. « Hé bien, on pourrait un peu se détendre, non ? » Je parvins à articuler un bref acquiescement ou du moins un borborygme qui en avait vaguement le sens. Les choses s’accélérèrent. Elle me demanda si je faisais quelque chose ce soir-là (on était en fin de journée), elle m’invita à boire un verre, on sortit, elle parla beaucoup, accoudée au bar, je répondis avec une infinie maladresse, elle sourit en me disant que j’étais très timide mais très mignon. Je profitai d’un aller-retour aux toilettes pour envoyer un texto à mes parents et expliquer que j’étais retenu pour toute la soirée. Ils ne devaient pas m’attendre pour souper, ni surtout s’inquiéter. Elle m’entraîna dans un restaurant italien, luxueux et raffiné mais aux lumières tamisées. Elle choisit son menu et je l’imitai. Je lui laissai évidemment la responsabilité du choix du vin. Il me semblait que je rougissais à chacune de ses questions ou de ses remarques, à chacune de mes réponses. À la fin du repas, elle me demanda si je voulais un dessert, mais elle-même n’en avait pas envie. Je renonçai. Elle demanda l’addition. C’est elle qui payait, c’est elle qui m’invitait. En sortant, elle ne me laissa pas vraiment le choix. Je préfère qu’on aille chez moi, me dit-elle. Je n’étais plus puceau mais je n’avais eu l’occasion jusque-là que de fréquenter quelques étudiantes de mon âge avec qui j’avais pu avoir des relations sexuelles plus ou moins abouties (une ou deux fellations, trois ou quatre cunnilingus, quelques pénétrations, une relation un peu plus soutenue pendant quelques mois avant une rupture inexpliquée…). Jamais une femme n’avait été aussi directe ni rapide avec moi.

J’étais légèrement grisé par l’alcool, et ma fébrilité laissait peu à peu la place à l’excitation. Je me souviens seulement de son auto noire, confortable et silencieuse. Je ne sais pas pourquoi mais je m’attendais à un appartement luxueux en haut d’une tour de verre, comme dans une mauvaise série télévisuelle sans doute, mais elle habitait dans une maison ancienne en pierres de taille qui datait certainement du siècle passé (mais j’avais alors trop peu de connaissances architecturales pour donner un nom à ce style d’immeubles). On traversa le hall pour se rendre dans un salon où elle me fit asseoir dans un canapé en cuir bleu. Dans un tel moment, certains détails s’impriment un peu absurdement dans la mémoire comme une tache à peine visible sur l’accoudoir. Elle m’offrit un dernier verre. S’assit à côté de moi. Se rapprocha de moi. Nos bouches se joignirent. On s’embrassa. Je commençai à la caresser à travers ses vêtements. Sa langue s’enfonça profondément dans ma bouche. Je voulus lui rendre son baiser. Elle se colla plus fortement contre moi, me surplombant légèrement et me saisissant par les cheveux à l’arrière de la tête. Je sentis sa main qui défaisait ma ceinture, ouvrait mon pantalon. Je lui caressais les seins, glissant ma main sous son pull léger. Je découvris le soutien-gorge. Je bandais. Elle me dit : « Montre-moi ta bite ! » C’était la première fois qu’on me disait ce genre de choses. Je m’exécutai. Elle m’empoigna sans me branler comme pour vérifier seulement mon état d’érection.

Version pour noctambules

« Viens, on va dans la chambre », me dit-elle. Je la suivis à l’étage. « Déshabille-toi, garde seulement tes sous-vêtements. » J’obéis et me couchai sur le lit. Elle-même se déshabilla rapidement conservant seulement son soutien-gorge et son slip, d’un rouge sombre tous les deux, élégants et raffinés selon mes critères sommaires de l’époque en matière de lingerie fine. Elle se colla à moi et commença cette fois à me caresser la bite à travers mon slip qu’elle écarta bientôt pour la saisir directement. J’entendis alors distinctement ses mots prononcés contre mon oreille droite : « J’ai envie de t’enculer… ». J’hésitai : « Comment ça ? — Oui, j’ai un gode là… et j’ai envie de t’enculer avec. — Ce n’est pas … euh, c’est inhabituel — Oui, mais moi, c’est ce que j’aime. La première fois que je baise avec un mec, je veux d’abord l’enculer. Il faut qu’il se donne complètement… Je vais te baiser, et tu me donneras ton cul et ta bite. — Je, je ne sais pas… — Tu vas te laisser faire, tu vas t’abandonner, tu dois me faire confiance, tu n’as rien à faire, juste te laisser faire, hein ! Et je te baiserai jusqu’à ce que tu jouisses. Je vais te faire jouir, n’aie pas peur. — Tu crois ? tu penses que… ? — N’aie pas peur, je ferai très doucement. Tu verras, ce sera très bon. C’est la première fois, hein ! pour toi… tu es vierge, ton cul est vierge… — Oui, mais je ne sais pas… C’est la première fois… Je… — Laisse-toi aller, détends-toi, je ne te ferai que du bien. Maintenant tu as un peu peur, mais tu en as envie… Je le vois, tu bandes, tu deviens de plus en plus dur alors que je te caresse à peine. Tu veux bien ? — Oui, je… » J’étais désarçonné, troublé, incapable de réfléchir de manière sensée, craignant une réponse malvenue, maladroite…

Je venais de consentir mais je restais muet, la regardant se lever, ouvrir la table de nuit, en sortir un gode avec un harnais qu’elle attacha bientôt au bas de son ventre après avoir retiré sa culotte. Je ne vis qu’un instant sa toison pubienne noire. Elle me demanda d’enlever mes sous-vêtements et de lui tourner le dos pour lui montrer mes fesses. Elle me félicita pour la joliesse de mon derrière. Je m’abandonnais au cours des événements, ne sachant quelle attitude adopter. Elle m’indiqua comment me coucher, se colla derrière moi en cuillère, me dit et me répéta de me détendre… « Ouvre ton cul mon chéri, écarte bien les fesses, mon prince, donne-moi ton glaive, mon chevalier… ». Et elle commença à me branler lentement, puis de plus en plus vite, jusqu’à ce que des tremblements révèlent que j’étais déjà au bord de l’éjaculation. Elle s’arrêta. « Retiens-toi, retiens-toi. » Et je sentis ses doigts qui écartaient mes fesses avant que la poussée du gode ne survienne contre mon cul. Elle avait manifestement bien lubrifié l’engin, et ma fente fut bientôt complètement humide. Je tremblais, je voulais qu’elle le fasse, j’avais envie qu’elle entre en moi, profondément, rapidement, mais je craignais aussi la douleur vive et insoutenable. Elle me parlait doucement, elle me disait que c’était bon, qu’elle avait terriblement envie de moi, que je l’excitais trop, que mon petit cul la faisait bander, que je devais le lui donner sans retenue.

Elle s’enfonça en moi, à peine. Je murmurai : « non, c’est trop gros, je ne peux pas ! — Mais si, tu vas voir, tu vas la prendre toute. » Et mon cul s’ouvrit sous la poussée, mais l’entrée seule était à peine dilatée. J’avais pourtant l’impression que l’engin était déjà profondément en moi, mais elle m’incita à écarter moi-même les fesses pour faciliter l’intromission, et je constatai que la plus grande partie de la hampe n’était pas encore enfoncée. Elle me branlait la bite tout en m’enlaçant fortement, et elle accentuait sa poussée. « Ouvre-toi ma biche, je veux que tu sois à moi totalement, il faut que tu me donnes ton cul, je dois te prendre à fond, complètement, que tu ne résistes plus… — Non, ce n’est pas possible, c’est trop étroit… je vais m’évanouir ! » Je la sentis reculer doucement puis revenir avec de faibles mouvements, mais je devinais qu’elle s’enfonçait à chaque fois un peu plus profondément. Mon cul me brûlait, j’avais l’impression qu’il se déchirait, et je n’avais envie que d’une seule chose, c’est qu’elle soit complètement en moi, car je savais maintenant qu’elle ne m’abandonnerait pas avant d’être arrivée à son terme. En outre elle me branlait de façon tellement efficace en retardant à plusieurs reprises au dernier moment l’éjaculation que je n’aspirais plus qu’à jouir et à me répandre sans retenue. Un dernier obstacle (du moins, je supposais que c’était le dernier !) s’opposait encore à la pénétration du gode et à la défonce totale. Je crus qu’il serait insurmontable, mais je sentis soudain l’engin s’enfoncer, glisser même facilement dans mon cul, jusqu’à ce que les testicules de latex viennent s’écraser contre mes fesses.

À présent, elle allait et venait en moi, régulièrement, souplement. Je voulus me branler pour jouir aussi rapidement que possible, mais elle retint mon geste. « Attends, ce n’est pas fini. Laisse-moi te baiser comme j’en ai envie, à ma manière. Laisse-toi faire. N’aie pas honte. Tu vas voir, je vais te baiser sans retenue et je vais te faire jouir. Mets-toi à quatre pattes. » Et elle m’a pris en levrette comme si j’étais une femelle animale. Et je ne pouvais m’empêcher de bander alors même qu’elle m’interdisait de me branler. Et elle m’enculait de plus en plus rapidement. Et mon cul était de plus en plus ouvert.

Puis elle me fit coucher sur le dos, se pencha au-dessus de moi, souleva ma jambe droite qu’elle posa sur son épaule gauche et écarta largement mon autre jambe pour pouvoir me baiser facilement en face-à-face. Elle m’encula avec une passion visible, débordante, m’embrassant bientôt à pleine bouche, m’empoignant, me caressant, me soulevant même par instants pour mieux se coller à moi. Sa chaleur, sa sueur se répandaient sur mon ventre et à travers tout mon corps. C’était terriblement agréable de me faire baiser, de n’être qu’un jouet entre ses mains, de m’abandonner entièrement à son désir, à son plaisir. En même temps, elle me branlait, et je voyais dans sa main ma bite qui ne m’appartenait plus. C’était sa chose dont elle semblait jouir autant que moi. Je dus lui avouer en gémissant que j’aimais ça, que j’aimais la manière dont elle usait et abusait de moi. J’éjaculai. Elle me fit relécher ses doigts couverts de sperme.

Elle se retira lentement de mon cul, très lentement, et je sentis la brulure entre mes fesses. Elle essuya le gode, puis vint s’agenouiller au-dessus de moi, sa chatte au-dessus de mon visage. Elle me demanda brièvement : « Lèche-moi maintenant. Finis-moi. Dans mon trou d’abord » J’enfonçai ma langue entre ses lèvres. Elle était mouillée profondément. La sensation m’excita à nouveau. Je commençai à aller et venir, mais c’est elle bientôt qui imprima le mouvement, se caressant sur ma langue offerte, glissant d’avant en arrière, vers son clito que je découvris gonflé entre ses poils. Elle avait gardé le gode-ceinture contre la base duquel mon nez se frottait par instants. Elle le tenait même en main et le branlait dans le même mouvement qu’elle imprimait à son bas-ventre sur ma bouche et mon visage. J’essayais de remplir au mieux mon office mais elle dut me saisir par les cheveux pour que je m’accorde à son rythme de plus en plus violent. Ses cuisses se serraient par instants, et son sexe recouvrait pratiquement tout mon visage au point que j’eus l’impression parfois de suffoquer. Mais elle ne semblait pas s’en soucier, dominée par la montée de son propre plaisir. Elle jouit en éjaculant sur mes lèvres et dans ma bouche (à moins que ce ne fût de la pisse). C’était la première fois que je découvrais un tel phénomène.

taille originale : 29,7 x 21 cm

Nous restâmes silencieux. Je pensais que ce n’était qu’une histoire sans lendemain. J’étais décontenancé. Elle se défit du gode et du soutien-gorge qu’elle avait gardé jusque-là. Elle avait des seins volumineux aux larges aréoles qui me donnèrent envie de les soulever, de les caresser, de les soupeser. Je bandais à nouveau. Elle me demanda de me branler devant elle. Je m’exécutai.

C’est elle qui décida de me revoir. Pour moi, il s’agissait d’une rencontre qui n’allait sans doute pas se répéter. Mais elle me proposa bientôt un nouveau rendez-vous et cela devint très régulier. Je passais des nuits entières chez elle, et elle me proposa bientôt de m’installer à demeure. Elle me dit que j’étais son petit amoureux, ce que je ne démentis pas. Une vie commune commença avec de multiples arrangements nécessaires au quotidien. Je la présentai à mes parents qui furent accueillants même s’ils me firent remarquer de façon délicate la différence d’âge entre nous. À la fin de mon stage, elle refusa cependant que j’intègre la société qu’elle dirigeait à cause de notre relation, mais elle réussit à me trouver un emploi à mi-temps dans une autre boîte dont elle connaissait le responsable des ressources humaines. Cela me laissait du temps pour bricoler ou faire le ménage dans sa maison où je n’étais encore à mon estime qu’une espèce d’hôte.

Camille m’enculait systématiquement. C’était elle qui décidait. Elle me disait « J’ai envie de toi », et je me déshabillais devant elle. Elle m’avait demandé dès nos premières rencontres de me raser le plus entièrement possible. Ensuite, elle me faisait prendre plusieurs positions, d’abord sur le dos en ramenant les jambes sur mes épaules pour bien exhiber mon cul, puis à quatre pattes en cambrant le dos pour soulever mon fessier, ou enfin couché sur le ventre, les cuisses écartées, prêt à me faire sodomiser. J’écartais les cuisses, j’ouvrais mes fesses avec les mains, mais je ne me touchais pas la bite qui lui était réservée. Pendant ce temps, elle se déshabillait lentement, prenait le gode-ceinture qu’elle s’attachait soigneusement autour de la taille et qu’elle me demandait souvent de venir d’abord sucer à genoux devant elle. Elle avait plusieurs godes de différentes dimensions, mais je ne souffrais pas l’intromission des plus gros d’entre eux, et elle se contentait d’un engin de taille moyenne. Mais elle aimait me faire également sucer un gros gode qu’elle tenait alors en main et que je m’efforçais d’avaler aussi profondément que possible. Puis elle m’enculait à chaque fois, au moment où elle le décidait, à son rythme. J’étais à sa disposition, et j’attendais avec impatience le moment où elle s’approcherait de moi, se collerait à moi, me saisirait par les cheveux, les épaules ou les hanches, s’enfoncerait enfin en moi. J’attendais ce moment avec une excitation visible, et je devais me retenir de la supplier « encule-moi, encule-moi tout de suite, je n’en peux plus ! » Et elle me défonçait.

C’était une passion pure. Aujourd’hui, je le sais car il est exceptionnel que deux personnes s’aiment de cette manière-là, que leur désir, leur envie, leur amour coïncident ainsi, sans faux-semblants, sans demi-mensonges, sans réticence à moitié tue. En m’enculant, elle m’aimait et je l’aimais. En ouvrant mon cul à son gode, c’est elle qui me pénétrait, c’est son âme qui glissait en moi jusqu’à la mienne comme deux limaces gluantes, collées l’une à l’autre… Oui, nous étions deux limaces mais deux limaces amoureuses. L’image peut faire sourire, mais la passion dissout les âmes et fond les corps ensemble. Il n’y avait pas de domination dans notre relation, car j’estimais ou plus exactement je sentais que, dans l’amour, on devait se donner entièrement à l’autre, qu’il m’était impossible de refuser cet engagement total vis-à-vis de Camille et que je pouvais même être fier de cet abandon inconditionnel. Elle désirait mon cul et je le lui donnais. Et ce désir me faisait fondre de jouissance.

Le plaisir, aussi partagé soit-il, aime néanmoins les variations, qu’il s’agisse de gestes, de positions, de pratiques, de lieux ou encore de moments. Parfois, elle me surprenait en pleine lecture ou au milieu d’une série télévisée et me demandait de me déculotter car elle était prise d’une envie soudaine. Je refusais rarement. Il lui arrivait également de me photographier dans une posture impudique ou même de me filmer en train d’être pénétré par son gode. Elle me demanda si elle pouvait publier ces vidéos sur un site de porno amateur, ce que j’acceptai même si mon visage était reconnaissable. Les suiveurs restèrent en nombre limité, mais fidèles.

Après lui avoir donné mon cul, je la léchais ou parfois elle me faisait sucer le gode tandis qu’elle se branlait. Elle éjaculait très souvent en jouissant, et sa mouille répandue sur mon visage et dans ma bouche me faisait bander à nouveau. L’une ou l’autre fois, alors qu’elle enfonçait ses doigts ou un gode dans mon cul, je lui avais demandé de me sucer, et elle l’avait fait sans réticence mais, au moment de l’orgasme, elle relâcha ma bite de sa bouche et me fit jouir sur mon ventre. Elle promena ses doigts dans le foutre et me les fit relécher. Je lui demandai également si elle ne désirait pas être pénétrée, mais elle me répondit que non, qu’elle ne voulait pas que ma bite s’enfonce ni dans sa chatte ni dans son cul. Elle n’aimait pas du tout être sodomisée, précisa-t-elle, et son cul se refusait à toute intrusion même d’un doigt.

Ma bite lui appartenait, je l’ai dit. Elle la manipulait, la branlait, la caressait à sa guise, et elle était experte pour retarder l’éjaculation et la faire survenir au moment désiré. Elle me faisait parfois prendre des positions compliquées, renversé la tête en bas dans le canapé pour qu’en me masturbant, elle puisse me couvrir le visage de mon propre foutre. Ou bien elle me faisait tenir debout mais en lui tournant le dos : assise derrière moi, elle me branlait tout en enfonçant ses doigts dans mon cul jusqu’à ce que j’éjacule de longs jets devant moi sur le plancher verni. Une fois même, dans cette situation, elle me suggéra de lécher à quatre pattes le foutre répandu, et elle en profita pour enfoncer aussitôt dans mon cul exhibé le gode-ceinture qu’elle avait toujours attaché au bas-ventre. C’est bien mon cul qui l’intéressait prioritairement, suscitant un désir de pénétration toujours renouvelé. Quand elle m’enculait, elle ne se préoccupait pas d’abord de ma bite qu’elle laissait se balancer en tous sens sous les vigoureux mouvements du gode qu’elle m’imposait. Ce n’est qu’après une longue pénétration qu’elle la saisissait pour me faire jouir plus ou moins rapidement. Une des postures qu’elle aimait me voir prendre était d’ailleurs de me coucher à plat ventre au milieu du lit les jambes écartées, les bras levés au-dessus de la tête. Elle pouvait alors m’enculer à sa guise, ma bite étant hors jeu, coincée sous mon ventre. C’est dans cette posture qu’elle me pénétra un jour très longuement, m’embrassant passionnément dans le cou, me saisissant aussi bien par les cheveux que par les épaules ou les poignets, s’enfonçant me semblait-il toujours plus profondément en moi, me murmurant à l’oreille des mots d’amour, me donnant deux de ses doigts à sucer… J’ai envie de toi, ma chérie, disait-elle — Baise-moi, baise-moi, baise-moi, était ma seule réponse, et soudain je jouis sans presque m’en rendre compte. Je sentis mon foutre qui coulait et se répandait, mouillant les draps sous mon ventre. Était-ce les mouvements imprimés malgré tout à ma bite ? Je ne pus le dire, mais cela m’arriva cette seule fois-là.

envahissement publicitaire

Camille savait que sa sexualité était singulière (et la mienne aussi désormais !). Peu de ses amis étaient au courant de ses goûts en la matière, et, si elle évoquait parfois en riant l’intérêt d’un gode-ceinture pour une relation épanouie, personne en dehors de ses amants n’imaginait sa prédilection pratiquement exclusive en la matière. Et personne non plus ne connaissait l’origine de ce qu’elle appelait elle-même en riant son vice. À ma demande, elle me raconta qu’à l’aube de l’adolescence, une amie lui avait montré une vidéo porno gay. Cette amie affirma qu’elle l’avait trouvée dans les affaires de son père (qui devait être selon ses dires un pédé refoulé). Camille connaissait à peine ces mots, et surtout elle imaginait difficilement ce qu’ils pouvaient recouvrir. Les images floues sur l’écran de télévision cathodique l’ont alors surprise, presque stupéfaite, lui révélant bientôt une excitation inconnue entre ses cuisses. Alors que son amie voulait abréger rapidement la projection, elle insista au contraire pour continuer la vision, fascinée en particulier par les gros plans d’une bite commençant à s’enfoncer dans l’anus d’un partenaire à peine entraperçu. L’anus étoilé et étroitement serré s’ouvrait pourtant largement sous la poussée du gland durci alors que s’entendaient d’étranges soupirs de douleur ou de plaisir. En outre, Camille était fascinée par le mouvement de pendule de la bite au bas de l’image, celle du type qui se faisait enculer à grands coups de reins. Camille voulait en voir plus. Elle voulait voir tout le film. Elle voulait en faire partie. Elle voulait avoir une bite et pouvoir pénétrer un homme de cette manière-là. Elle le dit à sa copine qui lui répondit qu’il lui suffisait d’acheter un gode. Elle ne savait pas ce que c’était. Sa copine n’en avait pas mais en donna une description satisfaisante. Elle était très certainement lesbienne car elle commença à se frotter contre Camille et à la caresser. Celle-ci était tellement excitée qu’elle se laissa faire, tout en continuant à regarder la vidéo à la télé. Elle abaissa rapidement son pantalon car elle voulait sentir son sexe qu’elle devinait transformé. Elle découvrit qu’il était mouillé, ouvert, en manque. Sa copine l’avait ensuite léchée, et elle avait joui pratiquement en même que le type sortant sa bite du cul de son partenaire pour éjaculer.

Camille ne se sentait pas vraiment attirée par les filles, elle préférait les garçons, les hommes même, mais elle rêvait désormais d’en pénétrer un, d’enfoncer un gode ou seulement ses doigts dans son cul tout en se caressant le clito de l’autre main. Sa première relation, tardive à dix-neuf ans, se fit cependant de manière traditionnelle avec pénétration et défloration avec un homme plus âgé, déjà trentenaire, mais son partenaire jouit assez rapidement dans le préservatif sans qu’elle-même ne connaisse de plaisir. Il comprit qu’elle n’avait pas « réellement joui ». Il était désolé mais il ne bandait plus pour l’instant. Ce n’était pas grave, elle connaissait, lui dit-elle, un autre moyen d’arriver à l’orgasme, et elle lui demanda de se laisser faire. Il était couché sur le dos au milieu du lit, les cuisses légèrement entrouvertes. Elle glissa ses doigts vers son cul. Il accepta. Un doigt puis deux. Il banda à nouveau. Elle le branla et le fit jouir avec trois doigts dans le cul. Elle n’avait pas encore joui mais elle était complètement trempée. Elle s’agenouilla au-dessus de sa poitrine, et se branla devant lui. Elle éjacula pour la première fois lui sembla-t-il.

Plus tard, elle s’était rendue dans un sex-shop (un type de boutiques malheureusement à présent disparu) et s’était acheté un gode-ceinture. Ensuite, au fil des années, elle rencontra plusieurs hommes, elle les séduisit facilement, elle accepta dès le premier soir de faire l’amour avec eux, mais à sa manière. Comme elle le ferait plus tard avec moi, elle leur proposait immédiatement de les sodomiser. Rares furent ceux qui refusèrent l’expérience. Pour certains, ce ne fut qu’une brève rencontre, mais Camille eut une relation de plusieurs années avec deux d’entre eux. Elle avoua que leur physique athlétique, leur visage d’ange et leur fessier musclé avaient joué un rôle important sinon décisif dans l’attrait qu’elle avait ressenti à leur égard. Le premier avait à peu près son âge, mais la passion initiale qu’elle avait ressentie à son égard s’émoussa à cause d’une ambition professionnelle démesurée : au fond, le sexe n’intéressait pas son amant, et il préférait sans doute les défis professionnels aux performances anales. C’est d’ailleurs avec lui que Camille avait fondé son entreprise de services informatiques avant qu’il ne lui revende ses parts au prix fort pour partir, selon ses dires « faire fortune à l’étranger ». Le second était plus jeune qu’elle, et c’est à cette époque qu’elle découvrit effectivement son attrait pour les jeunes hommes. La différence d’âge n’était pas très importante — six ou sept ans — mais elle entreprit à partir de ce moment de séduire beaucoup d’autres jeunes mâles qui terminaient à peine leurs études ou débutaient leur carrière professionnelle. Même si elle entretenait une relation suivie avec « Noah », elle ne se sentait liée à lui en aucune manière, si ce n’est l’affection sincère qu’elle lui portait, et elle s’estimait libre de baiser avec d’autres hommes à sa guise : en me racontant tout cela, elle me signifia d’ailleurs qu’il en serait de même avec moi. Mais « Noah » à son tour se lassa, ou bien c’est elle qui se lassa sans vraiment se l’expliquer. Peut-être fut-elle d’ailleurs prise à ce moment d’une frénésie sodomite, cherchant à séduire tous les hommes à la chair fraîche qui passaient à sa portée et qu’elle aurait voulu enculer immédiatement sans aucun préliminaire. Elle ne me précisa pas vraiment le nombre de personnes concernées qui eurent ainsi l’ineffable plaisir de se faire enculer par un de ses godes. J’espérai muettement qu’il ne dépassât pas la dizaine.

Cette période semblait révolue, mais, lorsque nous sortions, elle ne manquait pas de me faire remarquer les figures séduisantes de certaines personnes de rencontre et surtout leur fessier ferme et rebondi dans un pantalon serrant. « Je l’enculerais bien, ce petit cul » était une de ses expressions favorites, même si cette formule devenue banale dans sa bouche n’entraînait aucun passage à l’acte. Un jour cependant, elle le téléphona pour m’avertir que je ne devais pas l’attendre ce jour-là car elle serait absente toute la soirée et la nuit aussi très certainement. Elle passerait à la maison prendre quelques affaires avant de s’en aller. Je ne devais pas m’inquiéter, précisa-t-elle, « hein, c’est rien, c’est juste que j’ai rencontré quelqu’un, mais ça ne change rien entre nous, je veux dire ». C’est le genre de phrases qui bien, sûr, vous fait craindre l’effondrement du monde, et je passai une soirée affreuse, nourrie d’angoisse impuissante. Elle m’envoya un court message « Je t’aime, je pense à toi », qui me rassura à peine.

Les choses évoluèrent rapidement mais dans un sens inattendu pour moi. Elle m’annonça avoir rencontré Bilal, un trentenaire avec qui elle était en relation d’affaires. Oui, elle avait couché avec lui, et c’est pour cela qu’elle voulait me le présenter. Elle proposait que, la semaine suivante, on passe une soirée à trois, d’abord au restaurant pour faire connaissance, puis à la maison. Bilal était effectivement très beau, porteur d’une barbe et d’une moustache finement rasées. Il apparut souriant et me sembla très à l’aise comme un prédicateur assuré par sa foi, alors que je me sentais quant à moi décontenancé et maladroit. Camille me parut également légèrement hésitante, me lançant des regards que je perçus comme interrogatifs. Le repas au restaurant ne s’éternisa pas, et, alors qu’on se dirigeait à pied vers l’auto de Camille, elle se colla un bref instant contre moi et me demanda avec un léger sourire : « Ça va ? ». Je répondis que oui. À la maison, on prit un dernier verre dans le salon assis à trois dans le large canapé, puis elle nous dit de façon anodine : « Ce serait bien que vous vous déshabilliez tous les deux. Ne gardez que vos slips ». Bilal et moi, nous nous exécutâmes. Il avait un corps musclé, une peau mate mais pratiquement sans pilosité. Je me dis qu’il aurait pu tourner dans des vidéos pornos gay, tellement il était beau. Camille nous regardait. Puis elle lâcha : « Allez, embrassez-vous ! Tous les hommes sont un peu gay, non ? » On hésita un bref instant, et nos lèvres se rapprochèrent sans que nos bouches toutefois ne se collent vraiment l’une à l’autre. Camille se leva à son tour et nous rejoignit. Elle embrassa Bilal à pleine bouche puis fit de même avec moi. Elle me caressa les fesses, glissant la main sous l’élastique du slip, enfonçant un doigt dans la raie du cul sans pénétration profonde. Ensuite elle se tourna vers Bilal, explorant certainement déjà son orifice anal, tout en lui saisissant la bite à travers le tissu pour la faire gonfler et raidir. Elle n’arrêtait pas de nous caresser et de nous embrasser à tour de rôle. Nous bandions tous les deux sous nos slips tendus. Elle me donna alors de courtes indications sur les gestes que je devais faire. « Mets-toi à genoux. Abaisse le slip de Bilal. Tu vois sa queue, tu vois comme elle est noire… Prends-la en bouche. Suce-le. Suce-le bien. » Pendant que je m’exécutais, elle s’éloigna un instant, alla prendre un gode-ceinture dans une armoire du salon (il y avait de tels engins à disposition pratiquement dans toutes les pièces) ; puis elle se déshabilla entièrement et attacha fermement les lanières du gode autour de ses cuisses et de sa taille. C’est la première fois que je suçais un homme, c’était même la première fois que je voyais réellement une bite en pleine érection. Je l’avalai. Bientôt Camille nous rejoignit, et je sus qu’elle me regardait. L’excitation grandit. Camille nous encourageait, car le spectacle que nous lui donnions la faisait mouiller, nous disait-elle. Elle demanda à Bilal de se mettre à son tour à genoux et de me rendre la pareille. Elle-même approcha le gode de son visage, et il put ainsi sucer à tour de rôle nos deux engins.

Mais il était temps de passer aux choses sérieuses. Bilal et moi, nous nous mîmes à quatre pattes dans le canapé, côte-à-côte de façon à offrir nos deux postérieurs à la vue de Camille. Elle nous encouragea à continuer à nous embrasser. Elle se positionna derrière nous, enfila un préservatif sur le gode puis entreprit d’enculer Bilal. Il écarta les fesses avec les mains pour faciliter la pénétration, mais son anus n’était certainement pas encore aussi souple que ne l’était le mien grâce à des mois de pratique intensive. Camille agissait doucement, lentement, incitant son nouvel amant à se relâcher et à bien ouvrir son cul. Elle ne relâchait cependant pas la pression, se collant à lui, ses seins s’étalant, s’écrasant même sur le dos de son amant qu’elle branlait en même temps de la main droite. Je devinai le moment où elle glissa entièrement en lui au sourd gémissement de plaisir qu’il fit entendre. Ses efforts pour s’ouvrir son cul sous la poussée du gode méritaient d’être récompensés et elle lui défonça la rondelle pendant un long moment, variant le rythme et les manières de l’enculer. Je ne pouvais m’empêcher de trouver cette sodomie magnifique, même si, dans ma position, je n’en percevais que des fragments. Bilal ahanait, soupirait, gémissait, murmurait des paroles de plaisir, tout en demandant à son enculeuse de poursuivre ses basses œuvres. Finalement, Camille me suggéra de me glisser en dessous du ventre de Bilal qu’elle branla alors rapidement et dont le foutre jaillit en se répandant sur mon visage et dans ma bouche ouverte. Nous restâmes un long moment dans cette position même si je suçai brièvement la bite encore raide qui venait de m’arroser.

Camille se retira lentement et changea le préservatif sur le gode. Puis ce fut à mon tour de me faire enculer. La scène fit reprendre des couleurs à Bilal qui me présenta sa bite à sucer. Bien que ce genre de position soit en réalité difficile à tenir, tant les zones de plaisir sont multiples et que la concentration sur l’une d’elles distrait des autres, la nouveauté de la situation m’excita terriblement et suffit à déclencher rapidement un orgasme. Camille nous laissa un moment de répit. Puis elle vint s’agenouiller au-dessus de mon visage, tout en présentant son gode à la bouche de Bilal. Je la léchai et il la suça. Ce fut long et intense. Elle se répandit une nouvelle fois sur mon visage et dans ma bouche.

Nous multipliâmes par la suite les parties à trois même si elles n’étaient pas exclusives. Camille et moi continuions à vivre ensemble en couple plus ou moins stable, alors que Bilal, qui était marié et père d’une petite fille déjà, ne pouvait se joindre à nous qu’occasionnellement et clandestinement, une fois par semaine ou deux. Les parties à trois permettaient un plus grand nombre de variations, généralement orchestrées par Camille. Il lui plaisait d’abord de nous voir tous les deux nous embrasser, nous sucer à tour de rôle, nous caresser la bite et même nous enculer l’un l’autre devant elle, bien que nous affirmions ne pas être homosexuels et n’agir d’une telle façon que pour lui complaire. Elle aimait néanmoins répéter que nous étions ses petits pédés, et elle nous encourageait à multiplier de telles pratiques pendant qu’elle harnachait fermement le gode ceinture autour de ses hanches. Bientôt, elle nous faisait mettre à genoux devant elle pour que nous sucions ensemble ou à tour de rôle le gode noir (ou rouge) fièrement dressé devant elle. Elle nous faisait ensuite disposer par exemple en 69, Bilal et moi avalant consciencieusement la bite raidie qui s’enfonçait jusqu’au fond de notre gorge. Camille en profitait pour se disposer derrière celui de nous deux qui était au-dessus de l’autre, lui écarter les fesses, le pénétrer de façon décidée et l’enculer longuement. Le gémissement de Bilal, lorsqu’il avait le privilège de se faire ainsi défoncer, était un tel cri de plaisir que je bandais plus fermement dans sa bouche au point que je devais me retenir d’éjaculer. Quelle ineffable jouissance de se faire enculer par une femme comme Camille ! pensais-je alors dans l’intimité de ma conscience. Est-ce là le paradis perdu ? m’interrogeais-je philosophiquement et poétiquement (Here Love his golden shafts imploies, here lights / His constant Lamp, and waves his purple wings, / Reigns here and revels).

D’autres figures étaient pratiquées même si elles se révélaient souvent incommodes : néanmoins, la nouveauté de la position suffisait généralement à maintenir l’excitation du moment. Il fut ainsi demandé à Bilal se mettre à quatre pattes, la tête au sol, les fesses écartées entre ses mains pour qu’à genoux, je pénètre la raie sombre et élégante de son cul. Debout, Camille nous admira puis vint se positionner en face de moi pour que je suce son gode pendant un moment. Ensuite, elle s’agenouilla à son tour derrière moi et m’encula après m’avoir demandé de me pencher autant que faire se pouvait en avant. Je dois bien avouer que le plaisir que je prenais à me faire enculer surpassait celui que j’étais censé donner à Bilal. Je débandai et je me retirai pour que Camille puisse me pénétrer plus profondément et sans retenue. Quand je sentis les couilles en latex au bord du trou de mon cul, mon érection fut immédiate et mon éjaculation tout aussi rapide. Camille se recula pour donner à Bilal la même intense satisfaction à se faire sodomiser. L’interruption involontaire de l’action générale nécessita cependant une pénétration plus longue et plus intense. Bilal semblait prendre plaisir à retarder sa propre jouissance, et Camille m’incita à me coucher en dessous de lui et à le sucer profondément. Il jouit dans ma bouche mais elle me demanda ne pas avaler immédiatement et de lui montrer dans ma bouche ouverte le sperme avant que je ne l’avale. Elle me filma ou me photographia pour publier ces images sur le web.

La combinaison la plus complexe se présenta comme une espèce de quadrilatère imparfait qui ne fut sans doute pas prémédité et se construisit plutôt dans l’opportunité d’un moment de lubricité générale. Bilal se coucha sur le dos dans le canapé, les cuisses écartées, exposant ses parties génitales et anales à la concupiscence de Camille mais également à la mienne. À genoux, elle commença à le sodomiser tandis que j’étais irrésistiblement attiré par les mouvements de sa bite gonflée mais pas absolument raidie et qui se balançait de gauche à droite, d’avant en arrière sous les coups de boutoir qu’il prenait dans le cul. Je la pris bientôt en bouche et commençai à la sucer passionnément. Elle gonfla entre mes lèvres, et je me mis à bander à mon tour. Camille voulut cependant profiter de l’engin de Bilal et me demanda de changer de position pour qu’elle puisse le prendre en main et le branler à sa guise tout en contrôlant son éjaculation. Je me levai pour me positionner devant Bilal en m’appuyant des deux mains sur le dossier du canapé et en présentant ma bite à sa bouche pour qu’à son tour il puisse me sucer goulûment. Je lui saisis la tête par l’arrière des cheveux et commençai à m’enfoncer régulièrement jusqu’au fond de sa gorge. L’excitation me poussait à vouloir jouir rapidement, sans délai. Mais je sentis bientôt les mains de Camille qui s’approchaient de mes fesses, les écartaient et bientôt enfonçaient ses doigts — deux ou trois, je ne sais — dans mon cul. Je crus qu’elle se contenterait de ce geste, mais elle se retira bientôt pour remplacer ses doigts par un autre gode qu’elle venait de saisir à l’instant. Un cercle vicieux du plaisir réunissait à cet instant nos orifices et nos instruments péniens. Le centre nerveux de la jouissance glissa cependant rapidement de ma bite vers le trou de mon cul. La sensation d’une intense pénétration anale pouvait seule désormais me faire jouir. Je me reculai légèrement pour faciliter cette intromission, ma bite sortant bientôt de la bouche de Bilal. Camille nous enculait fermement tous les deux avec ses instruments démoniaques. Elle m’encouragea à jouir rapidement sur le visage de Bilal (pendant qu’elle finissait de le branler) car elle aimait, disait-elle, voir le sperme dégouliner sur son visage.

Au final, Bilal et moi la léchions ou sucions le gode qu’elle nous présentait, jusqu’à ce que, généralement, elle nous éclabousse de sa jouissance.

Moment bleu

Mon Dieu, que de moments intenses et de doux souvenirs ! Tout en ce bas monde a une fin malheureusement, et les plus beaux étés sont frappés par de violents orages (en particulier dans nos contrées tempérées). Bilal pris dans des tourments intérieurs fut acculé par les soupçons de sa femme devant ses mensonges éhontés et avoua l’existence de sa liaison adultère sans en révéler néanmoins les aspects les plus profondément sodomites ni le triolisme sous-jacent. On connaît ces histoires-là. Sa femme lui parla d’un autre enfant à naître (encore fallait-il d’abord le concevoir !), d’un choix impératif, de lâcheté et de trahison. Il céda. On ne le revit plus que brièvement avant qu’il ne disparaisse totalement. Camille en fut profondément affectée. Une longue tristesse s’installa. Les pleurs furent fréquents, et la colère aussi. D’où viennent ces douleurs-là ? On dirait que c’est la question qui hante la littérature d’aujourd’hui (avant la grande pandémie), sans apporter de véritable réponse. D’ailleurs je suis si mauvais écrivain que je ne sais pas aller jusqu’au bout… (Et les eaux limoneuses de l’Amour charriaient des millions de charognes).

Des vacances sont toujours un bon distractif et un bon moyen pour raviver la libido, surtout lorsque surviennent des incidents ironiques comme la découverte à l’aéroport par un douanier de plusieurs godes, dont un neuf, sur lequel il entendait bien faire payer des droits de douane ! Et puis le travail continuait. La société de Camille exigeait une activité toujours plus importante avec un nombre de réunions toujours croissant et des voyages de plus en plus fréquents. Elle dut partir à Las Vegas pour un salon informatique consacré au travail en réseau et à Internet. Je ne pus l’accompagner par manque de jours de congés, et d’ailleurs elle préférait sans doute y apparaître seule comme une cheffe d’entreprise indépendante et sûre d’elle. Elle m’avait fait part à plusieurs reprises de son mépris pour ce milieu machiste, incapable de reconnaître une femme comme compétente dans le domaine de l’ingénierie.

Je l’accompagnai à l’aéroport. Son voyage devait durer une dizaine de jours. L’on communiqua chaque jour par différentes voies électroniques. Mais le cinquième ou le sixième jour, elle ne répondit à aucun de mes appels ni de mes messages. L’étonnement céda rapidement la place à l’inquiétude après plusieurs jours d’un silence prolongé. J’étais désorienté, ne sachant même pas à quel hôtel elle était descendue, car je m’étais naïvement fié à tous les moyens de communication informatiques. J’essayai d’abord de contacter les collègues de Camille, mais ceux-ci étaient semble-t-il sans nouvelles. Il n’y avait pas de consulat à Las Vegas et je dus passer par celui de Los Angeles où l’on me répondit qu’on m’aviserait bientôt, dès qu’on aurait des informations. Deux jours s’écoulèrent encore sans nouvelle. C’est la veille de son retour supposé que je reçus un coup de téléphone en anglais auquel je ne compris pratiquement rien, étant donné ma mauvaise maîtrise de cette langue. Je parvins néanmoins à envoyer mon adresse électronique sur laquelle je reçus enfin des informations qui me laissèrent interloqué.

C’était un avocat américain qui me contactait, car Camille avait été arrêtée sous les accusations de « sexual assault » et « attempted rape ». Elle rejetait fermement ces accusations mais était néanmoins en détention jusqu’à une première comparution. Dans les jours qui suivirent, les informations se succédèrent, et je découvris que cette affaire avait même fait l’objet d’articles dans la presse américaine locale, accompagnés de photos de policiers en uniforme de Las Vegas au sortir de l’hôtel où était censée loger Camille. Je compris qu’un jeune hispanique chargé du service d’étage l’accusait de l’avoir violé avec un « strap-on dildo ». Elle aurait d’abord cherché à le retenir à plusieurs reprises dans sa chambre avant de procéder à des avances beaucoup plus explicites. Elle lui aurait même promis de l’argent en échange de sa complaisance. Elle serait ensuite passée à l’acte en outrepassant ses refus répétés. À travers la voix de son avocat, Camille réfutait totalement cette version en parlant d’actes sexuels consentis et de chantage. Le cabinet d’avocats enquêtait d’ailleurs déjà sur la personnalité jugée trouble de l’accusateur. Mais l’affaire prit une tournure polémique avec d’un côté des mises en cause d’une domination blanche de caste et de race et de l’autre une défense féministe légitimant l’inversion des rôles sexuels sans accréditer la version de l’accusation (une position rendue cependant difficile par l’intervention de masculinistes se réjouissant déjà qu’une femme puisse enfin être jugée pour un « vrai viol »). La polémique eut même un écho en Europe où quelques éditorialistes émirent de doctes opinons avant de s’étriper (virtuellement) entre eux sur les réseaux sociaux. Mais je m’en désintéressai rapidement. Seul le sort de Camille m’importait ainsi que l’évolution des procédures judiciaires en cours. Je compris qu’elle ne pourrait pas quitter les États-Unis, même en payant une lourde caution. Quelques jours après son arrestation, un grand jury décida néanmoins de la libérer sous caution (200. 000 $) avec assignation à résidence, port d’un bracelet électronique et confiscation de son passeport.

Je voulus partir le plus rapidement possible aux États-Unis, et je pris pour cela un congé sans solde. Pris en urgence, le billet d’avion me coûta tout de même plus de 1500 €. Je la retrouvai enfin à Las Vegas, dans un hôtel beaucoup moins luxueux cependant que ce à quoi je m’attendais. La caution avait en effet mis à mal ses finances, comme d’ailleurs les honoraires du cabinet d’avocats que j’estimai astronomiques. Elle avait pu heureusement négocier avec le tribunal ce changement de logement et de statut.

J’étais bien sûr en quête d’éclaircissements. Il m’était difficile de croire à un viol dans le chef de Camille qui avait toujours préféré les voies douces et n’avait jamais recouru à la moindre forme de contrainte ou de domination même mentale avec moi, ni avec Bilal d’ailleurs. Je la connaissais intimement depuis plus de deux ans maintenant, et cette connaissance me donnait une espèce de certitude immédiate et totale de son innocence. Bien sûr, un léger doute de nature intellectuelle persistait encore dans mon esprit quand je pris l’avion, mais quand je la revis, l’évidence de sa présence l’effaça totalement. Ce n’était pas possible : jamais Camille n’aurait commis une chose pareille. Elle n’était pas douce, non, mais elle avait une amabilité beaucoup plus profonde, beaucoup plus vraie avec les êtres qui l’entouraient (sans oublier un sens tout aussi profond de la justice).

J’étais en quête d’éclaircissements même si je ne savais pas très bien comment aborder cette histoire. Mais c’est elle qui lança assez rapidement la conversation. Elle me raconta la suite des événements de manière très naturelle et très détaillée, comme si elle avait tout enregistré. Non, bien sûr, elle ne l’avait pas violé. Oui, elle avait cherché à le séduire, évidemment. Elle l’avait remarqué la veille lorsqu’il était venu faire la chambre et qu’elle lui avait demandé de réparer ou de faire réparer la douche qui coulait. Il avait répondu qu’il préviendrait le technicien. Il était mince, musclé avec un derrière bien ferme et bien rond comme elle les aimait. Et il était beau, oui. Elle lui avait demandé s’il serait de service le lendemain. Elle pouvait rester à l’hôtel ce matin-là. Elle lui laissa un pourboire généreux. Il était revenu. Elle l’avait regardé s’activer, s’agiter, se plier, se relever, se déplacer dans tous les sens. Il avait des gestes méticuleux et rapides. Elle s’était rapprochée de lui et frottée à lui. Il s’était laissé faire, et il était même devenu à son tour rapidement entreprenant. Il l’avait embrassée dans le cou (elle refusait généralement sur la bouche), lui avait caressé rapidement les seins sous la blouse (elle ne portait pas de soutien-gorge) et avait bientôt voulu la déshabiller. Elle avait accepté mais demandé qu’il se déshabille en premier. Et il s’était bientôt retrouvé nu, en érection. Elle lui demanda de se branler devant elle. Il sembla hésiter mais s’exécuta. Il parlait un anglais approximatif avec un accent hispanique. Il insista pour qu’elle se déshabille, ce qu’elle fit bientôt. Il voulut lui caresser, lui embrasser les seins. Elle lui dit ce qu’elle attendait de lui. Mais il n’a pas voulu. Il voulait la baiser, elle. Elle commença à lui caresser la bite, elle le branla jusqu’à ce qu’il soit au bord de l’éjaculation. Il insista pour qu’elle le suce. Elle s’exécuta, avala sa bite, s’arrêta avant qu’il ne jouisse, lui lécha les couilles, le fit se coucher sur le lit et lui demanda d’écarter les cuisses. Il hésita, elle proposa de lui lécher le cul. Il accepta. Elle reprit sa bite en bouche et en profita pour lui enfoncer un doigt dans le cul. Cette fois, il ne refusa pas. Il tortillait même du cul, mais elle s’arrêtait à chaque fois quand elle devinait qu’il allait jouir.

Son récit était toujours aussi net, et, s’il m’arrivait de poser l’une ou l’autre question, elle ne manifestait aucune hésitation dans ses propos. Elle l’avait convaincu de se mettre à quatre pattes, et s’était équipée d’un gode-ceinture (que, prévoyante, elle emmenait toujours avec elle). Elle l’avait pénétré lentement, car il était nerveux et son cul était effectivement très serré. À plusieurs reprises, elle avait retiré l’engin, l’avait lubrifié, avait d’abord utilisé un ou deux doigts pour l’amener à s’ouvrir. Elle ne l’avait pas forcé, elle savait qu’il en avait envie, elle l’avait amené là où il désirait, oui, elle avait dû insister pour que l’engin pénètre entièrement, mais jamais il ne s’était refusé… D’ailleurs, quand l’obstacle avait finalement été franchi, elle l’avait enculé un long moment, lui caressant à peine la bite qui était tellement raide qu’elle était collée contre son ventre. Elle l’avait fait jouir. Mais ensuite, il avait refusé de la lécher, il avait même refusé qu’elle se branle devant lui. En quelques minutes, son humeur avait changé. Il était devenu sombre, renfermé. Il lui avait dit qu’il voulait la baiser, mais elle refusa. Elle lui fit remarquer que d’ailleurs il ne bandait pas. Il semblait hésiter. Il lui dit que la situation était « unappropriate ». Elle le corrigea. Puis il lui dit qu’il avait besoin d’argent. Elle sentait que la situation dérapait. Elle refusa mais il insista. Il se rhabilla. Elle lui donna les quelques billets qu’elle avait dans son portefeuille. Il voulait plus. Elle n’avait pas de liquide, elle payait uniquement par carte. Il insistait encore. Elle lui en promit pour le lendemain. Finalement, il quitta les lieux. Camille eut le sentiment d’avoir fait une erreur.

La suite était facile à deviner. Le jeune Cristobal s’était plaint à son supérieur. Celui-ci en avait parlé au détective de l’hôtel qui avait préféré en référer au service juridique. La police fut prévenue. Le lendemain, Camille était absente, assistant à plusieurs rencontres au salon. À son retour, quatre policiers et deux policières étaient là. La chambre avait déjà été fouillée à la recherche de preuves. Camille était en état d’arrestation. Elle put contacter un avocat de ses amis, qui lui conseilla après quelques heures un cabinet américain. Voilà, c’était le résumé de toute l’affaire.

Mais pourquoi Cristobal avait-il porté plainte ? Je ne comprenais pas. Pour l’argent ? Selon Camille, l’argent n’était sans doute pas le véritable motif, juste un effet indirect. Ce n’était pas non plus le machisme hispanique qui n’aurait pas supporté d’être traité comme une femme. Non, c’était plus un sentiment de dépossession, une espèce de sidération devant le plaisir inconnu qu’elle avait fait découvrir Cristobal. Oui, c’était ça, une sorte de dissociation entre le corps et l’esprit qui ne comprend pas ce qui lui arrive, qui se détache du corps qui jouit. À aucun moment, elle n’avait été violente ni ne l’avait forcé. Jamais il ne s’était refusé. Au contraire. Seulement lorsqu’il avait joui, lorsqu’il avait éjaculé, elle l’avait entendu murmurer Non, non, non… Mais les avocats préféraient s’en tenir à la motivation financière.

L’affaire suivit son cours pendant plusieurs jours, bientôt plusieurs semaines. Camille essayait de gérer son entreprise à distance. Difficile de faire l’amour dans un tel climat. Moi-même, je ne pourrais pas rester longtemps aux États-Unis si je voulais conserver mon boulot. La partie adverse apporta un certain nombre d’éléments. Outre les traces d’ADN sur le gode, les médecins avaient relevé des micro-fissures anales. Les avocats donnèrent par ailleurs une autre version des événements et décrivirent une scène violente, où Camille maintenait le visage de Cristobal contre l’oreiller en le tenant par les cheveux, puis en lui empoignant l’avant-bras droit qu’elle avait ramené dans le dos du jeune homme pour l’empêcher de se débattre (ou de se branler…). À un autre moment, tout en le sodomisant, elle lui aurait enfoncé deux ou trois doigts au fond de la bouche lui interdisant de parler. Elle lui aurait même enfoncé deux doigts dans les narines pour le faire grogner comme un « dirty pig » ! Enfin, elle aurait voulu acheter son silence en lui donnant de l’argent. De façon générale, le jeune homme évoquait un état de sidération qui l’avait empêché de se défendre, de se révolter et même de manifester la moindre réaction. Il affirmait être resté un long moment, tétanisé dans le couloir, ce qui expliquait le délai mis à l’interpellation de son supérieur qui n’avait été averti que plusieurs heures plus tard.

Les avocats de Camille mirent à mal plusieurs éléments de cette version. La famille mexicaine de Cristobal avait essayé de passer clandestinement aux États-Unis et s’était fait refouler. Le jeune homme cherchait manifestement depuis lors à la ramener auprès de lui et avait même été compromis dans un trafic de drogue (même si les poursuites à son encontre avaient été abandonnées). Par ailleurs, un examen attentif des caméras de surveillance dans les couloirs de l’hôtel avait montré qu’il n’était resté que quelques minutes immobile après être sorti de la chambre, plongé apparemment dans des réflexions plutôt que dans un état de sidération. Et puis, le récit que m’avait fourni Camille était succinct, car il apparaissait que Cristobal était demeuré près de deux heures dans la chambre. Si elle m’avait surtout décrit la première pénétration et le dépucelage anal de Cristobal, les avocats décrivirent plusieurs pénétrations successives dans des positions variées, ce qui expliquait la durée de sa présence dans la chambre et faisait douter de toute forme de refus de sa part. Et surtout, ils relevèrent une erreur grossière des enquêteurs de la police qui avaient saisi et mis sous scellés le gode-ceinture ainsi que les draps de lit, mais avaient négligé les draps de bains. Or, ceux-ci avaient été utilisés à plusieurs reprises pour recueillir ou essuyer les multiples éjaculations de Cristobal. Laissés sur place, ces draps avaient été emmenés à la laverie par le personnel hôtelier. La partie adverse évoqua néanmoins une dissociation psychique entre le corps et l’esprit et parla d’un jouet soumis à une femme manipulatrice et dominante.

Camille plaidait toujours non coupable sur les conseils de ses avocats. L’affaire menaçait de s’éterniser. Les charges pénales furent finalement levées. Et un accord financier fut trouvé après plus de trois mois, à l’issue duquel Camille récupéra son passeport et recouvra toute liberté d’aller et venir. Entretemps, j’étais revenu en Europe. Camille me rejoignit.

Toute l’affaire avait impacté notre relation. J’avais gardé une entière confiance en Camille, et mes sentiments à son égard n’avaient pas changé. Mais nous ne faisions plus l’amour, sauf à de très rares occasions. J’eus même l’impression lors de ces actes brefs qu’une sourde colère se substituait chez elle en partie à la passion, comme si elle se déchargeait en moi de la rancœur accumulée. Son absence forcée avait par ailleurs fragilisé son entreprise, et la direction était en train de lui échapper sous la pression des banques et des actionnaires.

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Une nouvelle collaboratrice apparut à mon bureau. Elle était très différente de Camille, plutôt petite, mince, avec des tatouages que je devinai sur les épaules et ailleurs sans doute. Elle portait un anneau partiel à travers la cloison nasale. Un jour, je remarquai qu’elle avait également un piercing à la langue. Elle riait tout le temps. On sympathisa rapidement. Après quelques semaines d’approches et de louvoiement, on s’embrassa un jour soir au bureau alors que tout le monde était déjà parti. Elle suggéra qu’on se voie le lendemain. Je lui proposai de déjeuner dans un restaurant pas trop éloigné. L’après-midi devait être libre pour elle comme pour moi grâce à quelques heures de récupération à prendre. Au restaurant, elle me proposa de boire d’abord du champagne, ce qui détendit l’atmosphère. Je lui avais fait comprendre que je ne pouvais pas l’inviter chez moi. Nous partîmes en taxi à son appartement situé au premier étage d’un vieil immeuble du centre-ville, dont l’entrée me parut fort délabrée. Mais l’appartement avait été manifestement rénové, et, sans être luxueux, était tout à fait vivable. Elle me proposa encore du champagne dont elle ouvrit une bouteille aussitôt sortie du frigo. Nous avons bu, parlé, ri, souri, nous nous sommes embrassés, caressés, pelotés. Bientôt, elle m’invita à la suivre, mais elle traversa la chambre sans s’arrêter et se dirigea vers la salle de bains, beaucoup plus luxueuse que ce que je n’imaginais avec une superbe douche italienne, carrelée de noir. Elle se déshabilla et je fis de même. Elle avait de grands tatouages sur l’épaule et le bras droit qui se prolongeaient jusqu’au milieu du dos. Elle se glissa sous la douche et je la suivis. On s’embrassa sous les jets ruisselants. Elle me fit bientôt signe et elle m’éloigna du large pommeau avant de me demander de m’agenouiller devant elle. Elle se positionna au-dessus de moi, les jambes écartées, en m’expliquant ce qu’elle attendait de moi. J’ouvris la bouche et elle se soulagea de tout le champagne qu’elle avait avalé et retenu jusque-là. Je bandai instantanément et me branlai frénétiquement. En quelques mouvements à peine, j’éjaculai deux ou trois jets puissants qui m’atteignirent au menton avant de retomber et se mêler à la pisse qu’elle continuait à vider dans ma bouche et sur mon visage. On échangea nos positions comme elle le souhaitait, et quand je fus suffisamment débandé, elle me demanda : vas-y pisse moi-dessus, partout, dans la bouche, sur le visage, dans les cheveux, partout où tu en as envie.

Ce fut le début d’une nouvelle passion singulière dont seul un écrivain de talent pourrait sans doute rendre compte.

Passons à autre chose !

dimanche 8 mars 2020

Le reniement d'Estelle

Elle se faisait appeler Joséphine de Beauharnais. Le prénom lui avait été donné par sa première maîtresse, et elle aimait ce nom ancien qui évoquait irrésistiblement les godes-ceintures qu’elle utilisait avec ses esclaves. En l’honneur même du nom, elle avait acheté un harnais en cuir noir naturel, finement ouvragé, aux boucles d’acier chromé sur lequel elle pouvait fixer des godes de différentes dimensions. S’admirant dans la glace ainsi montée, elle pensa même en souriant qu’elle était un véritable étalon.
Mais la réalité ne ressemble pas à un film porno où les donjons sont à disposition dans des châteaux luxueux. Elle dut bricoler elle-même dans une des pièces de son nouvel appartement son propre donjon qu’elle surnomma immédiatement Malmaison. Elle pensa d’abord qu’il suffirait de fixer quatre anneaux au mur pour attacher son esclave comme sur une croix de Saint-André, mais cette disposition ne livrait à ses désirs qu’une seule face — avant ou arrière – de sa victime, alors qu’elle voulait pouvoir tourner autour d’elle comme une fauve autour de sa proie apeurée. Il fallait donc fixer les anneaux au milieu de la pièce en recherchant les poutres sous le plafond mais également sous le plancher. Ce dernier point posait problème, car il n’était pas possible de laisser dépasser des attaches sur le sol sous peine de s’y prendre les pieds et de trébucher de façon peu élégante. Elle devrait donc bien ouvrir le plancher, fixer les anneaux sous le sol contre une solive et prévoir une ouverture amovible et refermable avec un trou de petite dimension pour donner passage aux sangles. Par ailleurs, l’espace manquait : un grand lit était nécessaire avec des liens aux quatre coins, mais aussi une table basse pour disposer les multiples instruments dont elle avait besoin ainsi qu’un sofa pour contempler la victime nue, attachée et à l’entière disposition de sa maîtresse. Un chevalet ou un carcan aurait également été du meilleur effet, car, avec un tel instrument, l’esclave est obligée d’exhiber son cul sans qu’elle ne puisse voir ni deviner ce que manigance sa maîtresse. Mais, pour qu’un tel engin ne soit pas qu’un ridicule jouet, il fallait utiliser des madriers suffisamment lourds pour que la victime se débatte — ce qui est particulièrement excitant — sans pouvoir se défaire de l’entrave. Heureusement, il existait sur Internet de nombreuses suggestions pour construire de tels engins et les fixer au sol. Mais il fallut passer par un plan millimétré sur ordinateur pour trouver le meilleur agencement de tous ces instruments dans la pièce.

Dégâts des eaux
taille originale : 24 x 32 cm

Pendant les travaux, elle interdit à Estelle de pénétrer dans Malmaison. Il est vrai que les vêtements de travail, la poussière et la saleté, le désordre, les bouts de bois, de cuir ou de tissu, l’odeur de peinture — elle avait renoncé au noir et au rouge classiques en la matière et avait préféré un gris anthracite et un bleu acier pour les murs en évitant surtout les horribles néons colorés habituels en ce genre de lieux — toutes ces marques d’un travail manuel ardu n’étaient certainement pas des incitants érotiques. Joséphine éprouva néanmoins une grande satisfaction à cette longue mise œuvre où elle excellait, malgré les multiples difficultés rencontrées.
Le jour de l’inauguration arriva. Estelle avait vingt-huit ans mais elle avait conservé — consciemment ou inconsciemment — des expressions de gamine à la voix aiguë et des gestes de vierge effarouchée : c’est ce qui énervait mais excitait également Joséphine en particulier quand elle l’entendit glousser « Je suis trop impatiente de découvrir Malmaison ! » La surprise ne serait évidemment pas totale, mais Joséphine imaginait déjà sa délectation à soumettre cette jeune liane à ses désirs impérieux. Oui, son impatience de fausse pucelle se transformerait bientôt en patience d’esclave !
Estelle poussa immédiatement des petits cris d’admiration en entrant dans le donjon. Elle inspecta l’ensemble du lieu en posant sa main sur sa bouche comme pour cacher faussement sa gêne. Il est vrai qu’il y avait au milieu du mur un grand agrandissement d’une photo en noir et blanc de son propre corps entièrement nu, les cuisses écartées, le sexe ouvert entre ses doigts. Sur la table basse au milieu des menottes, de pots de lubrifiants et autres dildos trônait un énorme gode noir : « Oh ! maîtresse, il ne pourra jamais rentrer dans ma chatte ! s’écria Estelle — Mais c’est pour ton cul, ma chérie ! » Estelle se récria à nouveau sans savoir si la réponse était sérieuse.
Joséphine ne fit pas mine de l’écouter et commença à se déshabiller. Elle retira sa robe blanche flottante à longue traîne et apparut majestueuse dans un corset noir dont le bustier soulevait ses seins gonflés qu’Estelle contempla jalousement. Elle changea de chaussures et mit de hautes bottes à cuissardes. Il fallait un peu de décorum impérial dans une réalité toujours menacée par le prosaïsme…
Elle saisit Estelle par les cheveux mais l’embrassa doucement du bout de la langue. Son amante lui rendit son baiser, leurs langues se touchant délicatement au bord des lèvres. Joséphine maintenait Estelle fermement contre elle, sa main agrippant toujours ses cheveux et son autre bras l’enserrant par le bas du dos. Puis elle recula et lui ordonna de retirer ses chaussures.
Elle l’amena au centre de la pièce, là où son esclave devrait apparaître complètement nue à son entière disposition. Mais elle ne lui attacha que les poignets avec les cordes suspendues au plafond. Elle défit d’abord la ceinture en cuir de marque Gucci qui enserrait la taille de sa frêle victime. Puis saisit une grande paire de ciseaux de couturière. Estelle eut un mouvement involontaire de recul. Elle n’imaginait pas à quoi cet instrument pouvait servir dans le cadre de leurs jeux érotiques. Joséphine s’approcha d’elle, sortit son chemisier de son pantalon et commença à le découper de haut en bas. Estelle supplia : non, pas mon nouveau chemisier, pas ce chemisier que j’adore ! c’est un Miu Miu de seconde main ! Mais il était trop tard, le mal était fait. Estelle était en effet une victime de la mode [fashion victim], elle adorait la mode même si elle savait que c’était superficiel et moralement condamnable aux yeux de cette philosophe rigoriste et supérieure qu’était Joséphine. Estelle adorait acheter et dépenser des sommes considérables pour ses vêtements dans une frénésie virevoltante au milieu des magasins. Il était donc juste que Joséphine voulût la punir pour ce crime de consommation ostentatoire et d’atteinte irréfléchie aux ressources naturelles !
Elle s’agenouilla devant la coupable et glissa bientôt la pointe du ciseau sous la jambe étroite de pantalon. Estelle cria : Non, non, non ! pas mon pantalon Alexander McQueen ! Trois refus signifiaient bien un viol, mais il n’y avait pas de mot sauveur [safe word], car Joséphine trouvait cela ridicule : on ne peut pas parler d’esclavage si l’esclave n’est pas poussée au-delà de ses propres limites [out of limits], au-delà de ses propres refus. Et elle coupa fermement dans le tissu du pantalon bleu serrant [skinny blue jeans]. Estelle fit mine de se révolter malgré ses mains attachées, se tordit dans tous les sens et donna même de minuscules coups de pied. Joséphine saisit alors fermement ses chevilles qu’elle lia avec les cordes fixées au plancher. Ensuite, elle termina son œuvre, et le pantalon alla bientôt gésir en lambeaux sur le sol. Le string satiné gris de chez Bordelle fut coupé en un seul geste et le soutien-gorge tomba lui aussi aux pieds d’Estelle. Elle se mit à pleurer en protestant faiblement, mais Joséphine estima qu’il s’agissait là de récriminations d’enfant gâtée. Dans une tradition SM bien établie, elle enfonça les restes de la culotte découpée dans la bouche d’Estelle qu’elle enserra même avec les bretelles du soutien-gorge en guise de bâillon. Si tu continues, ajouta-t-elle, je te coupe les cheveux et je te rase la tête ! Les yeux écarquillés d’Estelle traduisirent une crainte inédite.

Recherche muséale
taille originale  : 21 x 29,7 cm
Les membres à présent bien écartés en croix, elle était enfin entièrement nue aux yeux de Joséphine, complètement disponible pour les multiples offenses que celle-ci entendait lui infliger. Sa toison pubienne finement entretenue était le centre évident du monde, le lieu où devaient s’accomplir toutes les vexations.
Mais il n’était pas question de verser directement dans la brutalité. Joséphine s’approcha d’Estelle, l’embrassa, la caressa amoureusement, voluptueusement, lascivement, fit dresser la pointe de son sein gauche avant d’y fixer une pince métallique. Sa victime soupira à peine. Elle savait que c’était là son destin. Joséphine l’embrassa pour la consoler puis passa au sein droit qu’elle caressa semblablement puis à la pointe duquel elle fixa l’autre pince, reliée à la première par une chaînette. Elle mordilla doucement le lobe de l’oreille d’Estelle, l’embrassa dans le cou qui s’inclinait légèrement. Puis elle tira sur la chaînette comme pour en éprouver la résistance. Estelle gémit. Joséphine n’insista pas mais resta collée au corps longiligne de sa victime. Sa main glissa dans l’entrejambe ouvert et son doigt pénétra bientôt dans la chatte qui était évidemment mouillée. Le doigt caressa les lèvres gonflées, glissa le long de la fente, remonta vers le clitoris qu’il fit dresser rapidement de façon orgueilleuse. Joséphine savait mieux que quiconque que la jeune liane vierge était en fait une putain dévergondée. Mais ce n’était pas encore le moment des propos orduriers. La puterelle devait être malmenée jusqu’aux dernières extrémités avant qu’elle n’avoue sa nature lubrique. Son clitoris pointé, gonflé, luisant était d’ailleurs le signe incontestable de sa lubricité. Joséphine continuait à caresser la chatte trempée tout en tirant brièvement sur la chaînette pour jouir des faibles cris d’Estelle.
Elle se recula pour admirer sa victime pantelante. Elle saisit la ceinture Gucci abandonnée sur le sol. Elle prit la boucle métallique en main et fit claquer la lanière en cuir comme un fouet. L’effrontée au clitoris gonflé de façon impertinente devait être soumise à la dure loi de sa maîtresse ! Et son fessier, annonça-t-elle, allait être mis à rude épreuve. La bouche d’Estelle était toujours bâillonnée. Elle secoua la tête négativement mais elle savait que tout refus serait vain. Joséphine qui s’était positionnée derrière elle la saisit par la taille, la serra contre elle et commença par lui administrer une première vigoureuse fessée du plat de la main. Ton cul est une provocation, il est trop parfait, trop rond, trop ferme, trop mince, affirma-t-elle péremptoirement, tu ne cherches qu’à m’exciter, qu’à me rendre folle de désir. Regarde dans quel état tu me mets ! Et elle s’agenouilla aussitôt, saisit le fessier diabolique qui s’offrait à sa vue, ne put s’empêcher d’y faire encore une fois claquer la main avant d’écarter fermement les deux fesses pour y glisser une langue assoiffée. Elle plongea profondément, goulûment dans le trou du cul pendant que les doigts parcouraient la fente par-devant. Malgré le bâillon, Estelle gémissait de plaisir, et un filet de mouille transparente glissa même de sa chatte ouverte et trempée pour atterrir sur les vêtements découpés à ses pieds.
Joséphine fit un effort héroïque pour s’éloigner de cet abominable trou de cul qui l’attirait irrésistiblement. Il faut que je me libère de cette terrible sujétion que suscite en moi ton formidable fessier qui, malgré sa joliesse et sa petitesse, a une puissance d’attraction inattendue.

Recherche muséale
taille originale  : 21 x 29,7 cm

Elle se releva, la ceinture Gucci toujours à la main. Elle commença par retirer le bâillon de la bouche d’Estelle, puis se positionna derrière elle, légèrement en biais pour lui donner un premier coup de ce fouet improvisé. Puis un deuxième et un troisième plus fort. Estelle se récria et fit un mouvement en avant. C’était un premier refus. Sa maîtresse lui ordonna aussitôt de se remettre en position et de bien exhiber son fessier pour les coups suivants. Ceux-ci furent plus violents et entraînèrent une deuxième expression confuse de refus. Joséphine exigea qu’elle s’exprime clairement, mais aucune réponse franche ne sortit des lèvres d’Estelle. Alors il fut exigé qu’elle se remette en position d’offrande. Et le fessier fut une nouvelle fois fouetté à plusieurs reprises jusqu’à ce que le corps souple d’Estelle semble vouloir s’échapper comme une flammèche du feu. Les fesses étaient rouges mais sans excès. Joséphine était sans aucun doute excitée par ce spectacle, mais les réactions de refus de son esclave étaient bien insuffisantes à son goût.
Elle vint se placer devant Estelle en lui ordonnant d’écarter les cuisses autant que faire se peut afin qu’elle puisse à présent viser sa chatte et son clito gonflé avec la ceinture. Estelle murmura un non presque silencieux. Joséphine eut l’impression de jouir en entendant ce refus, mais elle savait que ce n’était encore qu’une prémisse à son véritable plaisir. Elle s’approcha de la jeune fille en fleur dont la corolle n’offrit aucune résistance à ses doigts, alors qu’elle l’embrassait, l’enlaçait, la caressait amoureusement. C’était un indicible plaisir pour Joséphine de sentir la chatte de sa victime s’ouvrir et mouiller éhontément, puis de remonter bientôt vers le clito pour en découvrir l’érection. Estelle s’abandonnait, les bras seulement retenus par les lanières du plafond, les cuisses s’ouvrant pour une caresse plus profonde, plus intense, malgré les cordes aux chevilles qui fixaient ses pieds au sol. Elle allait obéir, Joséphine en était certaine.
Elle se recula face à Estelle et lui ordonna de rester en place, le sexe bien mis en avant pour recevoir les coups censés punir son impudence. C’était une exigence nouvelle. Elle balança le bras en arrière dans un grand mouvement circulaire pour faire remonter le fouet improvisé entre les cuisses d’Estelle. Mais ce premier geste manqua de précision et de force, même si instinctivement la victime sembla se détourner et resserrer les jambes quand la ceinture frappa sa chatte. Le second fut plus élégant et plus efficace. Il suscita un petit cri et un mouvement de torsion du corps cherchant à se protéger du prochain coup. Le troisième fut réellement douloureux, et Estelle murmura : Je t’en prie… — Je t’en prie quoi ? répliqua Joséphine. — Continue… Un dernier coup fut nécessaire pour que la victime referme instinctivement les cuisses avec un petit cri : Non ! Arrête… — Tu me renies donc par trois fois avant même que le coq ne chante, sourit la cruelle maîtresse.
Elle s’approcha à nouveau, embrassa la bouche d’Estelle, la consola, la caressa, lui sourit avant de s’agenouiller et d’embrasser la chatte de sa martyre. Qu’il était beau de souffrir pour accéder au paradis perdu ! dit-elle encore à Estelle, mais elle savait bien que le paradis en question n’était pas au ciel mais se trouvait entre les cuisses de la jeune femme pantelante, et elle s’employa activement à lécher sa chatte qui allait sans cesse mouiller et vibrer sous les coups de langue jusqu’à l’orgasme. Estelle ne put ni ne voulut résister à ce baiser intime qui la menait à une sainte extase.

Recherche muséale [2]
taille originale  : 21 x 29,7 cm

Joséphine la libéra de ses liens. Elle défit même les pinces aux tétons. Mais il n’était pas encore question de délivrance, car jusqu’à présent Estelle n’avait que reçu des hommages et des punitions — méritées bien sûr —, sans rien donner en échange. Il fallait à présent qu’elle remplisse son office d’esclave. Après avoir repris ses esprits, elle dut se coucher au milieu du lit comme sur le gril de saint Laurent, mais le seul feu qui brûlait en ce lieu était celui de la passion la plus crapuleuse. Joséphine, défit les boutons métalliques au bas de son corset et vint s’agenouiller au-dessus d’Estelle. Puis elle posa ses fesses sur le visage de son esclave en lui ordonnant de lécher le trou du cul qu’elle lui présentait. Estelle refusa, arguant que c’était indélicat sinon même dégoûtant. Joséphine pesa alors de tout son poids sur son visage. Puis lui pinça le nez. Mais Estelle se débattait et parvint à crier comme une gamine boudeuse : Non, je ne veux pas ! Mais il en fallait plus pour que Joséphine renonce à son infâme projet. Elle resta en position, enserra le corps de son esclave entre ses fortes cuisses et sermonna doctement : il n’y a point de viol ici puisqu’aucune pénétration n’est commise à ton endroit. C’est toi au contraire qui dois remplir ton office d’impétrante ! Enfonce donc ta maudite langue dans le trou de mon cul, je veux la sentir glisser, s’introduire, s’immiscer en mon fondement ! Lèche, salope, lèche-moi le cul comme le mérite ta digne maîtresse ! Lèche le trou du cul du démon qui m’habite ! Rends hommage au cul de ta diablesse !
Mais l’irréductible prisonnière manifesta encore son refus obstiné de la grâce qui lui était offerte par des gigotements fébriles et inefficaces. Une discipline plus ferme était nécessaire. Gifler ? Flageller ? Fesser ? Pincer ? Piquer ? Rien de cela ne serait sans doute suffisant, et tout cela ne serait certainement qu’aiguillon pour la lubricité de l’esclave rétive. L’imagination devait prendre le pouvoir. Joséphine saisit quelques liens à sa portée et s’en servit pour attacher rapidement les chevilles d’Estelle aux pieds du lit. Puis elle se retourna et, appuyant ses genoux sur les bras de sa victime, fit de même avec ses poignets. Puis elle se remit en position, le fessier bien en place sur la bouche d’Estelle, et elle la menaça en brandissant dans sa main droite la paire retrouvée des ciseaux de couturière : lèche mon cul, petite salope, ou je découperai en menus morceaux la robe de mariée de Givenchy conçue dans les matières les plus nobles et façonnée dans le plus pur savoir-faire artisanal, qui a nécessité d’innombrables heures de travail à la limite de l’orfèvrerie et que tu rêves de bientôt porter dans un mariage aux allures princières quoique lesbien ! Je le ferai, je détruirai ton rêve hautement couturier sans la moindre vergogne.
Est-ce qu’un coq chanta en cet univers citadin ?
Un gémissement étouffé fut la première réponse de sa prisonnière mais non la seule, puisque bientôt Joséphine sentit la soyeuse pénétration de la langue de l’infâme gourgandine dans le trou de son cul. Elle faillit jouir instantanément, caressant follement son clitoris gonflé sous ses doigts, mais elle parvint à se retenir pour profiter de ce plaisir exquis et bien mérité.
Bientôt elle défit les liens qui attachaient encore Estelle, et elle se souleva pour libérer la jeune femme lianescente de son emprise. Elle lui murmura aussitôt avec une intonation qu’on aurait pu prendre pour de l’amour tendre : embrasse-moi. Pourtant, ce n’est pas ses lèvres qu’elle lui présenta, mais, se mettant à quatre pattes, c’est encore une fois le trou de son cul qu’elle offrit à un baiser profond. Mais cette fois Estelle ne refusa rien et consentit à enfiler sa langue au plus profond de cet anneau nuptial. Elle l’embrassa furieusement, férocement, passionnément jusqu’à ce que sa maîtresse qui se branlait par-devant jouisse enfin.
Joséphine s’affaissa sur la couche plus lubrique que nuptiale. Après un moment, elle murmura : Encore. Et la ribaude se remit à l’ouvrage. Le plaisir était-il plus exquis chez la receveuse que chez l’exécutante ? Les âmes sont malheureusement incommensurables, et nul être humain ne pourrait — du moins dans l’état actuel de nos connaissances scientifiques de l’interface psycho-neuronal — répondre à cette question. Mais comme l’affirma Joséphine après s’être branlée à plusieurs reprises et avoir joui jusqu’à n’en plus vouloir, la petite salope y avait bien trouvé son compte (selon ses propres termes d’une vulgarité aussi délicieuse que condamnable).
Joséphine s’endormit sans trop se soucier de son esclave dont l’excitation revenue était mal contenue. Son souffle d’abord assourdi se transforma bientôt un faible ronflement alors qu’Estelle restait les yeux grand ouverts fixés sur le plafond. Celle-ci s’agita légèrement, par intervalles touchant comme par inadvertance le corps de sa maîtresse allongée à son côté. Elle aurait sans doute voulu la pincer ou même la piquer, mais c’eût été bien trop audacieux de sa part, et elle se contentait de petits soubresauts qui auraient pu paraître involontaires. Après un long moment, Joséphine ouvrit les yeux, émergea du sommeil sans savoir combien de temps elle était restée endormie. L’assoupissement la guettait encore. Elle sentit la chaleur d’Estelle contre sa hanche, la douceur de sa peau contre son épaule, et bientôt elle posa sa main sur la toison de poils bouclés. Elle glissa un doigt le long de la fente qui paraissait sèche et fermée, mais elle découvrit bientôt, comme elle s’y attendait, l’entrebâillement humide qu’elle caressa lentement en évitant d’abord de s’enfoncer dans le trou avide. Peu à peu, le désir ou plus prosaïquement l’envie remonta en elle. Son réveil n’était encore pas entier et la fatigue la privait encore de l’énergie nécessaire au passage à l’acte. Mais la chatte sous ses doigts mouillait continûment, abondamment, et Estelle s’agitait sans vergogne, haletant comme une chienne en chaleur. Dieu, que la vulgarité est excitante, pensa Joséphine en savourant ces mots obscènes.

Recherche muséale [3]
taille originale  : 10,4 x 14,7 cm

L’imagination renaquit enfin. Le passage à l’acte fut rapide. L’engin nécessaire à ses vicieux projets était à disposition. Elle se releva, saisit Estelle par les cheveux, l’entraîna vers le chevalet qu’elle ouvrit pour que sa prisonnière y mette son cou fragile et ses poignets graciles. Elle referma le piège. Pliée en deux, Estelle exposait son charmant fessier à toutes les turpitudes futures, mais Joséphine prit d’abord soin de fixer les chevilles de sa victime à la base du carcan pour éviter toute révolte (qui de toute façon serait purement individuelle et sans aucun soutien populaire alors qu’au contraire les pervers et perverses de la toile, si elles ou eux avaient eu vue de cette séquence cinématographiquement pornographique, auraient certainement applaudi à cette sujétion scandaleuse mais terriblement excitante). Une première fessée s’imposait. Puis quelques coups de ceinture Gucci. Enfin deux doigts dans la chatte vérifièrent l’état pantelant de la victime.
Joséphine saisit quelques instruments. La friponne devrait, dit-elle, lui abandonner tous ses trous qui seraient pénétrés, défoncés, violentés. Le consentement était acquis. Nulle vérité judiciaire n’était ici nécessaire. Il fallait plutôt évoquer le monde idéal des idées platoniciennes si du moins l’excitation sexuelle était susceptible d’en faire partie. Joséphine plaça d’abord un bâillon de cuir avec une boule de caoutchouc dans la bouche de la jeune femme dont la voix ne fut plus désormais qu’un murmure inarticulé. Puis elle enfonça un plug dans son anus qui résista un instant avant de s’ouvrir rondement sous la pression continue. Enfin, elle prit un gode-ceinture même si elle renonça à l’instrument disproportionné qui trônait sur la table, et elle s’enfonça dans la chatte ouverte d’Estelle. Elle la baisa longuement, en se tenant droite d’abord, ses mains retenant fermement les hanches de sa partenaire, avant de se pencher vers elle pour pouvoir caresser le clitoris gonflé. Ce simple contact excita au plus haut point Joséphine : Estelle, en son abandon, trouvait manifestement un exquis plaisir. En outre, les seins de Joséphine entraient à présent en contact avec la douceur du dos de la jeune femme, ce qui fit trembler sa maîtresse qui commença à s’activer de plus en plus profondément et de plus en plus rapidement dans la chatte offerte. À ce moment, Joséphine regretta de ne pas être dotée d’une bite qui lui permette de ressentir en son bas-ventre les effets des coups qui n’étaient pas seulement de semonce qu’elle prodiguait à son esclave. Il lui fallait surmonter sa frustration par les mots, par les gestes, par une pénétration encore plus profonde, par une soumission encore plus grande de sa victime, par une excitation qui jaillisse enfin et se répande entre elles comme une mouille éléphantesque ! Qu’Estelle se rende enfin aux exigences muettes de sa maîtresse, qu’elle avoue qu’elle n’était plus que plaisir, qu’elle jouisse en criant, qu’elle s’extasie, malgré son bâillon, d’être ainsi pénétrée par un désir aussi impérieux que celui de Joséphine.

Esthétique de la sodomie
taille originale  : 10,4 x 14,7 cm


Celle-ci se retira. Seule la multiplication des épreuves comme autant de stations d’un chemin de croix permettrait à cette satanée pécheresse de parvenir au Golgotha de sa passion christique. Des images tourmentées revinrent en la mémoire de Joséphine. Elle enfila un préservatif abondamment lubrifié sur le gode dont elle resserra la ceinture pour le faire bien dresser, puis entreprit de l’enfoncer dans la chapelle étroite et profonde d’Estelle d’où elle venait d’extraire le plug qui y avait siégé jusque-là. Le trou de son cul, largement ouvert par cette présence intruse, n’offrit que peu de résistance à cette divine pénétration, ce qui déçut un peu sa maîtresse. Joséphine se pencha alors pour soulever légèrement le sommet du carcan et libérer la main droite de sa victime. Elle la fessa préalablement pour l’avertir qu’elle ne pourrait cependant pas se branler avant son autorisation explicite. Et Joséphine entreprit d’aller et venir continûment dans le cul d’Estelle, sortant à plusieurs reprises le gode, puis le faisant rentrer sans ménagement. Mais la paillarde prêtresse sentait bien les limites de son sacerdoce, il fallait en finir, quitte à ce que cette crucifixion se termine en simple manuélisation. Elle autorisa bientôt son esclave à parachever du bout des doigts la grande œuvre lubrique qu’elle avait suscitée. Quelques gros mots allaient encore attiser la paillardise générale, entretenue par son satané engin. La diablesse ne put qu’admirer le résultat de ses œuvres démoniaques. Estelle jouit bientôt dans un grand tremblement de tout son être. Appuyée sur le carcan comme sur un pilier de Notre-Dame, son cœur, son corps et son cul furent touchés, et elle jouit, d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de tout son être, d’une inspiration si puissante, d’une telle lubricité ne laissant place à aucune espèce de retenue, que toutes les pudeurs, tous les sermons, tous les débats sur le libre arbitre et la nécessaire dignité ne pouvaient entamer ni ébranler.

Esthétique de la fellation
taille originale  : 21 x 29 cm

Cette jouissance apparut cependant à Joséphine non pas tellement comme une victoire mais plutôt comme une espèce de répétition perverse de la dialectique hégélienne voyant au final l’esclave prendre l’ascendant sur sa légitime maîtresse au motif d’un plaisir enfin assouvi mais qui n’avait rien eu de laborieux. Il lui fallait reprendre l’ascendant. Elle exigea d’abord qu’Estelle remette son poignet libre dans le carcan, puis elle se retira de son cul défoncé et enleva le préservatif du gode dont elle gardait l’apanage. Elle vint se placer devant le visage d’Estelle débarrassée de son bâillon et lui ordonna de sucer l’engin qu’elle lui présentait. Maintenant que l’excitation était bien retombée, la jeune femme n’avait plus tellement de goût à ce genre d’exercice et elle fit un léger signe de dénégation du bout du menton. Joséphine insista, mais l’ange rebelle murmura que c’était trop dégoûtant, que cela sentait mauvais… N’avait-elle donc point vu — il est vrai que sa position dans le carcan restreignait grandement son champ de vision — que Joséphine avait eu soin de retirer le préservatif usagé ? ou bien minaudait-elle par pure provocation ? Cherchait-elle déjà à réveiller la sainte fureur de sa maîtresse ? Cette résistance inattendue excita Joséphine qui devina qu’elle-même mouillait aussitôt déjà. Il lui fallait punir l’impertinente. Et elle dirigea l’engin vers son visage contre lequel elle se frotta sans ménagement. Et elle répéta son injonction avec les mots les plus crus : suce, petite salope, avale, infâme putasse, pompe mon dard, chienne lubrique… Tout cela manquait sans doute d’un peu d’originalité, mais parvint à convaincre l’esclave de consentir à l’effort demandé.
L’Aufhebung, le dépassement de toute cette triple négativité, avait suffi à réveiller le désir de Joséphine qui libéra bientôt Estelle de son carcan et alla se coucher dans le canapé après avoir rapidement enlevé son corset. Les jambes écartées, les seins exposés, la chatte ouverte, elle s’offrait à présent aux baisers et aux caresses de son esclave qui s’activa longuement entre ses cuisses. Ce fut tendre et voluptueux. Joséphine s’endormit dans le canapé, Estelle serrée contre elle, entre ses bras.

Le lendemain, Joséphine décida de paresser au lit. On était samedi, aucun travail ne l’attendait. Estelle se leva bientôt et quitta Malmaison où traînaient des lambeaux de vêtements. Prosaïquement, elle prit une douche, s’habilla, déjeuna, attendit que son amante la rejoigne, mais elle resta seule dans la cuisine. L’idée traînait depuis hier soir dans son esprit. Elle saisit le sac de Joséphine et attrapa son mince portefeuille. Elle s’empara de ses deux cartes de banque ainsi que de trois billets de cinquante euros. Elle connaissait les codes. Une certaine fébrilité la saisit. Oserait-elle passer à l’acte ?
Elle laissa un mot sur la table de la cuisine et sortit. Elle commença par la Wolford Boutique, puis se rendit chez Lilou Lingerie, avant de se déplacer qu’à chez Madame rêve, où elle se contenta d’une guêpière à 169 euros. Un taxi l’amena chez A.P.C. où elle acheta une veste, un sweat, une blouse, un cardigan , mais c’est Burberry qui refusa la première carte de crédit dont le plafond était maintenant dépassé. La seconde lui permit néanmoins d’acquérir un trench coat dont elle aimait l’apparence masculine et qui soulignait sa troublante féminité. Il lui fallait encore faire quelques folies alors qu’elle avait déjà les mains encombrées de multiples paquets. Des bijoux étaient intensément nécessaires. C’est chez Bulgari qu’elle trouva un collier de zircone noire rehaussée de pavés de diamant. C’était la version la plus luxueuse que l’on puisse imaginer du collier de chienne que lui imposait régulièrement sa maîtresse. La seconde carte fut également refusée, mais les trois billets de cinquante euros fournirent l’appoint nécessaire. Il ne lui fut rendu qu’une vingtaine d’euros. Elle dut se rendre chez Wibra pour acheter une tenue complète, blouse et pantalon, à vingt et un euros nonante-huit centimes. Il lui manquait quarante-huit centimes. La vendeuse refusa de lui accorder le moindre rabais. C’était le troisième refus. Estelle négocia, supplia même, quémanda, insista, jusqu’à ce que, dans la file qui s’allongeait derrière elle, une autre cliente énervée sortit une pièce de cinquante centimes tout en se scandalisant des multiples achats qu’elle voyait déjà aux mains de la jeune femme mais dont elle ne soupçonnait sans doute pas la valeur.
Estelle jubilait. Elle aussi avait essuyé ses trois refus. Et nul coq n’avait chanté. Elle n’attendait plus que la sonnerie de son téléphone portable et la voix courroucée de sa maîtresse. Par trois fois, elle refusa l’appel. Le reniement était parfait. Mais de toute façon, elle savait que c’est sur son cul que sa seigneuresse bâtirait son culte sodomite.

Le mur des pédérastes
(qui ne se situe pas au Père Lachaise)
Marche à l'ombre